Turenne - Corrèze "Capitale de L'ancienne Vicomté"
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TURENNE ,
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03/05/2026
Beaucoup plus tôt dans l’histoire, "Les anglais en Limousin". A paraître dans "Del Nogier ou la belle histoire d'une petite terre corrézienne" Tome II…
Les anglais en Limousin
L'histoire arrive avec le vent, portée par les voix, dans le murmure des chemins de terre et des rivières lentes. En 1152, on apprenait avec stupeur que le roi avait répudié sa femme (1) et qu’Alienor d’Aquitaine s’était remariée avec Henri, comte d’Anjou et du Maine, Duc de Normandie (2). En 1154 on disait que le Limousin était du royaume d’Angleterre puisque Henri était monté sur le trône d’Angleterre (3). Au pays des Del Nogier, rien ne changeait vraiment. La terre était la même, âpre sous les doigts, lourde après la pluie. Les paysans obéissaient encore au roi de France, leurs vies enfermées dans le cycle des saisons. Ils enfonçaient leurs mains dans la terre grasse, lourde d’humidité, ou bien dans la poussière sèche, fissurée par le soleil d’été. Ils avaient des corps taillés pour le labeur, des dos noueux, des épaules larges, et des visages où le vent et la pluie avaient creusé des sillons plus profonds que ceux des champs.
En 1156 le roi d’Angleterre faisait hommage au roi de France pour les fiefs qu’il tenait de lui au royaume de France. Ce n'était qu'un rituel, un geste figé dans le temps. En 1163, la disette frappait le païs Limousin et le setier (4) de froment se vendait sept sous, celui de seigle, cinq sous, celui d'avoine, trois sous. En 1167, il y eu une telle abondance de vin et de blé que le setier de vin se donnait pour un denier, le setier de froment pour cinq deniers, et celui de seigle pour trois deniers. L'huile n'était pas moins abondante.
En 1165 Ebles III de Ventadour aurait déclaré qu’il libérait tous ses serfs sur le domaine de Ventadour (5).
L’état d’asservissement et de sujétion à leur seigneur des paysans del Nogier nous est alors inconnu. Au début du moyen âge le manse était l'unité de base de la division des terres (6), succédant par partition à la villa gallo-romaine, et on voit quelquefois encore apparaître, bien plus t**d, les termes de « mas del Nogier » ou de « manse del Nogier », ce qui signifie probablement que le hameau, le « villaige del Nogier » était bien autrefois un manse (7), c’est à dire une parcelle délimitée appartenant au seigneur, parcelle construite, habitée par des serfs, le lieu du foyer, la demeure de la famille, l’abri, aussi, des bêtes et des récoltes (8). Et les serfs habitants du lieu portaient sans nul doute le nom du manse. Inférieurs aux hommes libres, ne pouvant se marier hors du domaine ni disposer de leur pécule sans l’autorisation du seigneur, les serfs d’ici étaient déjà des « del Nogier » attachés à la terre qu’ils cultivaient et qu’on ne pouvait leur ôter.
Les tènements peuvent quant à eux être considérés comme un produit du morcellement des manses (9), peut-être à la suite de l’accroissement démographique. A la fin du moyen âge, et alors que la terre était passée aux mains des paysans, la tenure ou le tènement était devenu l'unité de base de la division des terres, correspondant à une petite exploitation, avec maisons d'habitations, suffisante à faire vivre une famille d'agriculteurs, les « tenanciers », dont le nom se confondait avec celui du tènement. A chaque tènement correspondait une ou plusieurs maisons ou granges, c'est à dire un hameau, le « villaige ». Et il est probable que le « manse del Nogier », sur lequel était sise la chapelle de Claris, se soit morcellé en quatre ou cinq tènements, del Nogier, de Claris, del Batut, Plaziat, Charles, attestés par les palpes ultérieurs (10).
Après avoir été serfs sur leur manse, les paysans du Noger eurent la jouissance directe de leur manse, et plus t**d de leurs tènements, de son exploitation et de la perception de son produit à une date qui nous est inconnue mais qui avoisine sans doute le XIIème siècle, précédant la libération des serfs de Ventadour (11). Les moines de Tulle, comme les autres seigneurs féodaux, avaient eu jadis leurs serfs incorporés à la glèbe, cheptel humain, vendu avec elle comme le bétail, mais leur condition était sans doute moins dure que celle des serfs du château et ils furent plus tôt affranchis.
Les paysans devinrent alors propriétaires et cultivateurs et le bail à cens perpétuel devint le moyen courant de tirer un revenu du domaine seigneurial. Les paysans del Nogier payaient dorénavant le cens (la rente) à leur(s) seigneur(s) (12) et étaient en outre « taillables et corvéables à merci », c’est à dire qu’ils devaient payer l’impôt (la taille) et avaient obligation de fournir prestations et journées de travail d’hommes et bestiaux attelés (la corvée) au gré (à merci) de leur(s) seigneur(s). Mais le droit de taille et de corvée à volonté, « à merci » sera vite ramené à modération et équité et fixé par le contrat ou la coutume (13). Pour les terres dépendant de l’abbé de Tulle (Claris), il n’y avait même pas de taille (14).
En 1172, Richard, fils de Henri, était le nouveau Duc d’Aquitaine. Henri II avait obligé son épouse Aliénor à céder l’Aquitaine en apanage à leur fils puîné, Richard (15), surnommé « Cœur de Lion » qui fut couronné Duc d’Aquitaine dans la basilique Saint-Martial de Limoges en 1172.
En 1174, le païs limousin était tout entier du royaume d’Angleterre mais les vicomtes de Limoges, de Comborn, de Turenne et de Ventadour se dressaient contre Richard Cœur de Lion.
Le vieux roi Henri II continuait pourtant à garder l’autorité réelle, ne laissant même pas une ombre de pouvoir à ses fils et Aliénor, toujours populaire, détesta un mari despote et encouragea ses fils à la révolte. Henri le Jeune et Richard, avides d’indépendance, s’allient au roi de France contre leur père mais Henri II est sauvé par la discorde de ses adversaires et la mollesse de Louis VII. Après sa victoire, il devient plus modéré et pardonne à ses fils, enfermant Aliénor en prison. Richard se prosterne à ses pieds en pleurant et est rétabli dans son duché d’Aquitaine.
Richard Cœur de Lion, devenu un lieutenant docile de son père, gouverne comme lui d’une manière autoritaire et s’attire la haine des féodaux mal domptés qui le surnomment « Oc e No » (16) en raison de son caractère changeant. Richard écrase les anarchies avec ses bandes de routiers mais ceux-ci, appelés aussi les Brabançons (17), se sont abattus comme fléau de Dieu sur le Pays, saccageant et pillant villages, châteaux et églises. Aux ordres du cruel Mercadier, ils violent et rançonnent jusqu’aux portes de Tulle. C’est contre eux qu’une armée se lève, commandée par les vicomtes de Limoges et de Comborn et cette armée limousine massacre deux mille cinq cent routiers dans la plaine de Malemort le 21 Avril 1177 (18). La légende dit qu’un seul chevalier limousin, Pierre Itier, y périt (19). On ne sait si les Brabançons exercèrent la terreur jusqu’à Saint Pardoux la Croisille.
En 1180, le roi de France était Philipe Auguste (20) et la guerre éclata entre Richard Cœur de Lion, ses frères et leur père roy d’Angleterre (21). En 1182, le roy d’Angleterre aurait établi un siège du chateau de Ventadour sans réusssir à le prendre (22).
En 1187, il s’emparait le « chasteau » de Turenne (23).
