28/08/2025
Dans le cadre des commémorations de la libération de la ville de Toulon et du var retracer le rôle et la participation, même modeste, des personnes d’origine Russe qui vivaient dans l’aire toulonnaise peut présenter un intérêt car ces actions sont peu connues et il me semble bon de leur rendre un hommage et de ne pas les oublier.
En octobre 1893 la ville de TOULON a connu un événement exceptionnel : en effet pour concrétiser l’accord de l’alliance Franco-russe la rade accueillait des bâtiments (4) de la flotte impériale Russe. Pendant une dizaine de jours de grandioses festivités TOULON devint la capitale mondiale de la diplomatie. Fidèle à ses engagements lors de la première guerre mondiale la Russie en 1916 envoya en France des soldats pour combattre sur le front. Certaines de ces brigades embarquèrent à Toulon sur des navires pour se diriger via Salonique vers le front d’orient. On trouve dans les cimetières de l’aire Toulonnaise de nombreuses tombes de ces soldats morts pour la France. Cette alliance a pris fin lors de la révolution bolchevique de 1917 en Russie. Cette révolution engendrât auprès d’une certaine catégorie de la population russe un exode et quelques familles issues de cet exode vinrent s’installer à Toulon.
En 1993 la ville de Toulon pour commémorer le centenaire de l’alliance Franco-russe invite des bâtiments de la marine Russe à participer aux festivités. Les descendants de ces familles russes venues s’établir à Toulon dans les années 1920 voulaient participer activement à ces manifestations, et sur les conseils du maire de l’époque monsieur François Trucy une association vit le jour : Les Amitiés Russes de Provence. Cette association culturelle perdure toujours elle comptait avant le covid 184 adhérents. Vu la situation internationale actuelle l’association se limite à organiser des conférences culturelles dans son local pour ses adhérents et continue toujours l’enseignement de la langue Russe.
Dans le cadre de l’anniversaire de la libération de la ville de Toulon et du var retracer le rôle et la participation, même modeste, de ces personnes d’origine Russe peut présenter un intérêt.
Lieutenant Victor Mirkin :
À l’entrée du Zénith de Toulon, juste avant le porche, il y a une plaque en bronze posée au sol commémorant les exploits peu connus du Lieutenant Victor Mirkin Compagnon de la Libération à titre posthume
Victor Mirkin naît le 19 décembre 1909 à Ekaterinoslav en Russie.
Engagé dans les forces françaises libres en octobre 1940 il débarque en Provence en août 1944, il joue un rôle important dans la libération de Toulon. Le 23 août, il obtient la reddition de 800 allemands dans le quartier de Saint-Jean-de-Var. Plus t**d, il parvient à duper le colonel allemand commandant l’arsenal de Toulon et obtient sa reddition en lui prétendant que le port est encerclé et va subir un tir d’artillerie []. Promu chef de bataillon, il obtient des responsabilités plus importantes au sein de la 1re DFL en devenant chef d'état-major de la 4 éme brigade. Le 20 novembre 1944, pendant la bataille des Vosges, l'explosion d'une mine le blesse devant Ronchant.
Le 24 novembre 1944 à Grosmagny alors qu'il mène une compagnie à l'assaut, il meurt atteint d'une b***e en pleine tête [. Inhumé à la nécropole nationale de Rougemont.
