03/06/2026
CONNEXION TOUYRE-MONTBEL : L’ENQUÊTE PUBLIQUE
L’enquête publique unique, ainsi que l’enquête parcellaire conjointe porte sur le projet de sécurisation de l’alimentation en eau de la retenue de Montbel pour un retour à l’équilibre quantitatif des bassins de l’Ariège et de la Garonne sur le territoire des communes de Léran, de Régat et de Laroque-d’Olmes et est préalable à l’autorisation environnementale, à la déclaration d’intérêt général (DIG) et à la déclaration d’utilité publique (DUP) de l’opération.
Nous avons reçu cette note de François LAFON, Maire de LERCOUL, contributeur à l’enquête publique lancée le 7 Mai et se terminant le 8 Juin 2026
Le Conseil départemental a, dans le cadre de cette enquête publique, publié une brochure qui se caractérise par une succession d'approximation voire, à dessein, de contrevérités en utilisant pour ce faire, l'argent public.
Le financement est faux : il ne s’agit pas de 15 M d’€ mais de près de 21 M d’€., comme reconnu par le CD 09 lors d'une réunion tenue à la mairie de Lérins au premier trimestre 2025.
L’objet de l’adducteur témoigne du non-respect des principes initiaux. Le lac de Montbel avait en effet au départ une vocation d’aide agricole, ce qu'il a rempli sans aucune difficulté. En conséquence, l'aménagement dont il s'agit n'a aucune utilité pour remplir cette mission initiale. Ce n'est que parce qu on confère au lac de Montbel d’autres fonctions, et notamment des fonctions de loisirs, que se poserait éventuellement un problème d'alimentation.
En outre, on exagère le problème de remplissage qui, en toute logique, peut être réglé par une rationalisation de l’alimentation par L’Hers, correctement alimenté depuis le massif du Saint Barthélémy, sans qu’il soit besoin du Touyre et de l'adduction prévue qui est une véritable usine à gaz.
L'inintelligence du projet est manifeste lorsqu'on constate qu'il est prévu compte tenu du dénivelé, d'utiliser un pompage électrique pour réinjecter en période estivale de l'eau qui aurait été pompée en période printanière.
Concernant la problématique agricole, il convient de comprendre qu'il ne s'agit pas de nourrir les Ariégeois, mais d'irriguer des cultures semencières pour les marchés d’exportation.
La réduction des surfaces agricoles, dont s'enorgueillit le CD 09 pour justifier ce projet, ne participe pas de pratiques agricoles plus vertueuses comme suggéré, mais simplement de la réduction des surfaces destinées au maïs semence parce que, compte tenu du réchauffement climatique, le maïs ne pousse plus à partir de 40°. Pour pallier cette diminution, ce sont d'autres cultures semencières qui prennent le relais.
Aussi, tout l'argumentaire sur "nourrir les Ariégeois" est biaisé.
En outre, une partie de l'eau est destinée à Toulouse, ce qui signifie que les besoins de l’Ariège ne sont pas prioritaires.
Encore une fois, le destin d'une grande richesse de notre département se décide à Toulouse. Il ne faut pas oublier que l'Aude est également destinataire pour son usage agricole d'une partie de l'eau du lac de Montbel.
Or, le Touyre est structurellement pollué, ce qui résulte de la tradition industrielle textile du Pays d’ormes dont il a servi de poubelle pendant plus d’un siècle. Remplir Montbel signifie étendre cette pollution y compris en direction des autres départements concernés, notamment en contaminant le lac de la Ganguise, et le Lauragais.
La conclusion sur la biodiversité dont se félicite le CD est absolument honteuse eu égard à la volonté initiale d’y établir une hôtellerie de luxe (projet Coucoo) seulement abandonné grâce au refus du permis de construire exprimé par le Tribunal Administratif.
Pour toutes ces raisons, et très au-delà de la manipulation qu'illustre la communication du Conseil départemental de l'Ariège, ce projet est inutile, inefficace, indigent et illusoire. Il pille encore une fois les ressources de notre département. C'est une attitude parfaitement vaine, vide, toute en renoncements.
(photo La Gazette)