07/01/2025
Le don de soi:
C'est l'acte de donner de son temps, de son énergie, et de ses compétences pour faire une différence dans la vie des autres, sans rien attendre en retour. Littéralement, les japonais en ont fait usage jusqu'à donner de leurs vies avec les kamikazes ( vent divin ).Le terme remonte au XIIIe siècle, lorsque des tempêtes violentes, considérées comme des interventions divines, ont détruit les flottes mongoles de Kubilai Khan qui tentaient d'envahir le Japon en 1274 et 1281. Ces tempêtes, appelées kamikaze, ont été interprétées comme une protection divine du Japon.
Le don de soi en politique se manifeste comme un engagement personnel, souvent intense, dans le service de la collectivité ou d'une cause. Il reflète une volonté de dépasser ses intérêts individuels pour agir en faveur du bien commun. Cependant, il comporte des nuances qui mêlent idéalisme, responsabilité et parfois instrumentalisation.
En effet de nombreux acteurs politiques affirment que leur engagement repose sur un désir profond de contribuer au progrès social, économique ou culturel de leur communauté. Cette perspective s'inscrit dans la tradition des leaders qui voient la politique comme une mission.
Le don de soi implique un sens aigu des responsabilités envers les citoyens, un sacrifice de temps, d'énergie, voire de confort personnel, pour répondre aux besoins collectifs.
Les figures historiques comme Nelson Mandela, Mahatma Gandhi ou Simone Veil incarnent l’idée du don de soi par leur abnégation face à des défis politiques majeurs. Leur lutte pour des idéaux dépasse leurs intérêts personnels. Dans les campagnes ou les communications, le don de soi est souvent utilisé comme une stratégie rhétorique pour convaincre les citoyens de la sincérité et de l'engagement d'un leader. Si le don de soi est souvent proclamé, certains acteurs politiques tombent dans une quête de pouvoir personnel. Cela pose la question de la sincérité du sacrifice politique. Dans certains cas, le discours sur le don de soi est utilisé pour manipuler l’opinion publique, donnant une image de dévouement qui peut cacher d'autres motivations. Certains leaders, comme Jacinda Ardern ou Angela Merkel, ont été salués pour leur engagement perçu comme sincère et leur capacité à placer le bien collectif avant leurs ambitions personnelles. Selon Hannah Arendt:"le système totalitaire, plus qu'un régime fixe, est d'abord un mouvement, une dynamique pour détruire la réalité et les structures sociales". Elle lutte pour que la politique soit un espace de liberté où l’individu peut se transcender pour participer à une œuvre collective. Le don de soi devient alors une contribution à l’histoire et à la mémoire collective.
En conclusion, le don de soi en politique, bien que porteur d’un idéal noble, reste complexe et ambivalent. Il oscille entre un véritable sacrifice pour le bien commun et les défis liés à la quête insatiable de pouvoir ou aux attentes sociétales.
Cheikh Saadbouh Seye Enseignant