26/04/2020
Cher réseau,
La gestion du quotidien est souvent appréhendée de façon mineure et peu considérée. Or, en cette période délicate et difficilement lisible, ce quotidien prend une toute autre dimension, et devient même un révélateur sur nombre de points, notamment sur la question du lien à l'autre, du soin et de l'attention. Etre confiné chez soi c'est prendre la mesure de ce que l'on est dans notre intimité, c'est avoir et accepter des limites très définies, un isolement qui renvoie à soi, à son intériorité. Lorsque ceci est possible...
Effectivement, la distanciation sociale imposée dans un but préventif, s'avère délétère, voire dangereuse pour les personnes fragiles, âgées, handicapées et leurs aidants familiaux.
Le constat de Reliance dans ses missions actuelles dont voici quelques exemples :
- Prendre en charge les besoins et l'écoute de personnes sans plus d'aidants ou alors trop éloignés, ou de services d'aide à domicile. Etre dans un accompagnement concret et pratique au quotidien.
- Faire des courses certes mais aussi des médicaments- Faire le lien avec les professionnels de santé.
- S'occuper d'un animal décédé chez une mamie avec une sclérose en plaque.
- S'occuper d'un autre blessé, transporter chez le vétérinaire et faire le lien avec la propriétaire. L'animal est un compagnon à part entière pour beaucoup.
- Aider à la gestion des CESU, faire comprendre aux particuliers employeurs les mesures actuelles concernant le chômage partiel, les faire appliquer.
- Expliquer aux salariés CESU le fonctionnement, rassurer tant faire ce peut.
- Face à la fermeture de certaines agences d'aides à domicile, à la restriction de l'activité, plusieurs de leurs salariés refusent de laisser leurs bénéficiaires seuls et me demandent alors d'être déclarer en CESU. Une volonté de rester dans la légalité et le soin. Tout à fait louable.
- Mettre en place une organisation pour des personnes accidentées (animaux, assurances, cesu, aide à domicile..).
- Relayer une dame de 80 ans, tutrice de son frère atteint de la maladie d'Alzheimer en proie à l'administration.
- Prendre en charge des messages, des visites pour des personnes contactées et spoliées au téléphone ou sur internet. Selon une formule " Plus il y a de gibier, plus il y a de prédateurs"Si ce que nous vivons présentement a amené beaucoup d'entraide, de bénévolat et d'altruisme, il y a également son contraire.
Le constat dans notre région où la population des seniors est une des plus élevée, où les territoires ruraux sont plus que conséquents, et pourtant l'offre des services à domicile est ramenée à une portion congrue.
Avant cela était insuffisant, aujourd'hui c'est dramatique. J'en appelle à tous, que découvrirons nous dans un mois ?
Des chiffres encore, qui consterneront par leur ampleur et laisseront apparaître une réalité que l'on subodorait.
Touts ces aidants que l'on sent qui flanchent car enfermés avec un proche déficient et en limite de rupture. Que faisons nous? Que pourrions nous faire pour compléter ce qui existe déjà?
Le seul mot comme réponse qui nous est donné aux différents professionnels (médecins, infirmiers, intervenants divers) que nous sommes : Confinement avant tout. Certes.
Toutes ces personnes qui sont dans un parcours de soin en raison de pathologie plus ou moins lourde et qui ne consultent plus que ce soit dans les CHU ou les médecins traitants. Mission réussie, on dirait le désert de GOBI.
Ne pourrions nous par exemple réunir davantage le public, l'associatif et le privé dans certaines actions? les services privés d'O2 avec lesquels je collabore fréquemment le pratique dans certaines régions, notamment à Jarny sous la responsabilité de Frédéric FAURE. C'est une piste parmi d'autres bien sûr.
A ce propos, je tiens à remercier la DIRECCTE de L'ALLIER représentée par Véronique CARRE qui sait entretenir un lien étroit et actif avec les différents acteurs du territoire, principalement les entreprises. Personnellement, face à une demande d'extension d'activité nécessitée en l'occurrence par la situation, j'ai apprécié l'écoute, le conseil et la réactivité également de Madame Isabelle PERREIRA, notre correspondante sur les services à la personne. IL me semble juste et d'importance de souligner et remercier ceux qui œuvrent dans un sens commun avec conscience.
Nous sommes dans une période décisive et révélatrice considérée comme une crise, alors si nous l'abordions comme une "opportunité" à la façon des chinois et des japonais, ou plus proche de nous, dans la version latine comme un "tamis". Les deux termes sont évocateurs et offrent de réelles perspectives dignes d'intérêt. Le nôtre.