En 1189, Richard Cœur de Lion devenait roi d’Angleterre et la légende raconte qu’il était grand ami du roi de France, Philippe Auguste. Ils seraient partis ensemble à la croisade avec les Vicomtes de Comborn et de Turenne (24).
Philippe Auguste avait encouragé la révolte des fils du roi, Henri II Plantagenêt, Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre. Soutenant Richard il avait entrepris la conquête du Berry et de l’Auvergne - 1188 - et envahit la vallée de la Loire. Richard Cœur de Lion devenu roi d’Angleterre, Philippe Auguste brise son alliance avec lui au cours de la troisième croisade à laquelle ils participent tous deux. En Décembre 1191, Philippe rentre en France et s’attaque aux fiefs de Richard en son absence.
En 1195, Piere de la Rocha, dit Eschafidor, donnait au monastère de Tulle le manse de « pebeyra » de la paroisse de Saint Pardoux la Croisille (25).
En 1194, Richard Cœur de Lyon, de retour de la croisade, déclarait la guerre au roi de France. En 1198, Richard cœur de Lion aurait de nouveau établit le siège des anglais devant le « chasteau » de Ventadour qu’il n’aurait de nouveau pas réussi à prendre (26). Et le roi d’Angleterre mourut au siège de Chalus en l’année 1199 (27).
En 1204, le roi de France condamnait le nouveau roi d’Angleterre Jean sans Terre, comme félon et rattachait le Limousin au royaume de France.
En 1210, l’abbé et seigneur de Tulle et del Nogier était Bernard de Ventadour (28). Archambaud (29), vicomte de Comborn, voulut imposer la nomination de Gaillard de Cardaillac, son neveu. Et Archambaud se rendit à Tulle avec une bande d’hommes armés et pénétra dans le monastère et le livra au pillage pour forcer les moines à nommer son neveu comme abbé. Et comme les moines résistaient encore, Archambaud tira son épée et en frappa les moines dont sept succombèrent (30). Le Pape imposa que soit nommé Bernard de Ventadour.
En l123, Louis VIII le Lion est roi de France (31). Et en 1226 Louis IX lui succède (32). En 1233, la peste des ardents désolait de nouveau le Limousin répandant la mort jusqu’à Saint Pardoux la Croisille. En1235, le blé fut si rare qu’avant les moissons de l'année suivante, le setier de seigle se vendait seize sous et plus, le setier de froment, vingt sous, le setier de vin blanc, quand on en pouvait en trouver, quatre sous, une pomme, six deniers et plus, selon sa grosseur, une galine (33), dix-huit deniers, une gr***de, onze sous et plus, deux prunes, un ou deux deniers. La mortalité fut si grande, cette année là, qu'on trouvait avec peine des gens pour porter les morts aux fosses. Les paysans del Nogier étaient réduits manger de l’herbe. Et la contagion du feu sacré ou mal des ardents fit encore de grands ravages en Limousin.
En 1237, l’abbé et seigneur de Tulle et del Nogier était Helie de Ventadour, neveu de Bernard, qui n’était ni clerc, ni moine. Il considérait l’abbaye comme bien de famille et s’en empara avec fraude, force et effusion de sang.
En 1257, il y eu des pluies tellement abondantes que les moissons et les raisins ne pouvaient même arriver à maturité. Il n’y eu ni grain, ni pain, ni vin cette année là et on ne mangeait dans la maison des del nogier que des châtaigne et de l’herbe à brouter.
Vers 1259, l’anglais aurait assuré sa domination sur le Limousin et le sénéchal anglais serait venu pour en prendre possession. Mais à Tulle l’abbé a affirmé que ses sujets entendaient rester dans l’obéissance au roi de France et celui-ci mis alors sous sa main la ville de Tulle et ses possessions en Limousin.
La guerre entre Capétiens et Plantagenets avait repris mais Louis IX voulait une paix définitive avec Henri III d’Angleterre et il y parvint au prix de l’abandon du Limousin, du Périgord et du Quercy au duché de Guyenne (34) du roi d’Angleterre, en échange du rattachement de la Normandie, de l’Anjou, de la Touraine et du Poitou à la couronne de France. Le traité de Paris de 1259 rendait donc le Limousin au roi d’Angleterre, Duc de Guyenne, et celui-ci voulut effectivement établir à Tulle un sénéchal pour le représenter et y rendre la justice en son nom. Tulle ferma avec courage ses portes aux officiers de justice envoyés par Henri III et, en 1269, l’abbé de Tulle protesta auprès du Parlement de Paris et obtint gain de cause. Le sénéchal anglais fut retiré. En réalité la domination anglaise sur le Limousin était très partielle car le roi de France n’y possédait que peu de domaines et le traité réservait soigneusement le privilège des seigneurs laïques ou ecclésiastiques « vassaux » de la couronne de France.
Si les limousins ne portaient pas en leur cœur Saint Louis qui les avait abandonné, les paysans del Nogier restaient quand même sous l’obéissance au roi de France.
En 1260, une tempête violente éclatait en Limousin la veille de la fête de sainte Madeleine. Le lendemain, on trouvait des loups dans le « peuch del loup » (35). Et en 1263, une autre tempête détruisit les blés et les vignes du bas-pays. En1266, une grande sécheresse tarit les sources.
En 1268, l’anglais s’emparait du « chastel » de Gymel (36). En 1270, le roi de France était Philippe le Hardy (37). Et en 1285, le roi de France était Phylipe le Bel.
Après la mort de Saint Louis, les limousins continuèrent à proclamer leur fidélité à ses successeurs. Mais les Plantagenêts virent renaître leurs espoirs quand Philippe Le Bel donna en mariage sa fille Isabelle au fils du roi d’Angleterre Edouard Ier. Ce fils devint à son tour roi d’Angleterre sous le nom d’Edouard II.
En 1306, l’abbé et seigneur de Tulle et del Nogier, Arnau de Sainct Astier commanda à Guillaume de Gourdon, son prévôt de Saint Pardoux la Croisille, de forcer Bertrand de Sainct Chamans à lui rendre l’hommage et le serment de fidélité (38).
En 1308, Pierre l’Eschamelie était seigneur de Pebeyre (39).
En 1314, le roi de France était Louis X (40). Et en 1316, le roi de France était Philippe V (41).
En 1315, et le 14 du mois de mars, noble Géraud, seigneur de La Roche, a rendu hommage-lige (42) à Bernard de Comminges, vicomte de Turenne, du château et ville de La Roche et de tout ce qu'il tient dans les paroisses de La Roche, Saint-Pardoux (43), Saint-Bazile, Saint-Martial et Lapleau, et leurs appartenances.
Le 13 Août 1317, une bulle du Pape Jean XXII érigeait le monastère et l’Abbaye de Tulle en évêché, élevant à la dignité épiscopale l'abbé Arnaud de Saint Astier (44). Par une autre bulle, du 7 Février suivant, le Pape fixa les limites du nouveau diocèse, après avoir pris l'avis des évêques de Limoges et de Tulle. L’antique chapelle de Placiacum aurait alors été érigée en prieuré et unie à la chantrerie de Tulle (45). On n’en trouve pas la mention lors de la réunion du 31 Mai 1320 (46) qui réunit tout le monastère pour procéder à la rédaction des statuts diocésains et capitulaires, les statuta magna, mais le prieur, peut-être malade, avait sans doute été empêché de descendre à Tulle.
En 1325, Laurent d'Albiars aurait été curé de l’église de Saint Pardoux la Croisille (47). En 1321, la rumeur s’était répandue que les « rougnoux » infestaient les sources (48).
