29/05/2026
L’archive du vendredi
Bernard Giraud, dit Patrick Raynal, dit Berlodiot
Il est né Bernard Giraud, il y a aujourd’hui cent ans. Mais tout le monde le connaissait sous son nom de scène de Patrick Raynal, ou mieux encore, sous le nom de son personnage fétiche de Berlodiot, un petit berrichon mal dégrossi.
C’est donc le 29 mai 1926 qu’il voit le jour dans la rue Victor Hugo, rue mal famée à son époque, agrémentée de quelques bars « montant ». Enfant, il en voit de drôles. C’est lui qui est à l’origine de cette histoire qui se chuchotait de bouche à oreille : Une maison close avait pignon sur rue, avenue de la République. L’arrière donnait rue Victor Hugo, à côté de chez lui. Un jour, Pandore investissant ladite maison par le côté face, il vit sortir hâtivement « ces messieurs » côté pile. Et dans le lot, il avait reconnu, en caleçons et fixe-chaussettes, un notable vierzonnais, directeur d’usine et qui s’essayait à la politique locale…
Tout petit il a le don d’imitation, dans la voix, dans le comportement. À commencer par sa mère qu’il fait régulièrement tourner en bourrique. Mais également tous les voisins, et les gens de passage plus ou moins fréquentables. On ne parle pas encore de Patrick Raynal mais Berlodiot pointe déjà le bout de son nez.
À la communale, c’est en imitant le directeur de l’école qu’il répond aux questions du maître. Il reçoit plus de coups de pieds aux fesses que de bons-points et ce qui lui permet de connaître toutes les écoles de Vierzon, au gré de ses exclusions.
Lors de son service militaire chartrain, il amuse ses « co-détenus » avec une imitation de Charles Trénet. Il devient alors « le fou chantant de Vierzon ». Mais, alors… Si en famille, si à l’école, si au service militaire, il arrive à faire rire ses concitoyens par son don d’imitation, il peut peut-être en faire un métier qui rapporte ?
Et le voilà parti à Paris, tenter sa chance. Deux francs en poche et le personnage de Berlodiot en devenir, il passe les auditions en 1947 au Caveau de la République. Il côtoie les futurs humoristes qui tentent également leur chance comme Sim, Anne-Marie Carrière ou encore Maurice Biraud. Ses parrains de scène seront Pierre Dac et Francis Blanche. Il y a pire.
Sa carrière est lancée, elle durera 45 ans. Il se produira dans tous les cabarets de France. Il aura pour compagnons de route Pierre Doris, Jean-Marie Proslier, Maurice Horgues… avec lesquels il tournera plusieurs films. Surtout c’est sa maison de disque qui le rendra populaire : Le Berlodiot parle à tout le monde, aux Alsaciens comme aux Bretons, aux Arvernes comme aux Provençaux.
Il recevra deux disques d’or, un pour le nombre de ses ventes, un pour l’ensemble de ses vinyles. Et, consécration suprême, il recevra le grand prix de l’humour en 1970 des mains mêmes de Fernand Raynaud, devenu son grand ami.
Mais entre deux tournées il n’oubliera jamais son Vierzon, revenant régulièrement pour des galas, ou pour des dates spéciales : À la demande du maire Léo Mérigot il animera à plusieurs reprises « le banquet des vieux ».
Il se présente plusieurs fois sur la scène de la foire-exposition de Vierzon, la dernière fois en 1990. Il réserve sa dernière apparition à son public vierzonnais, en 1992, sur la scène du Mac Nab.
Il avait épousé sur le t**d la chanteuse Claudie Coste avec laquelle il s’était installé dans la petite ville d’Anzy-le-duc. C’est là qu’il a passé une paisible retraite avant de s’éteindre en mai 2015.
Aujourd’hui il nous reste une discographie remarquable et internet permet même de se remémorer ses sketchs.
Outre youtube on peut aller sur un site qui lui est dédié, bo**ré de références :
www.patrick-raynal.fr
Images :
Archives Vierzon