14/05/2026
Saverne - Alsace Bossue
VOLKSBERG
Avec la suppression annoncée d’une classe, l’école du village menacée de fermeture
Loris Rinaldi
La suppression d’un poste d’enseignant est annoncée pour la rentrée prochaine au regroupement pédagogique intercommunal réunissant Volksberg, Waldhambach et Weislingen. Une fermeture de classe qui entraîneraît la fin de l’école de Volksberg pour cette structure qui rassemble 89 élèves de la petite section au CM2.
Une classe de moins dès la rentrée prochaine. À Volksberg, c’est la déception qui règne depuis le mois d’avril : « On déshabille la ruralité », souffle Georges Stoebener, premier magistrat de la commune. La réaction fait suite à l’annonce par les services de l’académie de la suppression d’un poste d’enseignant pour le Regroupement Pédagogique Intercommunal (RPI) dont fait partie la commune de plus de 300 habitants. Celui-ci regroupe les élèves de Waldhambach, Weislingen ainsi que ceux de la municipalité administrée par Georges Stoebener.
Tous les jours, ce sont 17 élèves – de CP et de CE1 – qui se rendent à Volksberg pour y suivre leurs cours. Une situation qui pourrait s’arrêter à la rentrée prochaine puisque la suppression d’un des cinq postes d’enseignants risque de mener à la fermeture de l’unique classe du village : « On nous a fait comprendre que Volksberg était une classe isolée, avec une enseignante unique et que c’est celle-ci qui serait visée », explique Marc Burger, édile de Weislingen.
Problème : voir les portes d’une école se fermer est rarement un bon signe pour un village. « Lorsque les gens viennent s’installer, ils nous demandent s’il y a du périscolaire, mais aussi une école », affirme Georges Stoebener. Il poursuit : « Cela nuit à l’attractivité et le village devient un village mort. »
Une crainte partagée par l’association de parents d’élèves Bâtisseurs de rêves. Eux ont lancé une pétition pour protester contre cette suppression annoncée. « Le village se retrouve démuni. Et cela fait aussi porter le risque d’avoir des classes bien plus chargées », avance Alexia Semler, trésorière de l’association. Une décision d’autant plus incompréhensible pour les maires concernés que l’effectif restait jusqu’alors stable pour le RPI : « Nous nous maintenions à 89 élèves. À la rentrée prochaine les projections tablent sur 88 », rappelle Marc Burger.
Le sentiment donc d’un choix pris à contre-courant des besoins en ruralité : « Nous sommes sur un territoire qui a signé une convention territoires éducatifs ruraux pour que nous soyons soutenus et pas abandonnés au profit des villes », rappellent les trois maires.
D’autant que la mesure, prise par volonté d’économie, risque aussi de faire porter la charge de certaines dépenses autrefois subventionnées à la commune de Volksberg. Car le bâtiment scolaire, dont le niveau supérieur abrite des logements ne peut être laissé à l’abandon et nécessite d’être maintenu au minimum en hors gel. « Nous payons déjà le chauffage, mais c’est utile car c’est pour l’école », avance Georges Stoebener. Côté rénovations, si l’édifice venait à avoir besoin de travaux, les aides seraient bien moindres, obligeant Georges Stoebener à mener un arbitrage entre le bâti existant et d’autres projets.
Pour toutes ces raisons, les élus comptent donc faire front : « Nous ne sommes pas dupes, à terme et avec la baisse de la démographie, nous savons que cela va devoir arriver. Mais nous voulons plus de temps. » Pour permettre à l’enseignante concernée de préparer son départ d’abord, mais aussi au RPI de s’adapter. Pour ce faire, les maires vont envoyer sous peu une lettre aux différents responsables politiques pour faire valoir leurs arguments. L’un d’eux concerne la présence du RPI sur une zone dite « de montagne ». « Dans ces zones, il faut être prévenu au moins trois ans à l’avance d’une fermeture de classe », affirme Marc Burger. Reste à voir désormais, si ce délai doit également être respecté lorsque la mesure concerne avant tout la suppression d’un poste d’enseignant.