En 1322, le roi de France était Charles le Bel (49) et en 1328, le roi de France était Philippe VI. Entre 1314 et 1328, les trois fils de Philippe le Bel, Louis X, Philippe V et Charles IV, se succédèrent sur le trône de France sans laisser d’héritiers mâles directs. Le roi d’Angleterre, Edouard III, petit-fils de Philippe le bel par sa mère, Isabelle, l’épouse d’Edouard II, se prétend l’héritier légitime du trône de France à la mort de Charles IV, le dernier des Capétiens directs. Les Seigneurs français repoussent les prétentions d’Edouard III car ils ne peuvent souffrir à l’idée d’obéir à un roi anglais, et le plus proche parent masculin des derniers rois, le fils de Charles de Valois, neveu de Philippe le Bel , devient roi de France en 1328 sous le nom de Philippe VI de Valois.
En 1342, l’évêque seigneur de Tulle et del Nogier était Hugues Roger qui était aussi frère du Pape et son Cardinal,. Il ne serait cependant jamais venu à Tulle.
En 1335, le roi Philippe VI, en route pour le Languedoc pour y organiser ses forces, se serait arrêté à Brive.
Le roi de France organise alors la croisade et bien que le départ en soit ret**dé, Philippe VI se montre toujours aussi déterminé pour la réaliser. En fin d'année 1335, il se déplace dans le sud de son royaume accompagné de son fils Jean, qui a été gravement malade en juin de la même année, pour suivre sur place les préparatifs du « saint voiage » et pour en discuter les modalités pratiques avec le pape. Venant de Paris, le roi est à Brive le 27 décembre. Il poursuit vers Cahors, Toulouse, Carcassonne et Béziers où il arrive le 8 février 1336. Du 15 au 22 février, il est à Montpellier où il rencontre le roi de Majorque. Il passe ensuite par Nîmes où il est début mars puis il gagne Avignon. Il ne s'y att**de guère puisqu'il est à Marseille pour Pâques, le 31 mars pour « presser l'armement des bateaux pour passer outre-mer ».
Edouard III, acceptant de plus en plus mal de prêter hommage au roi de France pour ses fiefs de Guyenne et de Ponthieu, dénonce en 1337 l’hommage au roi de France. Pour le roi d’Angleterre, l’hommage était inacceptable parce que dans son duché aux frontières parfois incertaines, baillis et sénéchaux du roi de France ne cessaient d’intervenir. Depuis 1328, Edouard III demandait une révision de la situation juridique du duché mais après huit ans de négociations les pourparlers avaient échoué et le roi d’Angleterre n’avait pas réussi à obtenir pleine souveraineté sur la Guyenne.
Pour le roi de France, l’abandon de l’hommage lige (50), lien direct de la vassalité, créait un précédent pouvant conduire à l’autonomie des grands vassaux du royaume, et donc à une remise en cause absolue de sa souveraineté. Le roi de France confisque alors les terres de son vassal anglais le 24 Mai 1337. Edouard III décide alors de conquérir le royaume qu’on lui refuse et se nomme « roi d’Angleterre et de France ». Le 1er Novembre la guerre commence.
… A suivre « La guerre de cent ans »
Notes
1 - Les scrupules religieux de Louis VII lui firent répudier Alénor d’Aquitaine sous prétexte que le mariage était consanguin.
2 - Henri Plantagenet, qui possédait dès lors l’Aquitaine, la Normandie, le Maine, l’Anjou et la Touraine, soit plus de la moitié de la France. Il fut couronné Duc d’Aquitaine dans la basilique Saint-Martial de Limoges en 1149.
3 - Henri Plantagenet, seigneur français et vassal du roi de France, devint roi d’Angleterre sous le nom d’Henri II. Un immense et menaçant empire Plantagenet se dressait dès lors au flanc du domaine capétien.
4 - Le Setier était une mesure de capacité qui valait environ 4 boisseaux ou 4 décalitres (mesure de Tulle). 70 livres : 35 kg environ.
5 - M. Deloche, Cartulaire de Beaulieu, 1165-70, p. 62. : Omnes servos meos et ancillas dimitto liberos et absolutos ab omni jugo servitute.
6 - Ce que la plupart des textes carolingiens désignent par le mot mansus.
7 - ... Johannis del nogier filio del petri … mas del nogier sancti perdulphi la crosilha… (Acte daté de 1453, in Minutes de Fabien de Selve, Notaire à Laroche - Registre 1453-1468 - Archives Départementales de la Corrèze ADC-E2947.) … et Petro dict Bolar Del Nogier tenantiario mansi del Nogier… (Transaction latine du 16 juillet 1520 entre le curé de Marsillac et les tenanciers du Nogier touchant le moulin et pré Del Chambo - Archives personnelles).
8 - Voir G. Duby, Histoire de la France rurale, T. 1, p. 382 s. Voir aussi G. Roupnel, Histoire de la Campagne Française, Plon, Terre Humaine 1984, p. 340 et s.
9 - voir R. Fage 1917, La Propriété rurale en Bas-Limousin pendant le Moyen âge et G. Clément Simon, Recherches sur l'Histoire Civile et Municipale de Tulle.
10 - ... procede a la palpe es arpentement des tenements de claris es du nogier... (Palpe du tenement de Nogier et de Claris - Archives personnelles 20 Octobre 1709, Palpe du Nogier es tènement du batut, Rante au Seigneur de Sédière - Archives personnelles 28 Octobre 1709). Les palpes recensaient les terres, tenancier par tenancier, et calculaient les rentes dues aux seigneurs du lieu).
11 - En Limousin certains restèrent cependant serfs jusqu’en 1789 !
12 - Le Vicomte de Turenne pour partie et l’abbé de Tulle pour autre partie. Plus t**d, au XIVème siècle, les barons de La Roche rendront hommage aux Vicomte de Turenne dont ils étaient vassaux pour Saint-Pardoux-la-Croisille, l’abbé de Tulle restera seigneur de l’église et des terres de Claris jusqu’au XVIIème siècle quand elles furent données aux jésuites de Tulle. Et apparaîtra la seigneurie de Sédières sur les terres du Batut.
13 - Dans les vicomtés de Ventadour et de Comborn, la taille devint casuelle et abonnée. Elle ne pouvait alors être perçue que dans quatre cas : nouvelle chevalerie, voyage outre-mer, captivité et mariage de fille. Les corvées à volonté, quant à elles, furent converties en obligation de fournir un nombre déterminé de journées de travail, ordinairement huit à douze par an, selon l’importance de la tenure. Voir G. Cl. Simon, Recherches sur l’Histoire Civile et Municipale de Tulle, p. 285 – 341.
14 - Des redevances bizarres ont longtemps subsisté : les seigneurs de Rochechouart recevaient ainsi chaque année d’un de leurs vassaux un chat noir botté, A Gimel, un tenancier devait porter le dimanche gras devant l’église un pot de terre rempli de fiente, à Laguenne, l’hommage dît la tirevesse était rendu par un homme nu, après avoir traversé un ruisseau…
15 - Henri II a partagé ses domaines de France entre ses trois premiers fils : l’ainé, Henri, prête l’hommage pour la Normandie et l’Anjou ; Richard, âgé de douze ans, pour l’Aquitaine ; Geoffroi est fiancé à l’héritière de Bretagne.
16 - Oui et Non.
17 - Au Moyen Âge, les Brabançons sont des mercenaires originaires du duché de Brabant, situé à cheval sur les les Pays-Bas et la Belqique actuels. Ce nom est devenu générique et désigne tout type de mercenaire, comme le terme de routier.
