La Confrérie des Gens de la Mer

La Confrérie des Gens de la Mer La Confrérie des Gens de la Mer est une association loi 1901, qui contribue à la valorisation du patrimoine maritime de l'île de la Réunion

La Confrérie des Gens de la Mer est une association loi 1901, qui contribue à la valorisation du patrimoine maritime de l'île de la Réunion. Nous faisons de nombreuses recherches sur terre, Bibliothèque, archives, cimetière et des campagnes de recherches subaquatiques. Nous sommes tous bénévoles, plongeurs archéologue, plongeurs professionnel, historien, experts en divers domaines et surtout tous

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Bouteille à la merDans les années 1950-1960, le moteur hors-bord a fait son apparition dans l'île, permettant ainsi le d...
23/06/2026

Bouteille à la mer
Dans les années 1950-1960, le moteur hors-bord a fait son apparition dans l'île, permettant ainsi le développement de la pêche locale. Nous sommes à la recherche de photographies de ces moteurs d'époque pour une exposition. Si vous possédez des documents ou des clichés anciens, nous vous remercions de bien vouloir nous en informer.

23/06/2026

Le saviez-vous ?

Il y a des existences qui traversent le siècle comme un navire défie les tempêtes. Celle de Mathieu Antoine Joseph Volnay est de celles-là. Né à Saint-Pierre de la Réunion le 21 septembre 1901, mais déclaré le 21 octobre, cet enfant du Sud aura connu les feux de l'enfer au milieu de l'océan Indien, la rigueur injuste de l'armée, les deuils successifs, avant de trouver la paix dans la terre et la foi.

Fils de Léon Ramalingom et d'Elisabeth Volnay, le jeune Antoine grandit à Saint-Pierre. Il fréquente d'abord l'école des Sœurs, puis l'École des Frères de Saint-Charles, qu'il quitte prématurément avant d'obtenir son Certificat d'études primaires.

La vie active l'attend. Dès l'âge de 15 ans, il entre comme apprenti ferblantier à l'usine sucrière des Casernes, sur la célèbre propriété de la famille Kerveguen. Promu garçon de laboratoire, le jeune homme fait preuve d'une curiosité scientifique débordante. La nuit, dans le secret de ses expériences chimiques, il met au point la fabrication du fameux « galabé », ce sucre brut traditionnel, concentré de l'histoire sucrière de l'île.

L'ambition d'Antoine dépasse bientôt les frontières de la Réunion. Il rêve de rejoindre la Grande Île, Madagascar, où vit sa tante Mathilde Volnay (compagne du frère du maire saint-pierrois Augustin Archambeaud). Persuadé qu'il y gagnera mieux sa vie, il décide de tenter sa chance. Fin janvier 1920, accompagné de son frère Émile, le benjamin de la fratrie, Antoine embarque parmi les 91 passagers civils et militaires de la Ville d'Alger.

Le voyage bascule brutalement dans la nuit du 1er février 1920 lorsqu'un incendie d'une violence inouïe se déclare dans les cales de marchandises. Face à l'infernal brûlot, l'abandon du navire est ordonné au milieu de nulle part. Antoine se retrouve entassé dans une seule embarcation de fortune placée sous le commandement du second capitaine, M. François Guivarch. Au lever du jour, le 2 février, c'est la désolation : toutes les autres embarcations et les radeaux placés sous les ordres du commandant Rebours ont mystérieusement disparu. Le frêle esquif d'Antoine est désormais seul, chargé de 23 personnes.

Une terrible tempête cyclonique se lève alors. Les naufragés naviguent comme ils le peuvent, affrontant au prix de peines inouïes des lames dantesques atteignant parfois 15 mètres de hauteur, menaçant à chaque seconde de faire chavirer la barque. Démuni de tout instrument d'observation et n'ayant que sa montre pour s'orienter, le capitaine Guivarch tente d'abord de faire route vers la Réunion, avant de réaliser que la dérive risque de leur faire manquer l'île. Il prend alors la décision cruciale de virer de bord pour piquer vers Madagascar.

Le voyage est tragique. Pour survivre, les hommes sont rationnés à de maigres morceaux de biscuit et réduits à seulement cinq centilitres d'eau deux fois par jour sous des journées ardentes. Face à ces souffrances physiques et morales accumulées, le désespoir en envahit certains. Le 3 février au soir, deux passagers sombrent psychologiquement et périssent faute d'avoir voulu se laisser sauver. Partis à 23, ils ne sont plus que 21. Pendant 9 jours de détresse absolue, le groupe tient bon grâce au « gouvernail moral » et à l'héroïsme du capitaine Guivarch. Il est secondé par des hommes dévoués comme M. Beauséjour (l'ancien chef de gare de Tamatave qui a réussi à sauver sa femme et ses quatre enfants), M. Desorties (mécanicien du frigo) ou le matelot Le Buan.

