26/05/2026
Dziga Vertov – le pionnier du cinéma d’avant-garde russe - nous fêtons le 130e anniversaire de sa naissance (1896 — 1954)
David Kaufman prit le pseudonyme sonore Dziga Vertov, qui signifie « toupie qui tourne ». C’est ainsi – sans interruption et avec dynamisme – qu’il tourna la manivelle de son caméra, révolutionnant le cinéma.
Dans les années 1920, alors que le cinéma était dominé par les mélodrames et les adaptations littéraires, Vertov appelait à tout rejeter. Il fonda le groupe « Ciné-Œil », convaincu que la caméra pouvait voir la réalité de façon plus honnête et plus aiguë que l’œil humain. Ni acteurs, ni décors, mais la vie sur le vif : telle fut sa méthode pour réaliser son célèbre documentaire « L’Homme à la caméra » (1929), reconnu comme l’un des plus grands films de l’histoire du cinéma.
« Je suis l’œil cinématographique, proclamait-il. Je crée un homme plus parfait qu’Adam. » Ses procédés (caméra cachée, ralenti et accéléré, écran divisé, cadrage allemand) sont aujourd’hui utilisés par les réalisateurs de cinéma grand public et les créateurs de clips. Quant à son second métier – le montage – il est passé d’une tâche technique à la spécialité créative du cinéma.
À noter : à Moscou, au Centre « Zotov » (l’ancienne boulangerie urbaine n°5), se tient jusqu’au 26 juillet 2026 l’exposition-film « Dziga Vertov. Ciné-Œil ». Déployée dans un espace qui, vu du ciel, évoque une bobine de film circulaire, l’exposition réunit des archives, des photographies, des graphismes et des dizaines d’écrans. On peut prendre un casque audio et suivre un parcours sonore à travers huit sections – de « Ciné-Semaine » à « Après Vertov ». Ou bien s’asseoir à une table de montage et essayer de composer son propre message vidéo.
P.S. Vertov était ami avec Maïakovski, il polémiquait avec Eisenstein (critiquant ses films historiques pour leur mise en scène artificielle). Peu avant sa mort, Vertov écrivit dans son journal : « Ne sois pas triste, homme du futur, j’ai été ton contemporain. » Et il avait raison – son cinéma résonne encore aujourd’hui comme s’il avait été tourné hier.
Photos :
1. Dziga Vertov, fin des années 1920.
2. Dziga Vertov. Saut simulé d’une grotte, vers 1935.
3. Exposition « Dziga Vertov. Ciné-Œil », service de presse du centre Zotov.