18 - La bataille de Malemort est mentionnée dans trois ouvrages médiévaux par des auteurs limousins. L’auteur le plus documenté est Geoffroy de Vigeois dans sa Chronique (éd. Philippe Labbe, Novae bibliothecae manuscript librorum, t. 2, Paris, 1658). Les Chroniques de Saint-Martial de Limoges (éd. Henri Duplès-Agier, Paris, 1874) sont quant à elles moins fournies. Quant à Bernard Itier, c’est au détour d’une simple indication biographique qu’il mentionne le massacre de Malemort dans sa Chronique (éd. Jean-Loup Lemaître, Paris, 1998).
19 - Voir Joseph Nouaillac, Histoire du Limousin et de la Marche Limousine, Lemouzi n°78 bis, p. 135 s.
20 - Philippe II succède à Louis VII le 18 Septembre 1180.
21 - Le Limousin fut effectivement troublé par une guerre familiale entre Henri II Plantagenet et ses fils. A sa mort en 1189, Henri II Plantagenet maudit ses fils qui l’avaient trahi.
22 - D. Faugeras, in Ventadour, Lemouzi n°101 p.56 et s.
23 - Voir une description des évènements dans B. Barrière, L’abbaye cistercienne d’Obazine en Bas-Limousin, Tulle 1997, p. 25 à 33.
24 - Le traité de Messine (Sicile), confirmé en 1196 par le traité d’Issoudun, stipule que le vicomte de Turenne « tiendra du roi de France ce qu’il tient et de nous (Richard) ce qu’il doit » (Justel, Histoire généalogique de la maison de Turenne, Paris 1645, Preuves, p. 35 et 37.), double allégeance qui n’est pas sans profit pour le vicomte de Turenne. Ses successeurs sauront en tirer avantages et obtiendront de l’anglais et du français franchiszes et privilèges.
25 - Pebeyre, aujourd’hui château de Pebeyre à Saint-Pardoux-la-Croisille. Champeval, Cartulaire de Tulle, Charte 626, Donum P. Eschafidor de la Rocha. Sciant tam praesentes quam futuri quod ego B., Dei gratia, tutelensis abbas, dedi et concessi P{etro} Eschafidor de la Rocha, beneficium tutelensis monasterii tam spirituale quam corporale, et monachalem habitum, cm saecularem deponere voluerit. Ipse vero P. nolens partem animae suae facere deteriorem, sed juste ac religiose de salute animae considerans, dedit se in communi capitulo, Deo et sancto Martino, totaliter sub eodem voto promiddionis se constringens, ut, mortua uxore sua, aliam non superduceret, nec ad alium ordinem iret. Dedit sitermili quatuor sextaria de siligine et duo de civada in manso de Pebera, et nunc et in perpetuum... anno ab incarnatione Domini MCXCV.
26 - D. Faugeras, op. cit.
27 - Richard Cœur de Lion, troubadour à ses heures, a été pleuré par les troubadours limousins dont il était l’idole. Ainsi, de Jaucelm Faidit : … « Le roi est mort et mille ans sont passés sans que fut jamais homme aussi preux ; je ne vis et il n’y eut jamais homme pareil à lui, si libéral, si noble, si hardi, si donneur »…
28 - Il était fils d’Ebles III de Ventadour et avait pour frères plusieurs dignitaires éclésiastiques.
29 - Archambaud IV.
30 - Si on en croit une tradition conservée à la chartreuse du Glandier, Archambaud, après avoir usé vainement de menaces et de caresses, aurait enfoncé, avec ses hommes d’armes, les portes du chapitre, et, frappant de ses propres mains, tué sept moines dans le lieu saint. (voir J. Nouaillac, Histoire de Tulle, ch. 2, Lemouzi n°157, Janvier 2001,
31 - Louis VIII, qui ne régnera que trois ans.
32 - Louis IX, dit Saint Louis, n’a que douze ans lorsqu’il est sacré roi à Reims, le 29 Novembre 1226. La régence est assurée jusqu’à sa majorité (25 Avril 1235) par sa mère, Blanche de Castille, très pieuse, qui exercera une forte influence sur le monarque.
33 - Une poule
34 - Le nom de duché de Guyenne avait été donné au duché d'Aquitaine lorsqu'il fut amoindri par les conquêtes des souverains français.
35 - peuch, dérivé du latin Pueg, signifiant le podium, la hauteur, la colline. Voir Annexe T 4 - Le Chant des terres del Nogier.
36 - E. Albe, Les suites du traité de Paris pour le Quercy, Annales du Midi, 1912. Voir aussi Poulbrière t1 p. 462. Un Roux ou Raoul de Belfort, seignour del Chastel de Gimel eut un dissentiment avec le sénéchal anglais et, ayant porté l’affaire devant le roi de France, fut puni par les anglais d’un siège rigoureux qui le contraint à capituler. Le Parlement de Paris condamna le sénéchal à rendre le château.
37 - Saint Louis avait embarqué à Aigues Mortes, le 4 Juillet 1270, pour la huitième croisade. Aussitôt débarquée sur la côte carthaginoise, l’armée française était décimé par une épidémie de peste et le souverain succombait sous les murs de Carthage (Tunis) le 25 Août. Philippe III le Hardi, son fils, est proclamé roi sous les murs de Carthage et Philippe le Bel, petit-fils de Saint Louis, sera proclamé roi en 1285.
38 - in Bulletin de Tulle 1881, p. 5 s.
39 - Champeval, Le Bas-Limousin Seigneurial et Religieux, p. 132 s.
40 - Louis X, fils de Philippe le Bel.
41 - Philippe V, autre fils de Philippe le Bel et frère de Louis X.
42 - L’hommage lige, ou hommage plein, enjoignait au vassal de défendre son seigneur contre tout ennemi et en toutes circonstances.
43 - Dont les terres de Claris et del Nogier. Ces fiefs de l’évêque de Tulle relèvent en effet, au dessus de l’évêque, des seigneurs de La Roche. Voir J.-B. Poulbrière, Mémoire sur la baronnie de La-Roche-Canillac, Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts de la Corrèze, 1879 – p.409. Voir aussi, Bulletin de Tulle 1879, Titres et Documents, p. 512 et s. Etat de ce que contient la terre de La Roche tant pour l’honnorifique que pour l’utile honnorifique (1738)… Terres et fiefs qui relèvent de La Roche… La terre de Letrange en justice. Partie de le vicomté de Sediere en justice et certains tenements sans justice… Le château et seigneurie de Pubeyre (Pebeyre) sans justice… Le college de Tulle pour la prevote de Saint Pardoux, fiefs en dependant justice basse et moyenne…
44 - Jean XXII créait à la même époque quinze autres diocèses nouveaux, sans doute pour multiplier les bénéfices à distribuer aux clercs aquitains et limousins qui constituaient la plus grande partie de la cour pontificale d’Avignon.
45 - C’est J-B Poulbrière qui nous le confirme, in Dictionnaire des paroisses du diocèse de Tulle, Tome III, 1966, p. 246. On n’en connaît pas les sources qui ne peuvent pourtant que provenir des archives du diocèse.
46 - Voir F. Ducreux, Le Chapitre Cathédral de Tulle – De ses origines à la Révolution française, Maugein 1986, p. 19.
47 - Poulbrière T3 p. 243 s.
48 - La redoutable maladie commença véritablement à envahir toute l'Europe au XIème siècle et les lépreux, sous le nom de rougnoux, mézeaux, ladres, malades, devinrent tellement nombreux qu'ils constituèrent en quelque sorte une classe de la société. A la compassion succéda vite l'ostracisme, et parfois les persécutions.
49 - Charles IV, dernier fils de Philippe le Bel et frère de Louis X et de Philippe V.
50 - L’hommage lige, ou hommage plein, enjoignait au vassal de défendre son seigneur contre tout ennemi et en toutes circonstances.