Lieutenant Gleb SIVIRINE
Son père faisait parti de cette émigration Russe issue de la révolution et il s’installa comme menuisier à Marseille et par la suite, semble-t-il, dans la ville de Toulon. Son fils Gleb Sivirine né à Odessa en 1910 il était employé au préventorium de Porquerolles. Gleb Sivirine prit le maquis en 1943 sous le pseudonyme de Vallier. Il se déplace beaucoup dans le Haut Var pour à la fois échapper à l’ennemi et faire connaître son existence (14 décrochages), puis au moment du débarquement du 15 au 23 août il traverse le département, rejoint le Massif des Maures et participe aux combats à Collobrières et Hyères d’abord et puis libère seul avec son groupe la presqu’île de Giens. Voici le témoignage du général Saint-Hillier : « Porquerolles et San Salvador se rendent aux bâtiments de guerre américains. Un groupe FFI, commandé par le lieutenant Vallier, le seul à avoir participé à notre combat, capture 154 Allemands à La Badine. » Ensuite le maquis dans son ensemble s’engage dans le bataillon d’infanterie de marine du Pacifique de la division française libre, commandée par le général Diego Brosset fait la campagne d’Alsace et de celle de l’Authion qui termine la guerre en avril 1945. Une rue de Giens et une place du village des Salles-sur-Verdon portent le nom de maquis Vallier et de Gleb Sivirine. Le 3 août 1946, il reçoit la Médaille de la Résistance avec rosette.
Après la guerre il devient professeur de mathématiques dans le Var.
Mouvement de résistants du nom de KOUTOUZOFF
Ce groupe a été crée par Alexis TETRIAKOFF installé à Toulon dans les années 1920
Groupe actif à partir de 1942 après l’invasion de la Russie par les allemands il était de tendance prosoviétique.
Ce groupe a vite pris des contacts avec des Arméniens et des Ukrainiens incorporés de force dans l'armée allemande en 1943. Lesquels en 1944 ont commencé à fournir des armes dans toute la région de La Seyne (fusils, grenades, lance-mines, mitrailleuses et pistolets). Toutes ces armes ont été camouflées entre La Bonne Mère et Le Brusc sous la surveillance des hommes déserteurs de l'armée allemande.
Le groupe a commencé à fournir des armes aux FFI de Six-Fours (Quartier TAILLAN), Le BRUSC et La SARDINE et également des armes aux FFI de La Seyne, en autre des mitrailleuses et des grenades, ainsi que les plans de toute la côte qui devaient permettre le bombardement précis des pièces lourdes des blockhaus. Ces plans ont été remis au lieutenant RICHAUD et ont été envoyés à Alger.
Les 450 hommes recrutés dans le secteur de La Seyne ont livré de violents combats à la batterie de PIERREDON.
Parlant russe couramment c’est Alexis TETRIAKOFF qui a négocié la reddition du fort de Six-Fours qui était tenu par des soldats Ukrainiens incorporés de force dans l’armée allemande.
En 1947 lui son épouse et ses 7 enfants retourneront vivre en Russie
L’enseigne de vaisseau Alexandre WASSILIEFF
Il était président d’honneur de l’association des Amitiés Russes de Provence
Né en 1918 à Odessa et décédé en 2008
Le 20 août, se présentant comme chef d’un groupe de résistance du Beausset, il offre spontanément ses services et notamment sa parfaite connaissance des environs de la ville.
Le 21 il part avec une patrouille en avant-garde d’un détachement blindé de reconnaissance et à 10H00 entre dans les faubourgs de la ville avec les premiers éléments, le commandement d’une patrouille mixte blindée motorisée de reconnaissance lui est alors confié, avec laquelle il participe aux combats de la libération de Toulon, le 23 dans la soirée, il est grièvement blessé au cours d’un engagement, place de la Liberté où « il arrivait en tête pour faire flotter le drapeau français sur la subdivision de Toulon ».
Pour cette action, il recevra sa deuxième citation, à l’ordre de l’Armée cette fois, et sera nommé chevalier de la Légion d’honneur le 18 novembre 1944, le décret de nomination soulignant en sa fin : « La conduite de ce jeune officier a fait l’admiration de tous pendant la Libération de la ville » : il a 26 ans.
Il a terminé sa carrière avec le grade d’amiral et écrivain français en publiant de nombreux ouvrages sur la marine.
Philippe KOUTSEFF
Président de l’association Les Amitiés Russes de Provence
https://association-amities-russes-de-provence.com/ https://www.facebook.com/amitiesrussesdeprovence
L'association des "Amitiés Russes de Provence" de Toulon