Le salut arrive enfin lorsqu'un matelot s'écrie : « Tany ! » (La terre !). Après avoir franchi de dangereux récifs, la barque accoste le 9 février au soir à 12 kilomètres au nord de Foulpointe. Secourus par les populations locales, les 21 rescapés — parmi lesquels figure officiellement le jeune Antoine Volnay — sont récupérés par le navire Le Persépolis envoyé par l'administration. Le mercredi suivant, à 18 heures, Le Persépolis accoste sur les quais de Tamatave au milieu d'une foule immense de curieux et d'officiels. L'émotion est à son comble : Antoine a survécu, mais son frère Émile fait partie des 141 victimes restées prisonnières de l'océan Indien.

Le retour à la réalité est d'une cruauté sans nom. Alors qu'il vient d'échapper à l'enfer, Antoine est débarqué à la Réunion deux mois plus t**d. Au lieu de trouver du réconfort auprès des siens, l'armée l'emprisonne injustement comme déserteur. Forcé de retourner à Madagascar, il passera dix-huit mois sous les drapeaux à payer le prix d'une bureaucratie aveugle. Lorsqu'il rentre enfin sur son île natale, le destin s'acharne à nouveau : il perde successivement sa mère, son père, puis sa propre femme. Seul face à ses deuils, Antoine refuse de plier. Il s'installe comme colon chez le grand propriétaire terrien Léonus Bénard au lieu-dit Mon Repos. Pendant trente-trois ans, il va courber le dos sur cette terre comme planteur et éleveur, tirant sa résilience de la nature.

Si Antoine Volnay a tenu bon face à tant de tempêtes, c'est grâce à un pilier inébranlable : sa piété. Depuis les bancs de l'école des Sœurs jusqu'à la fin de sa vie, en passant par sa communion et sa confirmation, il aura été un « Homme d'église » d'une fidélité absolue. Son engagement spirituel prend une tournure profonde le 4 octobre 1943 lorsqu'il entre dans l'ordre de François-Xavier. L'année suivante, en octobre 1944, il devient membre à part entière (tertiaire) dans la Fraternité franciscaine sous le nom de Frère Antoine de Padoue. Devenu une figure incontournable de la communauté locale, il servira au moins quinze prêtres avec une dévotion exemplaire, dont le père René Payet, le père Nelson Courtois, le père Yvan Bénard et le père Deguigné.

Antoine Volnay s'est éteint en août 2005 à l'âge vénérable de 103 ans. Plus qu'un centenaire, il restera dans les mémoires réunionnaises comme le grand miraculé du Ville d'Alger, un homme de courage qui, malgré les injustices de l'armée et les drames de la vie, aura trouvé sa rédemption et sa paix dans le travail de la terre et le service de Dieu.

Sources

Les réunionnais du monde

Journal le Tamatave du 14 février 1920

Journal officiel des dépendances du 7 février 1920

Hypothèse sur la localisation de la Ravine du Boucanage à Saint-PhilippeL'étude des cartes anciennes de l'île Bourbon pe...
23/06/2026

Hypothèse sur la localisation de la Ravine du Boucanage à Saint-Philippe
L'étude des cartes anciennes de l'île Bourbon permet d'avancer une hypothèse intéressante concernant la localisation de la Ravine du Boucanage, mentionnée sur un document cartographiques du XVIIIᵉ siècle.
Les cartes les plus anciennes font apparaître une « Ravine du Boucanage », mais leur manque de précision ne permet malheureusement pas de situer avec certitude cet ancien toponyme sur le terrain actuel. Toutefois, l'examen comparatif des documents cartographiques révèle une évolution notable de cette appellation.
À partir de 1793, sur la carte dressée par Selhausen, la dénomination « Ravine des Boucs » apparaît sensiblement au même emplacement que l'ancienne Ravine du Boucanage. Cette proximité géographique laisse envisager que le nom « Ravine des Boucs » puisse être une altération ou une simplification progressive du toponyme originel « Ravine du Boucanage », phénomène relativement fréquent dans l'évolution des noms de lieux réunionnais.
En confrontant ces sources historiques avec la cartographie moderne, il semble que cette ravine corresponde à celle figurant aujourd'hui sans nom sur les cartes IGN, située entre la Ravine Rencontre et la Ravine Coco Dalleau, dans le secteur du Tremblet, à Saint-Philippe.