Image : Gisant d'Aliénor d'Aquitaine à l'abbaye de Fontevraud.
Beaucoup plus tôt dans l’histoire, "Les anglais en Limousin". A paraître dans "Del Nogier ou la belle histoire d'une petite terre corrézienne" Tome II…
Les anglais en Limousin
L'histoire arrive avec le vent, portée par les voix, dans le murmure des chemins de terre et des rivières lentes. En 1152, on apprenait avec stupeur que le roi avait répudié sa femme (1) et qu’Alienor d’Aquitaine s’était remariée avec Henri, comte d’Anjou et du Maine, Duc de Normandie (2). En 1154 on disait que le Limousin était du royaume d’Angleterre puisque Henri était monté sur le trône d’Angleterre (3). Au pays des Del Nogier, rien ne changeait vraiment. La terre était la même, âpre sous les doigts, lourde après la pluie. Les paysans obéissaient encore au roi de France, leurs vies enfermées dans le cycle des saisons. Ils enfonçaient leurs mains dans la terre grasse, lourde d’humidité, ou bien dans la poussière sèche, fissurée par le soleil d’été. Ils avaient des corps taillés pour le labeur, des dos noueux, des épaules larges, et des visages où le vent et la pluie avaient creusé des sillons plus profonds que ceux des champs.
En 1156 le roi d’Angleterre faisait hommage au roi de France pour les fiefs qu’il tenait de lui au royaume de France. Ce n'était qu'un rituel, un geste figé dans le temps. En 1163, la disette frappait le païs Limousin et le setier (4) de froment se vendait sept sous, celui de seigle, cinq sous, celui d'avoine, trois sous. En 1167, il y eu une telle abondance de vin et de blé que le setier de vin se donnait pour un denier, le setier de froment pour cinq deniers, et celui de seigle pour trois deniers. L'huile n'était pas moins abondante.
En 1165 Ebles III de Ventadour aurait déclaré qu’il libérait tous ses serfs sur le domaine de Ventadour (5).
L’état d’asservissement et de sujétion à leur seigneur des paysans del Nogier nous est alors inconnu. Au début du moyen âge le manse était l'unité de base de la division des terres (6), succédant par partition à la villa gallo-romaine, et on voit quelquefois encore apparaître, bien plus t**d, les termes de « mas del Nogier » ou de « manse del Nogier », ce qui signifie probablement que le hameau, le « villaige del Nogier » était bien autrefois un manse (7), c’est à dire une parcelle délimitée appartenant au seigneur, parcelle construite, habitée par des serfs, le lieu du foyer, la demeure de la famille, l’abri, aussi, des bêtes et des récoltes ( 8 ). Et les serfs habitants du lieu portaient sans nul doute le nom du manse. Inférieurs aux hommes libres, ne pouvant se marier hors du domaine ni disposer de leur pécule sans l’autorisation du seigneur, les serfs d’ici étaient déjà des « del Nogier » attachés à la terre qu’ils cultivaient et qu’on ne pouvait leur ôter.
Les tènements peuvent quant à eux être considérés comme un produit du morcellement des manses (9), peut-être à la suite de l’accroissement démographique. A la fin du moyen âge, et alors que la terre était passée aux mains des paysans, la tenure ou le tènement était devenu l'unité de base de la division des terres, correspondant à une petite exploitation, avec maisons d'habitations, suffisante à faire vivre une famille d'agriculteurs, les « tenanciers », dont le nom se confondait avec celui du tènement. A chaque tènement correspondait une ou plusieurs maisons ou granges, c'est à dire un hameau, le « villaige ». Et il est probable que le « manse del Nogier », sur lequel était sise la chapelle de Claris, se soit morcellé en quatre ou cinq tènements, del Nogier, de Claris, del Batut, Plaziat, Charles, attestés par les palpes ultérieurs (10).
Après avoir été serfs sur leur manse, les paysans du Noger eurent la jouissance directe de leur manse, et plus t**d de leurs tènements, de son exploitation et de la perception de son produit à une date qui nous est inconnue mais qui avoisine sans doute le XIIème siècle, précédant la libération des serfs de Ventadour (11). Les moines de Tulle, comme les autres seigneurs féodaux, avaient eu jadis leurs serfs incorporés à la glèbe, cheptel humain, vendu avec elle comme le bétail, mais leur condition était sans doute moins dure que celle des serfs du château et ils furent plus tôt affranchis.
Les paysans devinrent alors propriétaires et cultivateurs et le bail à cens perpétuel devint le moyen courant de tirer un revenu du domaine seigneurial. Les paysans del Nogier payaient dorénavant le cens (la rente) à leur(s) seigneur(s) (12) et étaient en outre « taillables et corvéables à merci », c’est à dire qu’ils devaient payer l’impôt (la taille) et avaient obligation de fournir prestations et journées de travail d’hommes et bestiaux attelés (la corvée) au gré (à merci) de leur(s) seigneur(s). Mais le droit de taille et de corvée à volonté, « à merci » sera vite ramené à modération et équité et fixé par le contrat ou la coutume (13). Pour les terres dépendant de l’abbé de Tulle (Claris), il n’y avait même pas de taille (14).
En 1172, Richard, fils de Henri, était le nouveau Duc d’Aquitaine. Henri II avait obligé son épouse Aliénor à céder l’Aquitaine en apanage à leur fils puîné, Richard (15), surnommé « Cœur de Lion » qui fut couronné Duc d’Aquitaine dans la basilique Saint-Martial de Limoges en 1172.
En 1174, le païs limousin était tout entier du royaume d’Angleterre mais les vicomtes de Limoges, de Comborn, de Turenne et de Ventadour se dressaient contre Richard Cœur de Lion.
Le vieux roi Henri II continuait pourtant à garder l’autorité réelle, ne laissant même pas une ombre de pouvoir à ses fils et Aliénor, toujours populaire, détesta un mari despote et encouragea ses fils à la révolte. Henri le Jeune et Richard, avides d’indépendance, s’allient au roi de France contre leur père mais Henri II est sauvé par la discorde de ses adversaires et la mollesse de Louis VII. Après sa victoire, il devient plus modéré et pardonne à ses fils, enfermant Aliénor en prison. Richard se prosterne à ses pieds en pleurant et est rétabli dans son duché d’Aquitaine.
Richard Cœur de Lion, devenu un lieutenant docile de son père, gouverne comme lui d’une manière autoritaire et s’attire la haine des féodaux mal domptés qui le surnomment « Oc e No » (16) en raison de son caractère changeant. Richard écrase les anarchies avec ses bandes de routiers mais ceux-ci, appelés aussi les Brabançons (17), se sont abattus comme fléau de Dieu sur le Pays, saccageant et pillant villages, châteaux et églises. Aux ordres du cruel Mercadier, ils violent et rançonnent jusqu’aux portes de Tulle. C’est contre eux qu’une armée se lève, commandée par les vicomtes de Limoges et de Comborn et cette armée limousine massacre deux mille cinq cent routiers dans la plaine de Malemort le 21 Avril 1177 (18). La légende dit qu’un seul chevalier limousin, Pierre Itier, y périt (19). On ne sait si les Brabançons exercèrent la terreur jusqu’à Saint Pardoux la Croisille.
En 1180, le roi de France était Philipe Auguste (20) et la guerre éclata entre Richard Cœur de Lion, ses frères et leur père roy d’Angleterre (21). En 1182, le roy d’Angleterre aurait établi un siège du chateau de Ventadour sans réusssir à le prendre (22). En 1187, il s’emparait le « chasteau » de Turenne (23).
