18/05/2021
18 maggio 1944
18 maggio 2021
Sono trascorsi 77 lunghi anni dal giorno in cui Emile Chanoux, per mano dei suoi aguzzini, p***e la vita e la Valle d’Aosta p***e il suo faro.
Nella nostra recente storia nessuno ha saputo far tesoro della sua lotta, dei suoi scritti, della sua azione politica e della sua visione di futuro.
Nell’anniversario della sua morte proponiamo alcuni stralci delle sue riflessioni che paiono ancora attualissime.
Il faut réunir toutes les forces valdôtaines, il faut être dans la lutte le plus grand nombre possible. Il faut que cette lutte soit sentie par le peuple Valdôtain. (Extrait publié dans La Vallée d'Aoste le 5 mai 1923)
De nous, de notre génération, dépend le sort du français en Vallée d'Aoste.
Luttons avec courage et avec espérance, mais pour vaincre, nous devons être tous unis sous un même chef. (Ibidem)
Et je fais cette demande : pourquoi les Valdôtains parlent-ils si mal le français ? (Sans date)
Et ce générations… Je me le demande avec anxiété, même avec crainte. Que conserveront-elles de valdôtain sauf leur nom ? Nous regardons avec douleur le présent. Qu'en sera-t-il de demain? D'ici vingt ans, cinquante ans, que sera [de] notre français, si nous continuons de ce pas? (Extrait publié dans La Vallée d'Aoste le 26 mai 1923)
Et maintenant : à l'œuvre. À l'œuvre, oui, tous à l'œuvre, tous les Valdôtains de coeur et de courage. (Ibidem)
Toutes les fois que je passe devant le monument à Cerlogne, à Saint-Nicolas, toutes les fois que je lis quelques-uns de ses écrits, je suis assailli par un sentiment indéfinissable, je me sens Valdôtain, plus Valdôtain qu'auparavant, et je sens que c'est impossible que les Valdôtains, les vrais Valdôtains disparaissent. (Extrait publié dans La Vallée d'Aoste le 25 août 1923)
Quand on sent qu'on n'est pas seul, que beaucoup d'autres partagent avec nous les idéals, la même foi dans les destinées de notre petite patrie, on est plus courageux, on est plus actif, on est plus convaincu de la justice de nos pensées. (Extrait publié dans La Vallée d'Aoste le 1er septembre 1923)
La vieille mentalité qui met la patrie au-dessus de tout, sonne maintenant en Italie ses dernières lugubres heures, au milieu du crépitement des haines partisanes, des violences gouvernementales et privées de toute espèce. Nous verrons ce qui naîtra demain de ces cendres, et qui se mûrit aujourd'hui dans le sous-sol. Certes, nous pouvons constater une seule chose. C'est que le vieil État centralisé libéral et nationaliste est miné par des tares profondes et menace de s'écrouler sous les secousses violentes qu'il reçoit trop souvent. Et la Vallée d'Aoste n'aurait rien à perdre et tout à gagner de cette mort méritée. (Ebauche manuscrite sans date)
Il a bien de nobles et de belles qualités, le valdôtain, mais quand il est (…) pourri, il est pire que les autres. On l'a vu patauger dans la boue comme un vil pourceau. (Extrait publié dans La Vallée d'Aoste du 31 mai 1924)
Qu'est-ce donc que la patrie ? La patrie c'est le peuple ; c'est tout le peuple qui se sent frère, qui s'aime, qui sent qu'il a des liens plus intimes que ceux qui l'unissent aux autres hommes, des liens qui se sont formés par une longue période de vie en commun ou par une période plus courte peut-être de luttes et de souffrances en commun. Où est donc la patrie ? Elle est dans l'âme du peuple. (Extrait publié dans La Vallée d'Aoste le 27 décembre 1924)
L'homme a finalement jeté le masque et a démontré ce qu'il était. Telle fut l'impression du discours de l'hon. Mussolini à la Chambre. Qu'on se rappelle toutes les promesses de paix et de réformes, qu'on se rappelle l'histrionisme bigot de cet incrédule qui allait jusqu'à s'agenouiller dans les sanctuaires. (Ebauche manuscrite sans date)
L'amour pour le pays natal, pour la Vallée d'Aoste qui était en moi jusqu'alors sans que je m'en fusse aperçu, se révélait brusquement. Et d'un coup aussi un autre sentiment naquit en moi de cette révélation, et c'était la conviction absolue, je dirais mathématique, de l'existence de ma Vallée d'Aoste, comme de quelque chose de particulier, de vivant, d'uni à jamais et que rien ne pourra diviser et détruire. (Extrait publié dans La Vallée d'Aoste le 15 janvier 1927)
Et la Valsavarenche est oubliée.
Et la Valsavarenche se dépeuple d'une manière impressionnante: en 1900 la Vallée avait plus de 600 habitants, elle arrive maintenant à peine à 300 personnes résidant pendant toute l'année.
Les autres ont fui ou vers la plaine ou vers l'étranger. (Extrait publié dans La R***e diocésaine d'Aoste le 22 juillet 1931)
Ecco perché attorno ai ruscelli, si sono accese nei secoli lotte e sui ruscelli sono stati esercitati, dai potenti di ieri e di oggi, i più importanti atti di dominio.