22/06/2026

L'ancêtre partagé de l'ile Bourbon

Avant de vous plonger dans ce récit, je tiens à préciser que cet homme ne fait pas partie de mes ancêtres personnels. C'est à la demande d'une abonnée de ma page Facebook, désireuse de lever le voile sur ses racines, que je me suis plongée dans les archives afin de retracer un petit morceau du parcours de son ancêtre. C'est le fruit de ce travail de recherche que j'ai le plaisir de partager avec vous aujourd'hui sous la rubrique l'ancêtre partagé de l'ile bourbon.

Dans cette rubrique, partez à la rencontre d'un pionnier dont le destin relie de nombreuses lignées de l'île. Son histoire constitue l'une des racines communes à un grand nombre de familles réunionnaises.

Découvrez aujourd'hui le parcours de Dominique Roselly l'un des fondateurs de la lignée des Roselly sur l'île Bourbon.

Les registres du passé laissent parfois des indices contradictoires qui bousculent les certitudes des généalogistes. C'est le cas de Dominique Roselly. D'après une mention explicite trouvée directement dans son acte de décès, cet homme serait originaire de Coni, dans le Piémont en Italie. Certains membres sur généanet le disent originaire de Ceres, dans le Piémont également. C'est également à partir de cette même année de mort que les calculs le font naître vers 1717.

Pourtant, la chronologie de sa vie prend une tournure surprenante au fil des années. Nous verrons plus t**d que lors de ses deux remariages successifs, les calculs lui attribuent l'âge de 70 ans pour l'un, et de 75 ans pour le tout dernier. Au-delà de la performance de ces unions t**dives, ce sont les grandes différences d'âges avec ses épouses qui s'avèrent particulièrement interpellantes et qui poussent à se poser des questions sur la réalité de son état civil.

Cette trajectoire singulière prend tout son sens lorsque l'on retrace le grand voyage qui l'a mené d'Europe jusqu'aux confins de l'océan Indien. En effet, l'explication de ces décalages chronologiques ou de cette vitalité hors du commun se cache peut-être dans son parcours d'émigration et sa carrière militaire.

Dominique Roselly s'est engagé comme sergent passager au sein de la légion de l'Île de France. C'est à ce titre qu'il a embarqué depuis le port de Lorient en Bretagne à bord de l'Out**de, un imposant vaisseau de 500 tonneaux armé de 16 canons appartenant à la Compagnie des Indes et commandé par le capitaine François Magny. Le périple débute le 3 mai 1767 lors de l'armement du navire à Lorient.

L'Out**de a alors entrepris une longue campagne maritime à travers les océans, faisant route vers le sud de l'Afrique pour faire escale au Cap de Bonne-Espérance. Après avoir contourné le continent, le vaisseau a poursuivi sa navigation dans l'océan Indien vers l'archipel des Mascareignes, atteignant d'abord l'Île de France (actuelle île Maurice) où Dominique a officiellement débarqué le 30 septembre 1767. De là, le parcours de l'Out**de s'est prolongé vers sa destination finale, l'Île Bourbon (La Réunion), où le navire a mouillé en janvier 1768. Dominique a dû rejoindre plus t**d la colonie Bourbon par un autre bateau. Ce déplacement lointain reliant la France, l'Afrique du Sud et les îles, survenu à une période charnière de sa vie, a profondément marqué son destin et a potentiellement contribué à flouter les repères administratifs de son passé européen.

C'est justement dans le sillage de cette nouvelle vie insulaire que s'inscrit son histoire conjugale, laquelle s'ouvre sur une première union nimbée d'ombre. Dominique Roselly a partagé sa vie avec Marie Josephe Sanglier, une alliance pour laquelle nous n'avons malheureusement aucun acte de mariage à notre disposition. Son existence administrative ne tient qu'à un fil ténu : une simple mention confirmant ce premier mariage apparaît directement dans l'acte de mariage rédigé avec sa deuxième épouse, attestant ainsi de son veuvage. Faute de documents d'époque pour en retracer les détails et les circonstances, nous ne nous att**derons pas sur cette union.