En 1189, Richard Cœur de Lion devenait roi d’Angleterre et la légende raconte qu’il était grand ami du roi de France, Philippe Auguste. Ils seraient partis ensemble à la croisade avec les Vicomtes de Comborn et de Turenne (24). Philippe Auguste avait encouragé la révolte des fils du roi, Henri II Plantagenêt, Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre. Soutenant Richard il avait entrepris la conquête du Berry et de l’Auvergne - 1188 - et envahit la vallée de la Loire. Richard Cœur de Lion devenu roi d’Angleterre, Philippe Auguste brise son alliance avec lui au cours de la troisième croisade à laquelle ils participent tous deux. En Décembre 1191, Philippe rentre en France et s’attaque aux fiefs de Richard en son absence.
En 1195, Piere de la Rocha, dit Eschafidor, donnait au monastère de Tulle le manse de « pebeyra » de la paroisse de Saint Pardoux la Croisille (25).
En 1194, Richard Cœur de Lyon, de retour de la croisade, déclarait la guerre au roi de France. En 1198, Richard cœur de Lion aurait de nouveau établit le siège des anglais devant le « chasteau » de Ventadour qu’il n’aurait de nouveau pas réussi à prendre (26). Et le roi d’Angleterre mourut au siège de Chalus en l’année 1199 (27).
En 1204, le roi de France condamnait le nouveau roi d’Angleterre Jean sans Terre, comme félon et rattachait le Limousin au royaume de France.
En 1210, l’abbé et seigneur de Tulle et del Nogier était Bernard de Ventadour (28). Archambaud (29), vicomte de Comborn, voulut imposer la nomination de Gaillard de Cardaillac, son neveu. Et Archambaud se rendit à Tulle avec une bande d’hommes armés et pénétra dans le monastère et le livra au pillage pour forcer les moines à nommer son neveu comme abbé. Et comme les moines résistaient encore, Archambaud tira son épée et en frappa les moines dont sept succombèrent (30). Le Pape imposa que soit nommé Bernard de Ventadour.
En 1123, Louis VIII le Lion est roi de France (31). Et en 1226 Louis IX lui succède (32). En 1233, la peste des ardents désolait de nouveau le Limousin répandant la mort jusqu’à Saint Pardoux la Croisille.
En1235, le blé fut si rare qu’avant les moissons de l'année suivante, le setier de seigle se vendait seize sous et plus, le setier de froment, vingt sous, le setier de vin blanc, quand on en pouvait en trouver, quatre sous, une pomme, six deniers et plus, selon sa grosseur, une galine (33), dix-huit deniers, une gr***de, onze sous et plus, deux prunes, un ou deux deniers. La mortalité fut si grande, cette année là, qu'on trouvait avec peine des gens pour porter les morts aux fosses. Les paysans del Nogier étaient réduits manger de l’herbe. Et la contagion du feu sacré ou mal des ardents fit encore de grands ravages en Limousin.
En 1237, l’abbé et seigneur de Tulle et del Nogier était Helie de Ventadour, neveu de Bernard, qui n’était ni clerc, ni moine. Il considérait l’abbaye comme bien de famille et s’en empara avec fraude, force et effusion de sang.
En 1257, il y eu des pluies tellement abondantes que les moissons et les raisins ne pouvaient même arriver à maturité. Il n’y eu ni grain, ni pain, ni vin cette année là et on ne mangeait dans la maison des del nogier que des châtaigne et de l’herbe à brouter.
Vers 1259, l’anglais aurait assuré sa domination sur le Limousin et le sénéchal anglais serait venu pour en prendre possession. Mais à Tulle l’abbé a affirmé que ses sujets entendaient rester dans l’obéissance au roi de France et celui-ci mis alors sous sa main la ville de Tulle et ses possessions en Limousin.
La guerre entre Capétiens et Plantagenets avait repris mais Louis IX voulait une paix définitive avec Henri III d’Angleterre et il y parvint au prix de l’abandon du Limousin, du Périgord et du Quercy au duché de Guyenne (34) du roi d’Angleterre, en échange du rattachement de la Normandie, de l’Anjou, de la Touraine et du Poitou à la couronne de France. Le traité de Paris de 1259 rendait donc le Limousin au roi d’Angleterre, Duc de Guyenne, et celui-ci voulut effectivement établir à Tulle un sénéchal pour le représenter et y rendre la justice en son nom. Tulle ferma avec courage ses portes aux officiers de justice envoyés par Henri III et, en 1269, l’abbé de Tulle protesta auprès du Parlement de Paris et obtint gain de cause. Le sénéchal anglais fut retiré. En réalité la domination anglaise sur le Limousin était très partielle car le roi de France n’y possédait que peu de domaines et le traité réservait soigneusement le privilège des seigneurs laïques ou ecclésiastiques « vassaux » de la couronne de France.
Si les limousins ne portaient pas en leur cœur Saint Louis qui les avait abandonné, les paysans del Nogier restaient quand même sous l’obéissance au roi de France.
En 1260, une tempête violente éclatait en Limousin la veille de la fête de sainte Madeleine. Le lendemain, on trouvait des loups dans le « peuch del loup » (35). Et en 1263, une autre tempête détruisit les blés et les vignes du bas-pays. En1266, une grande sécheresse tarit les sources.
En 1268, l’anglais s’emparait du « chastel » de Gymel (36). En 1270, le roi de France était Philippe le Hardy (37). Et en 1285, le roi de France était Phylipe le Bel.
Après la mort de Saint Louis, les limousins continuèrent à proclamer leur fidélité à ses successeurs. Mais les Plantagenêts virent renaître leurs espoirs quand Philippe Le Bel donna en mariage sa fille Isabelle au fils du roi d’Angleterre Edouard Ier. Ce fils devint à son tour roi d’Angleterre sous le nom d’Edouard II.
En 1306, l’abbé et seigneur de Tulle et del Nogier, Arnau de Sainct Astier commanda à Guillaume de Gourdon, son prévôt de Saint Pardoux la Croisille, de forcer Bertrand de Sainct Chamans à lui rendre l’hommage et le serment de fidélité (38).
En 1308, Pierre l’Eschamelie était seigneur de Pebeyre (39).
En 1314, le roi de France était Louis X (40). Et en 1316, le roi de France était Philippe V (41).
En 1315, et le 14 du mois de mars, noble Géraud, seigneur de La Roche, a rendu hommage-lige (42) à Bernard de Comminges, vicomte de Turenne, du château et ville de La Roche et de tout ce qu'il tient dans les paroisses de La Roche, Saint-Pardoux (43), Saint-Bazile, Saint-Martial et Lapleau, et leurs appartenances.
Le 13 Août 1317, une bulle du Pape Jean XXII érigeait le monastère et l’Abbaye de Tulle en évêché, élevant à la dignité épiscopale l'abbé Arnaud de Saint Astier (44). Par une autre bulle, du 7 Février suivant, le Pape fixa les limites du nouveau diocèse, après avoir pris l'avis des évêques de Limoges et de Tulle. L’antique chapelle de Placiacum aurait alors été érigée en prieuré et unie à la chantrerie de Tulle (45). On n’en trouve pas la mention lors de la réunion du 31 Mai 1320 (46) qui réunit tout le monastère pour procéder à la rédaction des statuts diocésains et capitulaires, les statuta magna, mais le prieur, peut-être malade, avait sans doute été empêché de descendre à Tulle.
En 1325, Laurent d'Albiars aurait été curé de l’église de Saint Pardoux la Croisille (47). En 1321, la rumeur s’était répandue que les « rougnoux » infestaient les sources (48).
