01/04/2026
Budget 2026 du Département : un équilibre sous pression
A l'ordre du jour de l'Assemblée plénière du CD 31, l'examen du budget primitif. Ci-après, l'analyse de Marc Péré
Aujourd’hui, le Conseil départemental examinait le budget primitif 2026, c’est-à-dire le budget qui fixe les priorités et les moyens pour l’année à venir.
Avec près de 1,9 milliard d’euros, ce budget permet de continuer à financer les politiques essentielles : solidarité, collèges, routes, accompagnement des plus fragiles.
Mais derrière cette apparente stabilité, les marges de manœuvre se réduisent.
Le Département doit contenir ses dépenses tout en maintenant ses investissements. Cela se traduit par un recours accru à l’emprunt et une situation financière plus tendue qu’il n’y paraît.
Des recettes de plus en plus fragiles
Une part importante des recettes dépend aujourd’hui de facteurs extérieurs.
C’est le cas notamment :
• Des droits de mutation (les taxes perçues lors de la vente d’un bien immobilier), très sensibles aux fluctuations du marché ; (16% des recettes totales du Département)
• Et de la TVA, devenue une ressource majeure du Département (35% des recettes totales du Département).
👉 Sur ces 2 recettes, qui représentent donc plus de 50% des recettes totales du Département, les élus locaux n’ont aucune prise réelle.
Une contribution en forte hausse à la LGV
Le Département augmente fortement sa participation au projet GPSO, c’est-à-dire la future ligne à grande vitesse vers le Sud-Ouest (notamment Toulouse–Bordeaux). Cette contribution retrouve son rythme de croisière à 13 M€ par an, après avoir été de 7 M€ en 2025. Il s’agit là d’une réponse à l’appel de fonds émis annuellement par la Société des Grands Projets. En 2025, cet appel était de 50% de l’engagement du Département. Cette année, ce sera 100%.
C’est un choix d’investissement structurant pour le territoire, correspondant chaque année au financement d’un demi collège.
Mais une question se pose désormais clairement :
👉 Que se passera-t-il si l’État, comme cela semble se dessiner, se désengage de son financement ?
Dans ce cas, deux scénarios inquiétants :
• Soit les collectivités locales devront compenser, au prix d’un effort financier supplémentaire ;
• Soit le projet sera ret**dé, voire fragilisé, voire annulé.
Dans les deux cas, ce sont les territoires qui se retrouvent en première ligne.
Nous avons demandé et obtenu d’avoir accès au compte d’exploitation de la Société des Grands Projets. C’est en effet la SGP qui émet les appels de fonds auprès des collectivités. Nous souhaitons savoir à quoi sont utilisés les millions ainsi collectés.
Le vrai sujet : le rôle de l’État
Depuis plusieurs années, l’État réduit progressivement l’autonomie financière des collectivités : moins de fiscalité locale maîtrisée, plus de dépendance à des ressources nationales comme la TVA.
👉 En clair : les collectivités financent des politiques publiques essentielles, mais avec des ressources qu’elles ne pilotent plus.
On demande aux Départements d’agir, mais on leur retire progressivement les moyens de décider.