27/10/2026
Entre 1920 et 1970, un remède vendéen aurait guéri des milliers de malades atteint d’asthme et de tuberculose : le sérum du docteur Rouger.
Pour être honnête, je n’avais jamais entendu parlé de ce docteur avant de tomber sur un vieux guide touristique vendéen de 1951 dans lequel on pouvait lire, à la rubrique Fontaines :
"Commune de 764 habitants déjà renommée par ses foires, Fontaines se voit envahie chaque jour par des centaines de malades venus de tous les coins de France et de l’étranger pour chercher près du célèbre Docteur Rouger un remède à leurs maux. "
Qui était donc ce docteur Rouger qui attirait les foules ?
Romain, Cyprien, Eugène, Albert Rouger est né le 14 octobre 1870 à Fontaines, cette petite commune voisine de Fontenay-le-Comte dans laquelle il s’installe comme médecin de campagne et accoucheur en 1900.
Mobilisé comme médecin militaire dans l’hôpital de Ploermel en 1914, c’est semble t-il ici qu’i fait une rencontre décisive. Ses discussions avec un prisonnier allemand, vétérinaire de son état, lui permettent en effet d’achever ses recherches sur un remède contre les maladies respiratoires et les rhumatismes auquel il travaille depuis de nombreuses années.
De retour à Fontaines, il réalise ses premières expériences sur des animaux de ferme et sa famille. Avec succès. Et dès 1921, ils commencent à vacciner ses patients.
La réputation du docteur et de son sérum, dépassent rapidement les frontières de la Vendée, de la Région et même du pays… et ce sont bientôt des dizaines de malades qui se pressent chaque jour devant le cabinet. Des liaisons en autocars depuis plusieurs départements sont même mises en place. Il se dit qu’Edith Piaf, Fangio ou Mohammed V, le roi du Maroc aurait fait partie de ses patients.
Les séances n’étaient pourtant pas très agréables à en croire un témoignage que l’on peut lire sur le site des archives de Vendée.
« Il officiait dans une grande pièce un peu sale, les gens étaient rangés en file indienne et attendaient leur tour. Ceux qui se trouvaient mal s'allongeaient sur des tapis. On récupérait en quelques minutes. Il piquait tout le monde au bras avec la même seringue qu'il plongeait dans un récipient pour la remplir. Il prétendait que son produit était suffisamment antiseptique pour ne pas avoir à changer d'aiguille. »
Que contenait donc cette « piqûre miracle » ?
Le docteur Rouger n’en livrera jamais la composition exacte, ce qui lui vaudra une suspension d’1 an par l’Ordre des Médecins. A l’époque, la rumeur populaire parlait de lait de tortue, ce qui semble assez peu probable. On sait en revanche que le docteur Rouger s’est inspiré des travaux d’un médecin lyonnais Auguste Lumière et qu’il a été l’un des proches collaborateurs du docteur Rapin, le découvreur du BCG.
Génie ou charlatan ? Vrai remède ou placébo ? Le mystère reste entier. On peut toutefois noter que le vaccin était peut-être un sérum de longévité puisque le docteur Rouger, qui sera également maire de Fontaine entre 1929 et 1935 , exercera jusqu’à sa mort, en 1969, à l’âge de 99 ans.