En 1322, le roi de France était Charles le Bel (49) et en 1328, le roi de France était Philippe VI. Entre 1314 et 1328, les trois fils de Philippe le Bel, Louis X, Philippe V et Charles IV, se succédèrent sur le trône de France sans laisser d’héritiers mâles directs. Le roi d’Angleterre, Edouard III, petit-fils de Philippe le bel par sa mère, Isabelle, l’épouse d’Edouard II, se prétend l’héritier légitime du trône de France à la mort de Charles IV, le dernier des Capétiens directs. Les Seigneurs français repoussent les prétentions d’Edouard III car ils ne peuvent souffrir à l’idée d’obéir à un roi anglais, et le plus proche parent masculin des derniers rois, le fils de Charles de Valois, neveu de Philippe le Bel , devient roi de France en 1328 sous le nom de Philippe VI de Valois.
En 1342, l’évêque seigneur de Tulle et del Nogier était Hugues Roger qui était aussi frère du Pape et son Cardinal,. Il ne serait cependant jamais venu à Tulle.
En 1335, le roi Philippe VI, en route pour le Languedoc pour y organiser ses forces, se serait arrêté à Brive.
Le roi de France organise alors la croisade et bien que le départ en soit ret**dé, Philippe VI se montre toujours aussi déterminé pour la réaliser. En fin d'année 1335, il se déplace dans le sud de son royaume accompagné de son fils Jean, qui a été gravement malade en juin de la même année, pour suivre sur place les préparatifs du « saint voiage » et pour en discuter les modalités pratiques avec le pape. Venant de Paris, le roi est à Brive le 27 décembre. Il poursuit vers Cahors, Toulouse, Carcassonne et Béziers où il arrive le 8 février 1336. Du 15 au 22 février, il est à Montpellier où il rencontre le roi de Majorque. Il passe ensuite par Nîmes où il est début mars puis il gagne Avignon. Il ne s'y att**de guère puisqu'il est à Marseille pour Pâques, le 31 mars pour « presser l'armement des bateaux pour passer outre-mer ».
Edouard III, acceptant de plus en plus mal de prêter hommage au roi de France pour ses fiefs de Guyenne et de Ponthieu, dénonce en 1337 l’hommage au roi de France. Pour le roi d’Angleterre, l’hommage était inacceptable parce que dans son duché aux frontières parfois incertaines, baillis et sénéchaux du roi de France ne cessaient d’intervenir. Depuis 1328, Edouard III demandait une révision de la situation juridique du duché mais après huit ans de négociations les pourparlers avaient échoué et le roi d’Angleterre n’avait pas réussi à obtenir pleine souveraineté sur la Guyenne.
Pour le roi de France, l’abandon de l’hommage lige (50), lien direct de la vassalité, créait un précédent pouvant conduire à l’autonomie des grands vassaux du royaume, et donc à une remise en cause absolue de sa souveraineté. Le roi de France confisque alors les terres de son vassal anglais le 24 Mai 1337. Edouard III décide alors de conquérir le royaume qu’on lui refuse et se nomme « roi d’Angleterre et de France ». Le 1er Novembre la guerre commence.
… A suivre « La guerre de cent ans »
Notes
1 - Les scrupules religieux de Louis VII lui firent répudier Alénor d’Aquitaine sous prétexte que le mariage était consanguin.
2 - Henri Plantagenet, qui possédait dès lors l’Aquitaine, la Normandie, le Maine, l’Anjou et la Touraine, soit plus de la moitié de la France. Il fut couronné Duc d’Aquitaine dans la basilique Saint-Martial de Limoges en 1149.
3 - Henri Plantagenet, seigneur français et vassal du roi de France, devint roi d’Angleterre sous le nom d’Henri II. Un immense et menaçant empire Plantagenet se dressait dès lors au flanc du domaine capétien.
4 - Le Setier était une mesure de capacité qui valait environ 4 boisseaux ou 4 décalitres (mesure de Tulle). 70 livres : 35 kg environ.
5 - M. Deloche, Cartulaire de Beaulieu, 1165-70, p. 62. : Omnes servos meos et ancillas dimitto liberos et absolutos ab omni jugo servitute.
6 - Ce que la plupart des textes carolingiens désignent par le mot mansus.
7 - ... Johannis del nogier filio del petri … mas del nogier sancti perdulphi la crosilha… (Acte daté de 1453, in Minutes de Fabien de Selve, Notaire à Laroche - Registre 1453-1468 - Archives Départementales de la Corrèze ADC-E2947.) … et Petro dict Bolar Del Nogier tenantiario mansi del Nogier… (Transaction latine du 16 juillet 1520 entre le curé de Marsillac et les tenanciers du Nogier touchant le moulin et pré Del Chambo - Archives personnelles).
8 - Voir G. Duby, Histoire de la France rurale, T. 1, p. 382 s. Voir aussi G. Roupnel, Histoire de la Campagne Française, Plon, Terre Humaine 1984, p. 340 et s.
9 - voir R. Fage 1917, La Propriété rurale en Bas-Limousin pendant le Moyen âge et G. Clément Simon, Recherches sur l'Histoire Civile et Municipale de Tulle.
10 - ... procede a la palpe es arpentement des tenements de claris es du nogier... (Palpe du tenement de Nogier et de Claris - Archives personnelles 20 Octobre 1709, Palpe du Nogier es tènement du batut, Rante au Seigneur de Sédière - Archives personnelles 28 Octobre 1709). Les palpes recensaient les terres, tenancier par tenancier, et calculaient les rentes dues aux seigneurs du lieu).
11 - En Limousin certains restèrent cependant serfs jusqu’en 1789 !
12 - Le Vicomte de Turenne pour partie et l’abbé de Tulle pour autre partie. Plus t**d, au XIVème siècle, les barons de La Roche rendront hommage aux Vicomte de Turenne dont ils étaient vassaux pour Saint-Pardoux-la-Croisille, l’abbé de Tulle restera seigneur de l’église et des terres de Claris jusqu’au XVIIème siècle quand elles furent données aux jésuites de Tulle. Et apparaîtra la seigneurie de Sédières sur les terres du Batut.
13 - Dans les vicomtés de Ventadour et de Comborn, la taille devint casuelle et abonnée. Elle ne pouvait alors être perçue que dans quatre cas : nouvelle chevalerie, voyage outre-mer, captivité et mariage de fille. Les corvées à volonté, quant à elles, furent converties en obligation de fournir un nombre déterminé de journées de travail, ordinairement huit à douze par an, selon l’importance de la tenure. Voir G. Cl. Simon, Recherches sur l’Histoire Civile et Municipale de Tulle, p. 285 – 341.
14 - Des redevances bizarres ont longtemps subsisté : les seigneurs de Rochechouart recevaient ainsi chaque année d’un de leurs vassaux un chat noir botté, A Gimel, un tenancier devait porter le dimanche gras devant l’église un pot de terre rempli de fiente, à Laguenne, l’hommage dît la tirevesse était rendu par un homme nu, après avoir traversé un ruisseau…
15 - Henri II a partagé ses domaines de France entre ses trois premiers fils : l’ainé, Henri, prête l’hommage pour la Normandie et l’Anjou ; Richard, âgé de douze ans, pour l’Aquitaine ; Geoffroi est fiancé à l’héritière de Bretagne.
16 - Oui et Non.
17 - Au Moyen Âge, les Brabançons sont des mercenaires originaires du duché de Brabant, situé à cheval sur les les Pays-Bas et la Belqique actuels. Ce nom est devenu générique et désigne tout type de mercenaire, comme le terme de routier.
