19/04/2024
Laïcité, notre règle commune.
Le récent épisode qui a vu prendre à partie et menacer violemment l’un de nos concitoyens commerçant à Strasbourg est un signal très inquiétant pour notre ville et notre société. Comme sont inquiétants et répréhensibles les insultes, les gestes déplacés, les menaces à caractère raciste et antisémite dans le cadre scolaire, de l’entreprise, dans l’espace public ou les réseaux sociaux qui attisent la haine. Nous vivons une époque difficile, traversée par des conflits armés qui s’invitent jusqu’à nous et des crises sociales à répétition qui cristallisent toutes les tensions. Mais rien ne justifie la provocation et les menaces au nom d’une religion ou de sa foi personnelle, dans notre République qui garantit à chacune et chacun sa liberté de croire ou de ne pas croire et exige de toutes et de tous le respect du cadre qui fonde et établit cette liberté, celui fixé par la laïcité. Les attaques émises au nom d’une vision extrémiste et dévoyées de l’islam sont intolérables pour les victimes et dangereuses pour les croyants musulmans eux-mêmes qui se retrouvent stigmatisés.
Dans ce contexte, la parole politique est nécessaire. Nous devons réaffirmer fortement les principes de laïcité. En tant qu’élus nous avons le devoir de porter et faire vivre ces valeurs sur les territoires qu’ils soient publics ou privés. Pour cela, il n’y a pas d’actions magiques, nous devons éduquer, échanger, chaque fois que possible, chaque fois que nécessaire les valeurs cardinales de notre République démocratique, laïque, sociale et indivisible.
La laïcité est un principe vivant, qui doit vivre avec son temps tout en restant fidèle à son esprit d’origine. À Strasbourg, pour défendre toutes les grandes émancipations sociales gagnées, il nous faut poursuivre à tout moment et en tout lieu toutes les actions qui favorisent la défense de l’universalisme républicain et lutter contre toutes les formes de discriminations liées aux origines, au sexe ou au genre, à l’âge, aux opinions ou à l’état de santé. Et cela commence par réhabiliter la laïcité pour ce qu’elle est, ni plus ni moins. Et cela nécessite aussi que l’on se souvienne. Nous réaffirmons notre souhait qu’un lieu à Strasbourg, capitale européenne, porte le nom de Samuel Paty et de Dominique Bernard pour que nous puissions nous souvenir et rendre hommage à ceux qui ont payés de leur vie leurs engagements indéfectibles pour la laïcité et pour que son respect soit notre règle commune.
Catherine Trautmann
Caroline Barriere ; Celine Geissmann ; Dominique Mastelli; Pernelle Richardot
Contact – Courriel : [email protected]