26/06/2026
L’archive du vendredi
La Genette
La commune de Vierzon-bourgneuf (sud du Cher) est née en décembre 1886. Auparavant, le quartier Bourgneuf faisait partie de la commune de Vierzon-Villages. La commune était alors divisée en trois sections électorales : Fay, Bourgneuf et Forges.Traditionnellement le maire est un homme de Fay, ses deux adjoints sont de Bourgneuf et de Forges.
Or, en 1884 Bourgneuf s’estime sous-représenté et ne détient pas de siège d’adjoint. Les habitants estiment qu’on veut les tenir à l’écart. de la vie municipale.
De plus une grève très dure s’est déclenchée en 1886 à « la Française ». La municipalité « rouge » de Villages soutient les grévistes, au grand dam des habitants de Bourgneuf, petits bourgeois, commerçants, maraîchers.
Des voix s’élèvent contre les agissements du conseil. L’idée est lancée de former une commune indépendante.
« Le Cher est une frontière naturelle », peut-on lire sur les pétitions. (C’est là un slogan que l’on retrouvera jusqu’aux élections municipales de 1935).
Le préfet ordonne donc une enquête commodo-incommodo qui montre la volonté des habitants d'être indépendants.
Le 11 décembre 1886, une troisième commune voit le jour dans l’agglomération vierzonnaise, celle de Bourgneuf, dont le premier maire est André Hénault.
À sa création, la commune est celle des trois (Ville – Villages et Bourgneuf) qui compte le moins d’habitants et le plus de communaux, terrains nus appartenant à la commune. Beaucoup ne sont pas affermés (Bellon, Villeneuve, Genette, Loeuf, Jonc…). Il est impératif, pour la municipalité d’exploiter au mieux ces ressources potentielles qui pallieront au manque cruel de revenus dû au peu d’impôt foncier et à l’absence totale d’entreprises sur le territoire de la commune, donc d’impôts sur les patentes.
En 1897 le conseil municipal décide la cession en multiples lots du communal de la Genette et ouvre l’enquête publique de faisabilité. C’est ainsi que le préfet approuve en mai 1899 la création de rues nouvelles dans ce communal, « la grande et la petite allée de la Genête ». Les cinquante neuf premières parcelles, à l’entrée du lotissement, font de 3,5 à 4,5 ares. Très vite c’est le succès et les acquéreurs y élèvent leur maison. 1909, le restant du communal va être mis en lotissement. C’est maintenant tout le communal qui est cartographié par le géomètre expert chargé de monter le projet. Le maillage des rues se précise, c’est celui que l’on connaît aujourd’hui. Ce sont au total cent soixante neuf lots qui vont peu à peu être vendus au profit des particuliers ou des organismes de logements sociaux. Les premières « HBM » (habitations à loyers modérés) de Vierzon, ancêtres de nos HLM, avaient été inaugurées en 1911. Le lotissement de la Genette sera confié à l’office d’habitations à bon marché du Cher par une décision de septembre 1929, approuvée en 1930 par le préfet et inauguré en juillet 1931. La loi Loucheur de 1928 permettait l’accélération de la construction de ce type de logements. Ce sont soixante logements que construit l’office HBM. Toute sur le même modèle, un carré de quatre pièces monté sur cave, avec grenier et sans salle de bain. Des bains douches avaient été prévus en bord de lotissement par les HBM, à proximité du futur château d’eau et de la station d’épuration. 19 points lumineux sont disposés en 1933 dans la cité HBM selon un plan établi par l’Union Electrique du Centre. Sur ce plan, pour l’anecdote, on peut déjà voir un projet qui va mettre soixante ans à voir le jour : un pont entre ce quartier et celui du centre ville, baptisé « futur pont » et qui sera finalement inauguré en … 1996.
Images :
Archives municipales Vierzon