07/04/2021
Fin des fouilles archéologiques au sein du Domaine Zanardi avec une découverte exceptionnelle présentée par l'équipe de l'INRAP en présence de la Cità di L’Isula - Ville de L'Île-Rousse et de la presse.
Voici un extrait du CP de l'INRAP qui contient de passionnants détails :
Une quarantaine de sepultures romaines mises au jour viennent attester du passé antique de l'Île-Rousse avec cette nécropole de l’Antiquité tardive (IIIe-VIIe siècle).
Les fosses sépulcrales sont creusées directement dans le rocher. Certaines sépultures ont été réalisées en pleine terre, tandis que d’autres sont pourvues d’un
aménagement réutilisant des matériaux en terre cuite telles que les tuiles romaines à rebord appelées tegulae, et couvre-joints nommés imbrices, ainsi que les amphores qui sont majoritaires sur le site. Ces dernières sont en effet utilisées comme réceptacles aux défunts.
L’inhumation au sein de ces grands récipients cylindriques est en généralement réservée aux enfants bien que certains adultes en bénéficient. Deux amphores sont dans ce cas emboîtées l’une dans l’autre. Le plus souvent ce sont les fragments de panses qui servent de couvercle. Ces amphores sont majoritairement des productions africaines, lesquelles constituaient les importations prépondérantes en Corse entre le IVe et le VIIe siècle de notre ère,
notamment pour contenir le vin en provenance de Carthage (Tunisie).
Aucun dépôt d’offrandes accompagnant les défunts ne figure pour l’heure dans les tombes fouillées.
L’orientation des tombes privilégie globalement un axe est-ouest avec la tête des défunts à l’ouest. Les individus sont dans un état de conservation moyen et nécessitent un soin particulier lors du prélèvement des ossements.
La plupart des sépultures a subi des détériorations en surface qui sont liées aux aménagements successifs des lieux, depuis la fondation de la cité, jusqu’à
l’extension des remparts, la création de la place Paoli en 1834 et la construction de l’église Immaculée Conception inaugurée en 1893, qui ont donné lieu à
d’importants terrassements pour combler la pente rocheuse. Néanmoins, la position des corps et la maturation osseuse qui permet de déterminer l’âge du défunt est relativement appréciable, et l’étude anthropologique en laboratoire devrait offrir de
nouvelles informations sur cette population.
Cette découverte inattendue, avec la mise au jour d’une quarantaine de tombes, renouvelle le passé antique de l'Ile Rousse, et plus largement de la côte occidentale de la Corse. Les exemples connus en Corse de telles inhumations sont souvent associés à des édifices de culte, tels que sur les sites de Mariana ou de Sant’Amanza. Cependant, aucun aménagement n’a pour le moment été mis au jour, mais son existence n’est pas à exclure dans l’environnement immédiat de la zone funéraire.
Financement des recherches : Jean-Nicolas Antoniotti
Contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie (Drac de Corse)
Recherche archéologique : Inrap
Responsable scientifique : Jean-Jacques Grizeaud, Inrap
Etude anthropologique : Catherine Rigeade, Inrap