Ecco perché il problema delle acque, da noi, è vitalissimo. (Extrait publié dans Augusta Prætoria le 15 avril 1944)
La Vallée d'Aoste, région qui a ses caractères particuliers, une langue à elle, une histoire glorieuse qui lui est propre, voit une à une ses institutions tomber, sa langue s'effacer, ses caractères s'étioler sous la pression pesamment unificatrice de l'État centralisateur. (Ebauche sans date sur l'origine et les buts de la Jeune Vallée d'Aoste)
Le problème des hommes est donc primordial. Former des hommes, qui pensent et qui agissent, est donc le premier devoir de tous ceux qui se préoccupent de l'avenir du pays. (1942)
Toute fonction sociale qui peut être exercée par un organe inférieur plus proche de l'individu ne doit pas être exercée par un organe supérieur plus éloigné de celui-ci, plus complexe. (Essai sans date sur l'organisation administrative de notre pays)
Après avoir été pauvres, mais économiquement libres, nous serons, comme le chien de la fable, plus riches, mais liés par le collier à la porte de notre maison, laquelle appartiendra à d'autres. (Tiré du même essai)
Mère nourricière de l'humanité, l'agriculture est la base de la vie économique de notre peuple. Elle le sera aussi à l'avenir. (Tiré du même essai)
Un verger, une vigne, sont plus au moins gracieux et riches selon le goût de leur maître.
Et ainsi se forme entre l'homme et la terre cette communion, cette fraternité comme entre deux êtres. (Tiré du même essai)
Ce sont les fruitiers de demain qui formeront les chefs de la paysannerie valdôtaine.
Ainsi la production de la fontine pourra être augmentée, elle pourra aussi se fixer dans des types précis dont la vente sera organisée partout. (Tiré du même essai)
Il y a des peuples qui sont comme des flambeaux : ils sont faits pour éclairer (ou illuminer comme sur le livre) le monde.
En général ce ne sont pas de grands peuples par le nombre: ils le sont parce qu'ils portent en eux la vérité et l'avenir. (Texte Extrait publié posthume en 1947)
Dans cette Europe sur laquelle souffle un vent de folie, la Suisse reste le seul point où les hommes n'ont pas totalement perdu la raison. (Ibidem)
Dans cette Europe où les États sont centralisés par une machine administrative qui écrase tout, un seul pays est resté décentralisé, un seul pays est resté fédératif: la Suisse. (Ibidem)
L'Europe devra, en grand, être la Suisse.
Faute de quoi elle mourra, comme la Grèce ancienne est morte. (Ibidem)
Le popolazioni alpine hanno sofferto, più di tutte le popolazioni italiane, dell'accentramento politico ed amministrativo dello stato italiano che ha portato al suo sfacelo attuale. (Testo dattiloscritto senza data)
Il concetto federalistico della organizzazione politica di un popolo è di tutta evidenza connesso al concetto di libertà politica e di autogoverno da parte delle masse. (Bozza manoscritta senza data)
In una federazione italiana spetterà alle popolazioni singole la costituzione delle regioni o cantoni federati. Dovrà essere una loro “manifestazione di volontà” a costituire i nuovi organismi politici dello stato federale. (Federalismo e Autonomie - 1944)
Un regime federale sul tipo svizzero è garanzia di questo reciproco rispetto nell’interno degli stati e nell’interno del continente europeo.
Così i piccoli popoli delle Alpi, così simili alla Svizzera, sentono questa loro missione più alta: di richiamare i popoli maggiori a queste verità di pace e di tolleranza. (Ibidem)
Poiché la cultura non è un qualche cosa di separato dalla vita di un popolo, ma ne è la parte più viva: l’anima. (Ibidem)
Que notre âme s'alimente de la volonté de vivre, et que tout ce qui a lieu autour de nous serve à cultiver, âprement, cette volonté de vivre. (Tiré de l'Esprit de Victoire, sans date)
Quelqu'un parmi ceux que la tourmente n'a pas détruits dans la classe dirigeante, quelqu'un commence à voir clair. (Ibidem)
C'est le feu qui couve sous la cendre, et qui éclatera un jour. On a beau le couvrir avec d'autres cendres stériles, il éclatera un jour. Il suffira que cette cendre soit remuée. (Ibidem)
Je n’abandonnerai jamais la Vallée d’Aoste. À mesure que le travail se fait, on sent le besoin de faire davantage.
Une sourde volonté me pousse irrésistiblement à agir, malgré les risques devant lesquels je vais…
Je vois très bien où je pourrai aller finir. Mais je ne puis cesser de travailler. Ce serait renier ma vie, ce serait m’abrutir, ce serait accepter l’injustice dominante.
Moi je ne veux pas. Advienne que pourra (Morceau d’une lettre à un ami, envoyée en 1929)
J’avais quatorze ans. Un jour, je dus écrire une lettre en français et je constatai que j’avais beaucoup plus de difficulté à manier cette langue, que je n’en avais à manier la langue italienne.
J’en fus mortifié, car je me rendis compte que c’était là une diminution de ma personnalité.
Tout mon être fut soudain envahi par un étrange malaise, pareil à celui qu’on éprouve lorsqu’on est sur le bord d’un abîme.
J’eus l’impression de me trouver sur l’abîme de la trahison.
Allais-je donc trahir mon sang, mon père, ma mère, mes ancêtres, mon pays, moi-même, en renonçant à la langue de mon peuple ?
Une réaction violente secoua mon être.
Non, je n’aurais pas été traître.
Ce jour-là, la Question valdôtaine s’est éveillée dans mon coeur. (Morceau d’une lettre écrite en 1943 à un ami).