18/11/2016
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RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
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Unité – Dignité - Travail
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DÉCLARATION
DE SON EXCELLENCE PR. FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA
PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, CHEF DE L’ÉTAT
DEVANT LE PARLEMENT EUROPÉEN
(BRUXELLES 2016)
• Monsieur le Président,
• Honorable Mesdames et Messieurs Députés Européens,
• Mesdames et messieurs.
C’est pour moi un honneur et un réel plaisir de prendre la parole pour la première fois, devant cette auguste Assemblée, le parlement Européen, pour m’adresser directement aux illustres Représentants du peuple européen afin de présenter l’évolution de la situation dans mon pays.
L’importance et la solennité de ce moment honorent mon pays la République Centrafricaine.
C’est pourquoi, Je voudrais tout d’abord vous exprimer au nom du peuple Centrafricain tout entier ma profonde gratitude, et vous remercier pour l’opportunité que votre noble institution a bien voulu m’accorder.
Cela démontre à suffisance l’attention et la considération que vous portez à mon pays, la République Centrafricaine et en ma modeste personne.
Je désire vous remercier également, Honorables Députés pour votre constant soutien à la République Centrafricaine mon pays.
Faut il le rappeler, mon pays a connu ces dernières années les crises militaro-politiques les plus graves de son histoire, caractérisées par de multiples violations des Droits de l’Homme, la destruction et le pillage des édifices publics et privés, la destruction du tissu économique, la fracture sociale, entrainant une crise humanitaire sans précédent.
L’Union Européenne a toujours été présente, à nos côtés, par ma voix, la République Centrafricaine vous dit simplement merci.
La République Centrafricaine est reconnaissante pour l’implication de l’Union Européenne dans le suivi de la situation en République Centrafricaine dans le cadre de sa stabilisation et de sa pacification.
Toute la nation centrafricaine réitère sa profonde reconnaissance pour son soutien constant à travers des appuis multiformes, en faveur du processus de stabilisation de la République Centrafricaine, depuis la crise, le processus de la Transition Politique, jusqu'à l’organisation des élections transparentes et crédibles, aux résultats salués par tous et qui ont permis le retour à l’ordre constitutionnel aujourd’hui.
• Honorable Députés,
• Mesdames et Messieurs,
Je voudrais, pour une meilleure connaissance de mon pays, vous en faire un bref aperçu.
La République Centrafricaine est un pays Moins Avancé Sans littoral, située au cœur de l’Afrique. Elle s’étend sur une superficie de 623.000 Km2 avec une population d’environ 5 millions habitants, soit une densité de 6,6 habitants au km2, inégalement répartie sur le territoire. La République Centrafricaine partage des frontières à l’Est avec le Soudan et le Sud Soudan, à l’Ouest avec le Cameroun, au Nord avec le Tchad et au Sud avec la République Démocratique du Congo (RDC) et le Congo (Brazzaville).
Il convient également de noter que notre pays regorge d’importantes ressources naturelles, mais qui sont sous exploitées.
L’instabilité politique et les conflits internes à répétition ont ainsi plongé la population centrafricaine dans une situation d’extrême vulnérabilité.
Malgré son potentiel naturel très important, mon pays enregistre des niveaux d’indicateurs socioéconomiques très critiques. En effet, plus de 80 % de la population vit aujourd’hui avec moins de deux dollars par jour ; et l’Indice de Développement Humain (IDH) s’est considérablement détérioré, plaçant la RCA au 172ème rang sur 177 pays.
Ces indicateurs expriment à suffisance l’étendue des défis socio-économiques auxquels la République Centrafricaine doit faire face.
• Monsieur le Président,
Mon pays la République Centrafricaine revient de loin, de très loin. Elle était dans l’impasse, dans le chaos, avec le tissu économique et social totalement détruit.
Mais avec l’appui et le concours de la Communauté Internationale en général et l’Union Européenne en particulier, elle commence à se stabiliser progressivement.
Aujourd’hui, la République Centrafricaine s’inscrit dans la logique des valeurs démocratiques. Le Gouvernement, la classe politique et le peuple centrafricains ont démontré leur volonté de tourner définitivement cette page sombre de son histoire, de rompre avec la violence, pour aspirer légitimement à la paix, à la sécurité, à la justice, à la liberté et au développement, à travers sa participation massive et pacifique aux différentes échéances électorales sur toute l’étendue du territoire national.
Aujourd’hui, tous s’engagent à mutualiser les efforts afin de relever notre pays.
Monsieur le Président,
Si les efforts conjugués de tous les partenaires dont l’Union Européenne ont permis à la République Centrafricaine de faire des avancés significatives, il faut reconnaître que beaucoup reste à faire.
