31/03/2026
La filière riz stratégique pour l’économie nationale et l’emploi rural
Les chiffres de Macky / l’inaction du duo !
La filière riz de la Vallée du Sénégal traverse une passe difficile. Dans ce contexte où notre pays ambitionne de renforcer sa souveraineté alimentaire, les professionnels du secteur ont appelé, ce week-end, à des décisions urgentes. En effet, ils estiment qu’un soutien rapide et structuré est indispensable pour éviter l’effondrement d’une filière stratégique pour l’économie nationale et l’emploi rural. Cela, malheureusement, tarde toujours, en dépit de la convention signée avec l’État le 12 novembre 2025.
Le secteur, sous le Président Macky Sall, avait définitivement, pris son envol. A l’époque, avec le concours de la SAED, 177 milliards FCFA avaient été injectés dans les périmètres irrigués de la Vallée du fleuve Sénégal améliorant substantiellement la capacité de production et de stockage des récoltes. Après sa réélection, l’ancien Chef de l’Etat a mis à contribution les services habilités pour moderniser et mécaniser la culture du riz en l’usinant sur place.
Sous ce rapport, il avait fait aménager 11 655 hectares de terre dans un premier temps avant de finaliser, ensuite, 18 000 autres hectares à travers le MCA, le PDMAS et le PDIDAS. S’y ajoutent 1 076 motopompes, 08 stations de pompages, des équipements agricoles tels les tracteurs équipés, moissonneuses, batteuses, tentes bâchées… Parallèlement, 261 kilomètres de pistes de production pour l’acheminement des récoltes ont été réalisés, seulement durant le premier mandat de Macky Sall. Mieux, au sortir d’un dialogue entrepris avec les producteurs, il a été mis en place un fonds de commercialisation d’une valeur de 5 milliards FCFA.
Ces acquis, rien qu’en deux années de gouvernance du Pastef, sont en train d’être réduits à néant. Au-delà de la Vallée et de la filière riz, c’est tout le secteur agricole qui s’effondre. Les paysans, sans issues face à la crise, sont livrés à eux-mêmes.
Sous Macky Sall, les résultats ont été exceptionnels. Rien qu’en 2018, la production a atteint 1 132 795 tonnes de riz confirmant la bonne tendance pour aboutir à l’autosuffisance alimentaire. Le secteur privé, pour sa part, a pleinement joué sa partition en investissant dans l’installation de 31 nouvelles rizeries et l’acquisition de 200 décortiqueuses.
Si la riziculture faisait la fierté du Walo, avant l’avènement du Jub Jubbel Jubanti, le terroir connait également une diversité culturale qui doit en faire le grenier du Sénégal. D’autant que cette partie du pays constitue une locomotive dans la culture d’oignons, de canne à sucre et de tomates. C’est d’ailleurs, ce qui avait fondé le Président Sall à décider de la réouverture de la SOCAS, grâce à un repreneur privé accompagné par le Fonsis, intervenant dans le capital de l’entreprise.
Malgré toutes ces performances héritées du régime sortant, le tandem aux affaires semble incapable de poursuivre la marche en avant. Les agriculteurs de la Vallée du Fleuve Sénégal, depuis deux ans maintenant, font face à une crise majeure de commercialisation de la production. Plus de 60 000 tonnes de riz local invendues, sont stockées, en cette période où la concurrence du riz importé et l'endettement des producteurs menacent la filière.
La production a pourtant augmenté dans les principales zones de culture notamment, le long du fleuve Sénégal, au nord, au sud, en Casamance et au Sine Saloum. D'ailleurs, les récoltes, en 10 ans, ont triplé, passant de 469 000 tonnes en 2012 à 1,5 million de tonnes, selon les chiffres officiels. Cela reste néanmoins largement en deçà des besoins. Notre pays importe toujours 60 % de son riz d’Asie, 40 % seulement étant produit localement. Par conséquent, il est attendu des pouvoirs publics, qu’ils perpétuent le legs de Macky Sall en rendant disponible le matériel de récolte, en permettant un accès équitable aux intrants et en favorisant une production de riz suffisamment mécanisée pour doper les petites exploitations.
Aujourd’hui, les experts s’accordent sur le fait qu’un déficit d’aménagements pour l’irrigation fluviale, l’indisponibilité des crédits bancaires et une faible structuration des circuits de transformation et de commercialisation restent les difficultés majeures qui impactent les rendements et la compétitivité du riz sénégalais.
Alioune Badara COULIBALY
Porte-parole APR