18 - La bataille de Malemort est mentionnée dans trois ouvrages médiévaux par des auteurs limousins. L’auteur le plus documenté est Geoffroy de Vigeois dans sa Chronique (éd. Philippe Labbe, Novae bibliothecae manuscript librorum, t. 2, Paris, 1658). Les Chroniques de Saint-Martial de Limoges (éd. Henri Duplès-Agier, Paris, 1874) sont quant à elles moins fournies. Quant à Bernard Itier, c’est au détour d’une simple indication biographique qu’il mentionne le massacre de Malemort dans sa Chronique (éd. Jean-Loup Lemaître, Paris, 1998).
19 - Voir Joseph Nouaillac, Histoire du Limousin et de la Marche Limousine, Lemouzi n°78 bis, p. 135 s.
20 - Philippe II succède à Louis VII le 18 Septembre 1180.
21 - Le Limousin fut effectivement troublé par une guerre familiale entre Henri II Plantagenet et ses fils. A sa mort en 1189, Henri II Plantagenet maudit ses fils qui l’avaient trahi.
22 - D. Faugeras, in Ventadour, Lemouzi n°101 p.56 et s.
23 - Voir une description des évènements dans B. Barrière, L’abbaye cistercienne d’Obazine en Bas-Limousin, Tulle 1997, p. 25 à 33.
24 - Le traité de Messine (Sicile), confirmé en 1196 par le traité d’Issoudun, stipule que le vicomte de Turenne « tiendra du roi de France ce qu’il tient et de nous (Richard) ce qu’il doit » (Justel, Histoire généalogique de la maison de Turenne, Paris 1645, Preuves, p. 35 et 37.), double allégeance qui n’est pas sans profit pour le vicomte de Turenne. Ses successeurs sauront en tirer avantages et obtiendront de l’anglais et du français franchiszes et privilèges.
25 - Pebeyre, aujourd’hui château de Pebeyre à Saint-Pardoux-la-Croisille. Champeval, Cartulaire de Tulle, Charte 626, Donum P. Eschafidor de la Rocha. Sciant tam praesentes quam futuri quod ego B., Dei gratia, tutelensis abbas, dedi et concessi P{etro} Eschafidor de la Rocha, beneficium tutelensis monasterii tam spirituale quam corporale, et monachalem habitum, cm saecularem deponere voluerit. Ipse vero P. nolens partem animae suae facere deteriorem, sed juste ac religiose de salute animae considerans, dedit se in communi capitulo, Deo et sancto Martino, totaliter sub eodem voto promiddionis se constringens, ut, mortua uxore sua, aliam non superduceret, nec ad alium ordinem iret. Dedit sitermili quatuor sextaria de siligine et duo de civada in manso de Pebera, et nunc et in perpetuum... anno ab incarnatione Domini MCXCV.
26 - D. Faugeras, op. cit.
27 - Richard Cœur de Lion, troubadour à ses heures, a été pleuré par les troubadours limousins dont il était l’idole. Ainsi, de Jaucelm Faidit : … « Le roi est mort et mille ans sont passés sans que fut jamais homme aussi preux ; je ne vis et il n’y eut jamais homme pareil à lui, si libéral, si noble, si hardi, si donneur »…
28 - Il était fils d’Ebles III de Ventadour et avait pour frères plusieurs dignitaires éclésiastiques.
29 - Archambaud IV.
30 - Si on en croit une tradition conservée à la chartreuse du Glandier, Archambaud, après avoir usé vainement de menaces et de caresses, aurait enfoncé, avec ses hommes d’armes, les portes du chapitre, et, frappant de ses propres mains, tué sept moines dans le lieu saint. (voir J. Nouaillac, Histoire de Tulle, ch. 2, Lemouzi n°157, Janvier 2001,
31 - Louis VIII, qui ne régnera que trois ans.
32 - Louis IX, dit Saint Louis, n’a que douze ans lorsqu’il est sacré roi à Reims, le 29 Novembre 1226. La régence est assurée jusqu’à sa majorité (25 Avril 1235) par sa mère, Blanche de Castille, très pieuse, qui exercera une forte influence sur le monarque.
33 - Une poule
34 - Le nom de duché de Guyenne avait été donné au duché d'Aquitaine lorsqu'il fut amoindri par les conquêtes des souverains français.
35 - peuch, dérivé du latin Pueg, signifiant le podium, la hauteur, la colline. Voir Annexe T 4 - Le Chant des terres del Nogier.
36 - E. Albe, Les suites du traité de Paris pour le Quercy, Annales du Midi, 1912. Voir aussi Poulbrière t1 p. 462. Un Roux ou Raoul de Belfort, seignour del Chastel de Gimel eut un dissentiment avec le sénéchal anglais et, ayant porté l’affaire devant le roi de France, fut puni par les anglais d’un siège rigoureux qui le contraint à capituler. Le Parlement de Paris condamna le sénéchal à rendre le château.
37 - Saint Louis avait embarqué à Aigues Mortes, le 4 Juillet 1270, pour la huitième croisade. Aussitôt débarquée sur la côte carthaginoise, l’armée française était décimé par une épidémie de peste et le souverain succombait sous les murs de Carthage (Tunis) le 25 Août. Philippe III le Hardi, son fils, est proclamé roi sous les murs de Carthage et Philippe le Bel, petit-fils de Saint Louis, sera proclamé roi en 1285.
38 - in Bulletin de Tulle 1881, p. 5 s.
39 - Champeval, Le Bas-Limousin Seigneurial et Religieux, p. 132 s.
40 - Louis X, fils de Philippe le Bel.
41 - Philippe V, autre fils de Philippe le Bel et frère de Louis X.
42 - L’hommage lige, ou hommage plein, enjoignait au vassal de défendre son seigneur contre tout ennemi et en toutes circonstances.
43 - Dont les terres de Claris et del Nogier. Ces fiefs de l’évêque de Tulle relèvent en effet, au dessus de l’évêque, des seigneurs de La Roche. Voir J.-B. Poulbrière, Mémoire sur la baronnie de La-Roche-Canillac, Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts de la Corrèze, 1879 – p.409. Voir aussi, Bulletin de Tulle 1879, Titres et Documents, p. 512 et s. Etat de ce que contient la terre de La Roche tant pour l’honnorifique que pour l’utile honnorifique (1738)… Terres et fiefs qui relèvent de La Roche… La terre de Letrange en justice. Partie de le vicomté de Sediere en justice et certains tenements sans justice… Le château et seigneurie de Pubeyre (Pebeyre) sans justice… Le college de Tulle pour la prevote de Saint Pardoux, fiefs en dependant justice basse et moyenne…
44 - Jean XXII créait à la même époque quinze autres diocèses nouveaux, sans doute pour multiplier les bénéfices à distribuer aux clercs aquitains et limousins qui constituaient la plus grande partie de la cour pontificale d’Avignon.
45 - C’est J-B Poulbrière qui nous le confirme, in Dictionnaire des paroisses du diocèse de Tulle, Tome III, 1966, p. 246. On n’en connaît pas les sources qui ne peuvent pourtant que provenir des archives du diocèse.
46 - Voir F. Ducreux, Le Chapitre Cathédral de Tulle – De ses origines à la Révolution française, Maugein 1986, p. 19.
47 - Poulbrière T3 p. 243 s.
48 - La redoutable maladie commença véritablement à envahir toute l'Europe au XIème siècle et les lépreux, sous le nom de rougnoux, mézeaux, ladres, malades, devinrent tellement nombreux qu'ils constituèrent en quelque sorte une classe de la société. A la compassion succéda vite l'ostracisme, et parfois les persécutions.
49 - Charles IV, dernier fils de Philippe le Bel et frère de Louis X et de Philippe V.
50 - L’hommage lige, ou hommage plein, enjoignait au vassal de défendre son seigneur contre tout ennemi et en toutes circonstances.
Image : Gisant d'Aliénor d'Aquitaine à l'abbaye de Fontevraud.
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