12/09/2026
[Bicentenaire de la PHOTOGRAPHIE] Episode 1 : l'héliographie
Tout commence en 1816, lorsque Joseph Nicéphore Niépce entreprend de multiples recherches sur les matériaux sensibles à la lumière. Il est obsédé par une idée : « conserver » définitivement, sur un support, les images projetées au fond des chambres noires, ou camera obscura.
Niépce fait ses premiers essais dans sa propriété familiale – le domaine du Gras – située dans le village de Saint-Loup-de-Varennes, près de Chalon-sur-Saône. Pour ses premières expériences, il dispose au fond d’une chambre noire des feuilles de papier enduites de sels d’argent, connus pour noircir sous l’action de la lumière.
En mai 1816, il obtient la première reproduction d’une image de la nature : une vue depuis sa fenêtre. Les parties les plus lumineuses de l’image, recevant plus de lumière, sont celles où le papier a le plus noirci, et l’image obtenue est donc inversée : ce sont les premiers négatifs de l’histoire ! Niépce appellera ces images des « rétines ». Hélas, ces images sont instables, Niépce n’arrive pas à arrêter le processus, les sels d’argent continuant de noircir sous l’action de la lumière.
Durant plus de dix ans, Niépce essayera toute une série de produits photosensibles, de matériaux, et de techniques pour faire progresser ce procédé auquel il donnera le nom d’héliographie, soit « écriture du soleil » !
Il parviendra à fixer les images sur un support grâce au bitume de Judée, produit récupéré de ses expériences sur le premier moteur à combustion interne inventé avec son frère.
C’est ainsi que « le point de vue du Gras », sur plaque d'étain, est considéré comme la première photographie de l’histoire. Conservée depuis 1963 au Harry Ransom Center (Texas), elle reviendra en France pour être exposée au musée Niépce de Chalon-sur-Saône à partir de fin avril 2027.