11/07/2021
Un peu d'Histoire 🇨🇵 !
101 ans jour pour jour, 11 juillet 1920 :
Eugénie de Montijo s’éteint à 94 ans à Madrid.
Impératrice des Français par son mariage avec Napoléon III, elle voit l’Empire s’effondrer sous ses yeux en 1870.
Partisane de la poursuite de la guerre malgré la captivité de son mari, elle est rapidement débordée par les libéraux (fraîchement convertis au républicanisme par opportunisme) partisans d’une paix rapide avec l’Allemagne au prix de l’Alsace Moselle.
Elle voit s’instaurer la IIIe République depuis son exil en Angleterre et vit avec fébrilité le déclenchement d’une nouvelle entre la France et l’Allemagne en 1914.
Eugénie pèse de tout son poids auprès de Clemenceau en 1918 pour s’assurer de la restitution de l’Alsace Moselle en cas de victoire.
En effet à cette période, les Américains rejettent toute idée de réintégration de ces territoires à la France, qu’ils considèrent comme des territoires allemands rattachés à la France par les accidents de l’Histoire.
Eugénie exhume alors du passé une antique correspondance de l’Empereur Guillaume Ier, au terme de laquelle ce dernier reconnaît en 1870 que l’Alsace Moselle sont des territoires français annexés par l’Allemagne à des fins de stratégies défensives.
Morceau choisi du courrier, daté du 26 octobre 1870 :
« Madame, (...)
J'aime mon pays comme vous, Madame, vous aimez le vôtre, et par conséquent je comprends les amertumes qui remplissent le cœur de Votre Majesté et j'y compatis bien sincèrement.
Mais, après avoir fait d'immenses sacrifices pour sa défense, l'Allemagne veut être assurée que la guerre prochaine la trouvera mieux préparée à repousser l'agression sur laquelle nous pouvons compter aussitôt que la France aura réparé ses forces et trouvé des alliés.
C'est cette considération seule, et non le désir d'agrandir une patrie dont le territoire est assez grand, qui me force à insister sur des cessions de territoires, qui n'ont d'autre but que de reculer le point de départ des armées françaises qui, à l'avenir, viendront nous attaquer.
Je ne puis juger si Votre Majesté était autorisée à accepter au nom de la France les conditions que demande l'Allemagne, mais je crois qu'en le faisant Elle aurait épargné à sa patrie bien des maux et l'aurait préservée de l'anarchie qui aujourd'hui menace une nation dont l'Empereur pendant vingt ans avait réussi à développer la prospérité. (...) »
En 1918, Eugénie apprend que les Etats-Unis ne sont pas favorables à la restitution de l’Alsace Moselle. Elle est sidérée d’entendre une partie des socialistes français s’aligner sur la position américaine.
C'est alors qu’elle écrit à Clemenceau pour lui apprendre l'existence de cette lettre rédigée en 1870 par Guillaume Ier.
Elle cède à Clemenceau l’original de cette correspondance dans les semaines suivantes par l'entremise d'Arthur Hugenschmidt.
Grâce à ce courrier, les Etats-Unis sont contraints d’accepter la restitution sans condition de l’Alsace Moselle au moment de l’armistice.
Eugénie meurt 2 ans plus t**d, en 1920, avec le sentiment du devoir accompli pour son pays de cœur. Elle s’éteint à 94 ans au palais de Liria à Madrid, dans son pays natal.
Elle est inhumée en la crypte impériale de l'abbaye Saint-Michel de Farnborough (Royaume-Uni), avec son époux et son fils.
En raison de la régence qu'elle a exercé au cours de la guerre de 1870, elle est la dernière femme à avoir gouverné la France avec les attributs d'un chef d'État.