C'est lors de ses deux remariages que les écarts générationnels deviennent saisissants et interpellent notre logique moderne. Lors de sa seconde union, Dominique épouse Marie Anne Duplessis, alors âgée de 49 ans tandis que lui, selon l'état civil recalculé, affiche 70 ans. Un décalage de vingt et un ans d'écart sépare ce couple. Au moment de ce remariage, Marie Anne Duplessis était elle-même v***e de Pierre Jean Vidot, union de laquelle elle avait eu des enfants.

C'est aussi sur cet acte que l'on note une importante variation patronymique : son nom s'y orthographie Roselli avec un « i ». Cette graphie trouve d'ailleurs un écho direct dans le même document, puisque le nom de son père y est lui aussi écrit avec un « i ». De plus, il est mentionné à cette étape de sa vie que Dominique exerce la fonction de maître de l'école publique. Cette activité professionnelle, exigeant une solide énergie au quotidien, apparaît en contradiction avec l'âge théorique de 70 ans qu'il est censé avoir.

Ce saut générationnel est encore plus marqué lors de son troisième et dernier mariage : sa jeune promise, nommée Marie Augustine Brillant, n'a alors que 17 ans, quand lui est âgé de 75 ans. C'est à cette étape précise que le « i » de son nom devient définitivement un « y » dans les textes. De cette alliance naîtra une fille, Marie Angélique Pétronille, qui se trouve être l'ascendante directe de la personne qui m'a demandé de retracer aujourd'hui le parcours singulier de Dominique Roselly.

Le dernier chapitre officiel de cette vie hors norme s'écrit le 5 février 1806 à Saint-André, à l'île de La Réunion, jour où Dominique s'éteint à l'âge déclaré de 89 ans. Sa disparition marque le début d'une nouvelle vie pour sa jeune épouse, Marie Augustine Brillant, qui se retrouve v***e très tôt. Dès l'année d'après, en 1807, cette dernière va se remarier avec Julien Augustin Picard. Ce gouffre persistant entre les âges, ces variations d'écriture, les remariages successifs ainsi que ses fonctions professionnelles posent de fait la question de l'exactitude de sa date de naissance européenne, sans qu'il soit possible d'apporter de certitude définitive.

Malheureusement, en dehors de son émigration et de l'histoire de ses trois mariages, les détails précis sur son quotidien et sa vie dans la colonie ne sont pas connus. Les archives gardent leur part d'ombre, mais c'est aussi cela, faire des recherches généalogiques : C'est accepter que l'on n'ait pas toujours tous les éléments attendus et que certaines destinées conservent une part de mystère pour les générations futures.

Sources :

ANOM

Site la mémoire des hommes

De Bourbon à Paris : Eugène Desprez, officier de marine réunionnais mort pour la France en 1870Eugène Marie Martin Despr...
19/06/2026

De Bourbon à Paris : Eugène Desprez, officier de marine réunionnais mort pour la France en 1870
Eugène Marie Martin Desprez (1828-1870), officier de la Légion d'honneur et capitaine de frégate, incarne le destin remarquable d'un Réunionnais partagé entre la mer et les possessions françaises de l'océan Indien.
Né à Sainte-Suzanne dans une famille de planteurs, il choisit très tôt la carrière maritime et entre dans la Marine française. Au fil des années, il gravit les échelons jusqu'au grade de capitaine de frégate. Affecté durant plusieurs années à la Division navale des côtes orientales d'Afrique, il navigue entre Madagascar, Mayotte et Nosy-Be. Il s'intéresse alors au développement de ces territoires et entretient des liens étroits avec les milieux agricoles et coloniaux de la région.
Lorsque éclate la guerre franco-prussienne de 1870, Eugène Desprez répond à l'appel de la patrie. Il rejoint la défense de Paris et prend le commandement du 10ᵉ bataillon de marins de Armée de Paris. Le 30 novembre 1870, lors des combats de Choisy-le-Roi, il mène courageusement ses hommes contre les forces prussiennes. Atteint mortellement alors qu'il se trouve en première ligne, il tombe sur le champ d'honneur à l'âge de quarante-deux ans.
Son nom demeure aujourd'hui gravé parmi ceux des marins morts pour la France, témoignant du courage et du dévouement de cet officier réunionnais au service de son pays.
Après son décès, Eugène Desprez fut inhumé au cimetière Notre-Dame, dans le département de l'Yonne (89), au sein du caveau familial où reposaient déjà ses grands-parents.

Au détour d'une mission à La Digue, aux Seychelles, une rencontre insolite.
19/06/2026

Au détour d'une mission à La Digue, aux Seychelles, une rencontre insolite.

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