09/09/2026
Au Sénégal, le Premier ministre appelle à mettre fin aux discours xénophobes
Dakar, Sénégal — Le Premier ministre sénégalais a dénoncé mardi la montée des discours xénophobes dans le pays, appelant à mettre un terme aux propos visant les communautés étrangères présentes au Sénégal. Dans le même temps, il a rappelé que les ressortissants étrangers sont tenus de respecter strictement les règles en vigueur en matière d’entrée et de séjour.
Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de la présence des étrangers dans l’espace public et sur les réseaux sociaux. Au cours du mois dernier, plusieurs organisations de défense des droits humains, parmi lesquelles Amnesty International Sénégal, avaient alerté sur la recrudescence de discours à caractère xénophobe diffusés dans certains médias et sur les plateformes numériques.
Face à cette situation, les organisations avaient appelé les autorités sénégalaises à prendre des mesures afin de prévenir la propagation de propos susceptibles d’alimenter le rejet ou la stigmatisation des étrangers.
Un appel au respect et à la responsabilité
Le chef du gouvernement entend ainsi rappeler que la lutte contre la xénophobie ne signifie pas l’abandon du contrôle de la législation relative au séjour des étrangers. Les personnes étrangères vivant au Sénégal doivent, comme le prévoit la réglementation, disposer des documents nécessaires et respecter les conditions qui encadrent leur présence sur le territoire.
Cette distinction entre le respect de la loi et la lutte contre les discours de haine constitue l’un des principaux enjeux du débat actuel. Pour les autorités, le contrôle du séjour relève de l’application normale des règles de l’État, tandis que les attaques visant collectivement des personnes en raison de leur nationalité ou de leur origine ne sauraient être banalisées.
Les réseaux sociaux au cœur des préoccupations
La progression de messages xénophobes sur les réseaux sociaux inquiète particulièrement les organisations de défense des droits humains. La rapidité de diffusion de ces contenus peut contribuer à amplifier les tensions et à favoriser la stigmatisation de certaines communautés.
Dans ce contexte, les appels à la responsabilité s’adressent aussi bien aux responsables politiques et aux médias qu’aux utilisateurs des plateformes numériques. Le débat sur l’immigration et le séjour des étrangers, soulignent les défenseurs des droits humains, peut avoir lieu sans recourir à des discours de haine ou à des généralisations visant des communautés entières.
Le gouvernement sénégalais se retrouve ainsi confronté à un double impératif : faire respecter les règles applicables aux étrangers présents sur son territoire tout en veillant à préserver la cohésion sociale et à lutter contre la xénophobie.
La position exprimée par le Premier ministre intervient alors que le Sénégal cherche à maintenir son image de pays traditionnellement marqué par l’hospitalité et la coexistence entre différentes communautés.
Louramedia.com