03/06/2026
DECLARATION D’HÉLÈNE BACCHIOCCHI-TRINQUET, ancienne élue d’opposition de Sorgues
Je prends connaissance de commentaires sur les résultats des élections municipales de mars 2026.
Comme souvent, le débat a rapidement laissé place à des jugements sur les personnes.
Ancienne élue d’opposition durant le mandat 2020-2026, je souhaite apporter un éclairage qui dépasse les clivages et les querelles partisanes.
Personne ne conteste la légitimité du maire élu. Dans notre démocratie, les règles sont claires : celui qui obtient la majorité gouverne. C’est le principe même du suffrage universel.
Pour autant, la démocratie vit grâce au débat, au contrôle de l’action publique et à la confrontation des idées.
Rappeler qu’une part importante des électeurs s’est abstenue ou n’a pas voté pour l’équipe majoritaire ne revient pas à remettre en cause le résultat des urnes. C’est simplement rappeler qu’une diversité d’opinions existe au sein de notre commune et qu’elle mérite d’être représentée et entendue.
Le rôle de l’opposition n’est pas de s’opposer systématiquement. Il consiste à questionner, proposer, contrôler et alerter lorsque certaines décisions paraissent ne pas répondre pleinement à l’intérêt général.
Durant les six années passées au conseil municipal aux côtés de David Bellucci, nous avons exercé ce rôle avec sérieux et conviction.
Nous avons attiré l’attention sur des choix qui nous semblaient discutables en matière de priorités municipales.
Nous avons soulevé des sujets comme les PFAS, l’insécurité et la délinquance, les dangers de l’utilisation du peroxyde d’azote, l’insertion des antennes dans l’environnement, le respect des règles sur l’accessibilité des équipements publics aux personnes à mobilité réduite, nous avons également alerté sur certains aménagements susceptibles d’entraîner des dangers pour la sécurité publique et une artificialisation excessive des sols, dans un contexte où la préservation des espaces naturels constitue un enjeu majeur, etc.
Chacun est libre de partager ou non ces analyses. Mais elles relevaient d’un travail d’opposition constructif, destiné à enrichir le débat public et à défendre ce que nous estimions être l’intérêt des Sorguais.
Je constate avec regret que certains commentaires s’attachent davantage à la personnalité de David Bellucci qu’à son projet pour Sorgues.
On lui reproche parfois son caractère, son apparence, son parcours professionnel ou le fait d’être chef d’entreprise. Pourtant, ce ne sont pas ces éléments qui devraient guider le jugement des citoyens.
Au-delà de ces considérations, il est important de rappeler qu’en politique locale, les liens amicaux, familiaux, professionnels ou associatifs sont nombreux. Chacun peut avoir de l’estime pour un élu, un ami, un voisin ou un proche engagé dans la vie publique.
Mais l’intérêt général exige de savoir prendre du recul. Apprécier une personne ne doit pas empêcher d’examiner objectivement ses décisions. De la même manière, ne pas apprécier un opposant ne devrait pas conduire à écarter systématiquement ses propositions ou ses alertes.
Les questions soulevées par l’opposition méritent d’être analysées sur le fond, indépendamment des affinités ou des désaccords personnels. Une démocratie locale de qualité repose sur cette capacité à distinguer les personnes des idées qu’elles défendent.
Plusieurs propositions de l’opposition ont trouvé un écho dans les engagements de Thierry Lagneau.
Loin d’être un motif de polémique, cela démontre que les idées peuvent dépasser les clivages politiques lorsqu’elles servent l’intérêt de la ville.
C’est aussi la preuve qu’une opposition n’est jamais inutile. Elle contribue à faire émerger des propositions, à nourrir la réflexion collective et parfois à influencer positivement l’action publique.
Une majorité a besoin d’une opposition sérieuse et exigeante, tout comme une opposition a besoin d’une majorité capable d’entendre les critiques constructives. Ce dialogue, parfois vif mais nécessaire, permet d’améliorer les décisions prises au nom des habitants.
Même si les électeurs ont choisi une autre représentation pour le mandat qui s’ouvre, je reste convaincue que le pluralisme, le débat contradictoire et la vigilance citoyenne demeurent indispensables à la bonne santé démocratique de Sorgues.
Une ville ne progresse pas lorsque toutes les voix pensent à l’unisson. Elle avance lorsque des femmes et des hommes aux sensibilités différentes confrontent leurs idées avec respect et dans un seul objectif : servir l’intérêt général.
C’est pourquoi une opposition forte ne doit jamais être perçue comme un obstacle. Elle est au contraire l’une des garanties essentielles d’une démocratie locale vivante, équilibrée et au service de tous les Sorguais.
Pour conclure, je souhaite la bienvenue à David Bellucci, Nathalie Wilson et David-Alexandre Le Gall qui représentent désormais une partie des Sorguais au sein du conseil municipal. Je leur adresse tous mes vœux de réussite dans cette mission parfois difficile mais essentielle à la vie démocratique locale. Je suis certaine qu’ils sauront exercer leur mandat avec sérieux, détermination et dans le seul souci de l’intérêt général.
Pour Sorgues,
Hélène Bacchiocchi-Trinquet