09/05/2026
Retour en images sur la célébration du 8 mai à Verlinghem.
Et le discours de Thierry Bonte, maire de notre village:
"Merci à toutes et tous d’être à nos côtés aujourd’hui pour célébrer l’anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale. Cette date du 8 mai est l’occasion de nous souvenir que le chemin fût long pour arriver à l’arrêt complet des combats après ce conflit qui fut terrible.
Nous devons nous souvenir ce matin des soldats de toutes les nations alliées qui ont participé à la libération de notre pays et de l’Europe en 1945 ; les américains, les anglais, les canadiens, les néo-zélandais, les australiens, les français et bien d’autres encore. Nous devons nous souvenir aussi que rien n’aurait été possible sans l’action conjointe des armées soviétiques à l’est pour écraser l’Allemagne nazie. Nous devons nous souvenir des résistants français qui ont joué un rôle déterminant pendant les années d’occupation mais aussi lors du débarquement.
Toutes ces femmes et tous ces hommes avaient toutes et tous en commun une idée, un objectif : faire tomber la barbarie, vaincre l’idéologie raciste et antisémite, faire vivre la liberté.
Le 8 mai 1945, c’est une fête dans toute l’Europe. Mais l’Europe est exsangue, il y a 30 millions de déplacés sur le continent, les destructions de villes et d’infrastructures sont très importantes, les défis sont immenses et multiples. Mais il y a l’espoir et l’envie de créer les conditions d’un dialogue entre les pays du monde. C’est ainsi que, le 26 juin 1945 à San Francisco, aux États-Unis, les délégués de 50 États, représentant près de 80 % de la population mondiale, ratifient la nouvelle Charte des Nations unies. Avec un objectif clair dans son préambule : « Préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l'espace d'une vie humaine a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances ». Outre l’objectif de garantir la paix dans le monde et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, l’ONU se pose en fer de lance de la reconnaissance du droit international, c’est-à-dire du cadre reposant sur un système juridique mondial dont les États sont les principaux acteurs. L’article 13 de la Charte affirme la nécessité d’ « encourager le développement progressif du droit international et sa codification ».
Ce 26 juin 1945 nait le droit international moderne, ce droit international qui est de plus en plus malmené dans notre monde si agité.
Nous sommes dans un monde où beaucoup essaient de détruire les idéaux qui ont été proclamés après la deuxième guerre mondiale : le droit international bien sûr, la déclaration universelle des droits humains, l’idée qu’il y a des limites, qu’aucun peuple, qu’aucun pays, aucun état, aucune nation, ne peut tout s’autoriser. Que la loi du plus fort ne peut être la loi du monde. Que la loi de la jungle ne peut être la loi des pays qui se disent civilisés.
Nous ne sommes pas étonnés quand Poutine agresse l’Ukraine qui résiste depuis 4 ans avec son courage et son ingéniosité. Nous le sommes plus quand Trump attaque l’Iran pour des raisons obscures en n’écoutant pas ses propres services de renseignements. Tous les navires circulaient librement il y a 3 mois dans le détroit d’Ormuz. Désormais ce détroit est une arme de négociation pour le régime iranien tyrannique.
Et comment ne pas être touchés dans notre humanité par la brutalité de l’Israël de Netanyahu et de ses ministres orthodoxes d’extrême droite qui laissent tuer les palestiniens de Cisjordanie par des colons barbares et qui déstabilisent un Liban déjà si fragile en rasant près de 50 villages, ce qui constitue un crime de guerre ?
Je ne ferai pas ce matin la liste des horreurs de notre monde. Mais quand nous nous souvenons d’horreurs et de guerres et de la difficulté d’en sortir, nous devons être des acteurs de vigilance et d’humanité. Il nous faut défendre la radicalité de l’idéal démocratique, l’idée qu’il y a des limites, que tout n’est pas possible, qu’il y a un droit international, un respect des citoyens, qu’il y a un respect de l’expression de la société, qu’il y a un respect de la presse même si elle dérange, qu’il y a un respect de la justice même si elle contrecarre vos projets. Comme le disait Mendès France :« la démocratie, c’est bien plus que le droit de vote, c’est un code moral ».
Soyons vigilants mes amis. Et soyons actifs et attentifs car nous avons des atouts, la France a des atouts, l’Europe a des atouts. La dernière chose à faire, c’est de nous diviser. La dernière chose à faire c’est de perdre notre humanité. Cette humanité qui avait grandement disparu dans les années 30 et dans la guerre qui a suivi.
Aujourd’hui nous nous souvenons des hommes et des femmes qui nous ont permis d’être là ce matin, à Verlinghem, en France, en Europe, pour célébrer la fin de la barbarie nazie et la joie retrouvée sur notre continent. Ne les oublions jamais pour préparer notre avenir et celui des gens que nous aimons.
Vive Verlinghem, Vive la République et Vive la France !"