Les actes de violence perpétrés récemment par les ennemis de la paix dans certaines contrées de la RCA, y compris, les exactions commises par l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) de Joseph KONY, qui sévit à l’Est de la RCA, nous rappelle encore combien la situation demeure fragile.
Il est judicieux de relever également certaines stratégies de reconstitution des réseaux du mal à travers des exactions et des règlements de compte, ayant pour seul but, de fragiliser la stabilité difficilement retrouvée.
Mais, puis-je vous rassurer, de la ferme détermination et de l’engagement du Gouvernement Centrafricain à travailler inlassablement afin de consolider la paix et la cohésion sociale, et de prôner le consensus et le dialogue entre les Centrafricains qui sont des valeurs de liberté.
• Monsieur le Président,
Aujourd’hui les attentes pour le Gouvernement Centrafricain sont nombreuses et pour y parvenir, nous avons besoin de l’appui du parlement européen, nous avons besoin de chacune et de chacun de vous.
Depuis mon accession à la Magistrature Suprême de l’Etat, les priorités que mon Gouvernement s’est fixé sont relatives à la Paix, à la Sécurité, à la Restauration de l’Autorité de l’Etat, à la Relance Economique, à la Réconciliation Nationale, à la Justice et aux Droits de l’Homme.
Concernant la Paix et la Sécurité, l’impératif pour le Gouvernement consiste à appliquer très rapidement le programme du Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR).
De même, la Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS) demeure aussi une préoccupation majeure pour le Gouvernement.
Aussi, la restructuration des Forces Armées Centrafricaines (FACA) est l’objectif principal qui permettra de mettre en place une armée républicaine inclusive, professionnelle.
Pour cela, le Gouvernement Centrafricain compte sur le plaidoyer du Parlement Européen auprès du Conseil de Sécurité des Nations-Unies pour la levée totale de l’embargo sur les armes imposé à la République Centrafricaine et la formation de nos forces de Défense afin de leur permettre de mener à bien leur mission régalienne axée sur la protection de l’intégrité du territoire, des personnes et des biens.
S’agissant de la Restauration de l’Autorité de l’Etat, elle ne pourrait pleinement s’affirmer que lorsque la sécurité et la paix sont assurées et la présence des pouvoirs publics permanente sur l’ensemble du territoire national.
Concernant la Relance Economique, elle implique la remise en état des infrastructures routières, énergétiques et sociales.
Elle nécessite aussi d’opérer des choix d’investissement dans des domaines où la RCA dispose d’un potentiel important notamment les mines, l’agriculture et la forêt pouvant lui permettre d’être compétitive.
A cet effet, un plaidoyer du parlement européen auprès des Institutions financières internationales notamment le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale pour le financement des différents projets de développement s’avère indispensable. Aussi, les investisseurs européen sont conviés à venir en RCA. Ils y ont toute leur place.
Pour ce qui est de la justice et les droits de l’homme, valeurs universellement reconnues, la RCA met l’accent sur la nécessité de réhabiliter la chaine pénale pour garantir le droit des citoyens et la lutte contre l’impunité. A cet égard, il convient de renforcer les capacités de la Cour Pénale Spéciale pour la RCA.
En ce qui concerne la Réconciliation Nationale, le Gouvernement travaille actuellement sur un programme de cohésion sociale pour ressouder les fractures nées entre les communautés et rendre à nouveau le vivre ensemble possible.
• Monsieur le Président,
• Mesdames et Messieurs,
Certes, la tâche est difficile, mais pas impossible.
C’est pourquoi, nous avons encore besoin de la solidarité, des conseils et de l’accompagnement de l’Union Européenne.
La République Centrafricaine a encore et toujours besoin de vos appuis, conseils et expériences pour relever les défis que je viens d’énumérer, à travers le vote du parlement européen pour plus d’actions en faveur de mon pays, la République Centrafricaine.
• Honorables Députés,
Je vous exhorte de voir à travers moi, les cinq millions des centrafricains qui vivent dans l’extrême pauvreté, qui ne connaissent plus les premiers soins d’urgence et qui ne réclament que le droit à la dignité humaine.
Regardez ces milliers de femmes qui sont traumatisées par l’effet de l’insécurité et qui n’attendent qu’à être secourues.
Regardez ces milliers d’enfants centrafricains qui n’ont plus accès aux besoins vitaux et à l’éducation, car leurs régions sont occupées par les forces du mal.
• Monsieur le Président,
• Mesdames et Messieurs,
Je demeure convaincu que l’Union Européenne continuera à apporter son appui à la République Centrafricaine pour que celle-ci retrouve plus que jamais le chemin de la paix et du développement.
Vive l’amitié et la Coopération entre la République Centrafricaine et l’Union Européenne et que Dieu bénisse les deux peuples.
Je vous remercie.