29/05/2026
Hier, en voiture, je sautillais d’une colline à l’autre tel un papillon qui butine de fleurs en fleurs. Le temps était très doux. Il faisait nuit déjà. Je n’étais pas pressé, le véhicule roulait doucement et ralentissait à chaque virage. Depuis que je prends ce chemin, j’ai un souhait, celui de croiser le plus souvent possible, un animal. Il y a toujours un lapin ou un lièvre qui s’attarde sur le côté de ula route. Ou un chat, un écureuil, un cerf, enfin, bref, quelques beautés de la région. Mais lorsque j’ai un tel souhait, il ne se passe jamais rien. Sauf ce jour là. L’animal ne montre de lui qu’un tout petit être au fond d’un grand tableau. Où ai-je pris cette image ? Et à peine ai-je le temps de le voir.
Par exemple il y a ce chat blanc. Un chat tout blanc avec quelque chose de Malevich dans le regard. . Nous ne l’avons vu que trois ou quatre fois, pas plus. À chaque fois, il se tenait sur le côté de la route, assis, les pattes avant légèrement relevées dans la pénombre, jusqu’à ce que les phares de notre voiture croisent sa silhouette. Cette image insolite a laissé une empreinte dans nos yeux. Nous avons tout de suite pensé à un chat fantôme qui érait sur les routes, sans autre fonction que celle d’être là au moment où nous, nous passions. Le regard de ce chat était toujours étrange, c’est pourquoi il nous a intrigué. À l’arrivée de la voiture, il ne bougeait pas, restait dans la même position, ne tournait pas la tête comme si c’était un chat de pacotille. Et puis un jour, sur ces mêmes collines, au détour d’un virage, nous le retrouverons. Était-ce le même ? Et enfin une troisième fois, mais quelques centaines de mètres plus loin. Pourquoi ce chat blanc nous a-t-il intrigué à ce point ? Mystère. Maintenant, nous pensons souvent à lui.
L’autre jour nous avons appris qu’un chat blanc était mort. Je ne sais pas si c’est le même. Et en ce même jour, le palais regorge de petites histoires telles que celle-ci. Ici, au palais, il y a entre 15 et 20 Chats suivant les jours. Maintenant, nous leur donnons à manger sinon ils mourraient de faim. Et très souvent, ils nous attendent au pied des escaliers à la porte principale du palais.
Ce matin, il fait beau comme depuis plusieurs jours, et je repense à ce chat. Lorsque je suis sorti du palais pour écrire dans le parc, il n’y avait pas un seul chat. Je crois que c’est quelqu’un d’autre qui leur a donne à manger aujourd’hui.
Qu’est-ce qui rempli de vie ce palais à part nous ? Que serait la vie de ce palais et de ses pierres, sans nous et les chats, sans le plaisir de les voir arriver au loin pour nous dire qu’ils ont faim.