03/06/2026
🔘 MIGRATION MONDIALE : UNE FEUILLE DE ROUTE INTERNATIONALE JUSQU’EN 2030
✍🏻 Andry Rakotonirainy
Journaliste Reporter d'image
Genève, 03 Juin 2026
▶️ La protection des travailleurs migrants et de leurs familles est de nouveau au centre des préoccupations internationales. Réuni à Genève jusqu’au 12 juin 2026, le Comité des Nations Unies pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille a officiellement lancé les travaux de sa 42e session, marquée par l’examen de plusieurs situations nationales et par un appel renouvelé à la défense des droits fondamentaux des migrants à travers le monde.
▶️ Durant cette session, les experts du Comité analyseront les rapports présentés par l’Équateur, la Gambie et le Ghana afin d’évaluer le respect de leurs engagements au regard de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille.
Dans son allocution d’ouverture prononcée au nom du Secrétaire général des Nations Unies, Andrea Ori, Chef de Section à la Division du Conseil des droits de l’homme et des mécanismes de traités du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, a insisté sur l’importance cruciale du mandat du Comité dans un contexte mondial marqué par la montée des tensions géopolitiques, les remises en cause du multilatéralisme et les défis persistants en matière de droits humains.
▶️ Selon lui, les migrants demeurent parmi les populations les plus vulnérables de la planète et doivent bénéficier, indépendamment de leur statut administratif, d’une protection effective fondée sur la dignité humaine, la justice et l’égalité des droits.
🔘 UNE FEUILLE DE ROUTE INTERNATIONALE JUSQU’EN 2030
▶️ L’ouverture de cette session intervient quelques mois après la présentation, devant le Conseil des droits de l’homme et l’Assemblée générale des Nations Unies, du rapport du Secrétaire général consacré aux droits humains des migrants. Ce document souligne que les progrès enregistrés dans la mise en œuvre du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières restent inégaux selon les régions.
Réunis à New York lors du Forum d’examen des migrations internationales 2026, les États membres ont réaffirmé leur engagement en faveur du Pacte mondial et identifié plusieurs priorités pour les années à venir : renforcer la protection des droits des migrants, promouvoir le travail décent, garantir les droits des travailleurs migrants et développer davantage de voies de migration sûres, notamment pour le regroupement familial et les mécanismes de régularisation.
Le Secrétaire général a également exhorté les États à mettre fin à la criminalisation de la migration irrégulière et à veiller au respect strict des obligations internationales relatives aux droits humains.
🔘LA SOCIÉTÉ CIVILE TIRE LA SONNETTE D’ALARME
▶️ En marge des travaux officiels, le Comité a organisé une consultation avec des organisations de la société civile qui ont dressé un tableau préoccupant de la situation migratoire dans plusieurs pays.
Concernant l’Équateur, plusieurs organisations ont dénoncé la persistance de discriminations visant les migrants, notamment les femmes vénézuéliennes, ainsi que des difficultés d’accès à l’éducation pour les jeunes migrants. Des inquiétudes ont également été exprimées face aux déplacements forcés, aux violences institutionnelles et à l’exclusion du marché du travail formel.
▶️ Pour la Gambie, des avancées législatives récentes ont été saluées, notamment l’adoption d’une nouvelle loi sur le travail et d’une politique nationale de migration. Toutefois, les organisations estiment que les travailleurs migrants demeurent exposés à l’exploitation, à la discrimination et à un accès limité aux services essentiels. La situation des travailleurs domestiques gambiens employés dans certains pays du Moyen-Orient a également suscité des préoccupations.
▶️ Au Ghana, plusieurs intervenants ont dénoncé les conditions entourant le transfert de migrants expulsés depuis les États-Unis dans le cadre d’accords régionaux. Ils ont demandé aux autorités de garantir le respect des droits fondamentaux des personnes concernées et de mettre un terme aux pratiques assimilables à une détention arbitraire.
🔘LE GUATEMALA ÉGALEMENT SOUS SURVEILLANCE
▶️ Le Comité s’est en outre penché sur la situation du Guatemala, pays qui fera prochainement l’objet d’un examen approfondi. Les organisations participantes ont signalé des problèmes persistants de discrimination, de xénophobie, d’accès limité aux services de base ainsi que des insuffisances dans les mécanismes de protection des migrants en transit ou de retour dans leur pays.
Face à l’augmentation des flux migratoires dans la région, elles ont plaidé pour la mise en place de dispositifs durables d’accueil, de protection et de réintégration.
🔘DES ENJEUX MAJEURS POUR LA GOUVERNANCE MONDIALE DES MIGRATIONS
▶️ Cette 42e session du Comité intervient dans un contexte où les questions migratoires occupent une place croissante dans les débats internationaux. Entre montée des discours xénophobes, vulnérabilité accrue des travailleurs migrants et défis liés à la mobilité humaine, les experts des Nations Unies entendent rappeler que la protection des droits fondamentaux demeure un impératif universel.
Les conclusions des examens menés à Genève au cours des prochaines semaines devraient contribuer à orienter les politiques nationales et internationales en faveur d’une migration plus sûre, plus humaine et respectueuse des droits de chaque individu.