02/06/2026
𝗤𝘂𝗶 𝘀𝗲 𝘀𝗼𝘂𝗰𝗶𝗲 𝗲𝗻𝗰𝗼𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹’𝗮𝘃𝗲𝗻𝗶𝗿 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘀 𝗲́𝗰𝗼𝗹𝗲𝘀 ?
La fermeture d’une classe à Jules Ferry à la rentrée scolaire 2026 annoncée lors du CDEN du 10 avril n’a pas l’air d’émouvoir grand monde. Aucun élu, que ce soit au conseil municipal ou au conseil communautaire, n’a abordé la question ni pour avoir des informations sur le sujet ni pour s’alarmer des fermetures successives qui touchent le territoire de la Haute-Bigorre : Palomières (2015), Pic du Midi (2016), Campan et Achard/Carnot (2018), Pic du Midi (2022) Lesponne et Orignac/Hitte (2023), Jules Ferry et Pouzac (2024), Gerde (2025) et Jules Ferry (2026). En 10 ans, ce sont 10 classes qui ont fermé sur la CCHB.
La baisse démographie brandie comme un argument massue pour éteindre toute discussion par le ministère de l’Éducation nationale et le gouvernement a bon dos. Ce serait éventuellement entendable si durant la période de boom démographique le nombre de postes avait suivi l’augmentation du nombre d’élèves, or la réalité est tout autre. Dans les Hautes-Pyrénées par exemple, 145 postes d’enseignants ont été supprimés entre 2000 et 2026 dont 72 sur la période 2000-2010 alors que les effectifs avaient augmenté de 452 élèves sur cette période. L’argument démographique ne sert donc qu’à dissimuler l’offensive idéologique à l’œuvre depuis des années qui vise à réduire méthodiquement les moyens alloués à l’école publique au détriment des conditions d’enseignement de nos enfants et de leurs enseignants. La France est aujourd’hui parmi les pays européens de l’OCDE celui dont les nombres d’élèves par classe sont les plus hauts : 22 en primaire (contre 19 en moyenne pour las autres pays) et 26 en collège (contre 21 en moyenne dans les autres pays).
Les fermetures de classes et les suppressions de postes découlent donc avant tout d’un choix politique. La baisse démographique actuelle pourrait être une véritable opportunité pour rattraper les standards européens par la réduction du nombre d’élèves par classe, l’augmentation des salaires des personnels de l’éducation, l’ouverture de postes de remplaçants à la hauteur des besoins et qui font cruellement défaut aujourd’hui ainsi que le redéploiement des RASED (réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté) et une revalorisation des métiers de l’AESH (accompagnants d'élèves en situation de handicap) aujourd’hui sous-payés et sans statut alors qu’ils remplissent des missions essentielles pour ne laisser aucun enfant sur le bord de la route.
Les communistes de Bagnères et du Haut Adour ne s’accommodent donc pas de la fermeture de la classe à Jules Ferry cette année et des « restructurations » qui ont touché et pourraient encore toucher notre territoire. La CCHB, territoire rural et de montagne, ne peut plus se permettre de fermer encore des classes et des écoles, au risque de perdre toute vitalité sociale et économique mais aussi de voir des familles se tourner vers des écoles privées qui ont le vent en poupe en période de recul du service public et de désertification républicaine. Nous appelons les élus et la population à ne pas se résigner et se mobiliser pour redonner à l’école publique les moyens d’accomplir ses missions pour accompagner chaque enfant dans sa scolarité et son épanouissement, que ce soit en ville ou dans les villages.
Nous souhaitons également alerter sur le danger que représenterait le transfert de la compétence école des communes à la CCHB - demande insistante du Ministère de l’Education et promue par certains maires – qui permettrait à un interlocuteur unique (le président de la CCHB) de décider avec le DASEN (Directeur académique des services de l'Éducation nationale) des restructurations à proposer sur le territoire ce qui entraînerait inévitablement des fermetures d’écoles et de classes, à l’image de ce qui s’est produit dans la CC Adour Madiran à partir du transfert.
Ne laissons pas sacrifier l’éducation de nos enfants sur l’autel de l’austérité et œuvrons à faire grandir l’exigence d’une alternative politique, en rupture avec les politiques libérales actuelles, pour que l’école reste le lieu de l’émancipation de toute la jeunesse et le cœur battant de nos villes et villages.
À Bagnères,
Le 1er juin 2026