Radès tire son nom de l'expression latine Maxula per rates (Maxula par les bacs), Maxula étant le nom d'origine libyco-berbère du village à proximité duquel se trouve, dans l'Antiquité, une station de bateaux ayant pour fonction de raccorder, par voie de mer, le terminus de la route littorale avec Carthage. Les Arabes n'ont gardé de cette désignation toponymique que rates qu'ils ont transformé en
Radès. Dès le début de la conquête musulmane du Maghreb, la colline de Radès est pourvue d'un ribat en hauteur. C'est autour de ce ribat, depuis longtemps disparu, que s'est constitué le village dont il est parlé au xie siècle et qui semble avoir été pourvu d'un port dès cette époque. Sous les Hafsides, les vignes s'étalaient sur les coteaux
Règne husseinite
Sous le règne des beys husseinites, Radès est habitée par des agriculteurs et recherchée par les notables citadins tunisois3. La localité connaît alors un essor rapide et s'étend vers la plage et sur les collines environnantes durant le xixe siècle. Des hauts dignitaires s'y font construire des résidences, telles que des maisons de style hispano-arabe agrémentées de jardins comme celles du caïd-gouverneur Mokhtar Ben Zid et du général de brigade Allala Ben Frija, qui s'y fait construire une maison très vaste en 18624. Entre la fin du XIXe et le début du xxe siècle, des membres de la famille Djellouli se font construire de belles demeures de style hispano-arabe, notamment les ministres M'hammed Djellouli et Taïeb Djellouli, ainsi que le caïd-gouverneur Sadok Djellouli . Des résidents français s'y font aussi construire des villas bourgeoises à l'européenne ; on peut citer la villa Vacherot, devenue la résidence du grand vizir M'hamed Chenik au milieu du XXe siècle, avant l'indépendance du pays.