Magna Soprana

Magna Soprana Magna est l'un des hameaux de la commune de Rogliano situé à la pointe nord-est de la péninsule du Cap Corse, non loin du port de plaisance de Macinaggio.

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Son histoire...

“Le hameau de Magna Soprana (Magna Suprana en corse), au nord-ouest de Magna Sottana, se trouve sur le site romain de Vicus Aurelianus. Il a été fondé dit-on 6 siècles avant notre ère. Il possède la chapelle Santu Pietru. Le hameau est dominé au nord-ouest par la crête portant les ruines du Castellacciu San Colombano. La chapelle de la Madona delle Grazie se trouve au lieu-dit Stanziasca, sur le chemin dit de Strenna menant à Vignale.”

Magna est l'un des sept hameaux de la commune de Rogliano situé à la pointe nord-est de la péninsule du Cap Corse, non loin du port de plaisance de Macinaggio.

“Rogliano : Magna Soprana, Sottana, Vignale, Olivo, Vignalello, Querciolo et Bettolacce. Là-haut, une tour génoise carrée, trace de l'occupation à laquelle mit fin, en 1553, Jacques da Mare, qui trahit son camp pour embrasser le parti du roi de France. En bas, à la verticale du lieu, une tour ronde se dresse à fleur d'eau. Construite en 1510 pour renforcer les défenses du cap Corse, elle fut, en 1793, coupée en deux, dans le sens de la hauteur, par les canons anglais, qui avaient cru pouvoir installer une vice-royauté sur la terre même de Bonaparte. C'est assez dire que ce lieu fut disputé. De simples motifs esthétiques l'expliqueraient. Rogliano, dit-on, est le plus beau village du cap. Les maisons aux toits de lause, les coulées de chêne vert et l'alliance harmonieuse de la mer et de la montagne: tout enchante. De surcroît, on y cultiva la vigne, l'olive, on y fit du charbon. Il suffit de se promener au hasard du maquis pour se cogner aux murets qui organisaient les cultures en terrasses. Aujourd'hui, la vigne reste une gloire de Rogliano et produit, sous le nom de Nicrosi, un vin blanc dont la réputation est montée jusqu'au continent. Un cru ressuscité en 1959, sur une dizaine d'hectares. Un mélange de muscat et de malvoisier, adopté par les meilleurs nez: l'exigeant Philippe Faure-Brac, élu meilleur sommelier du monde en 1992, l'inscrit à sa carte. A la mi-septembre, on fait les vendanges, et le raisin sèche au soleil selon la méthode du «passerillage» pour qu'il soit «surmûri». Les 30000 bouteilles annuelles ne suffisent plus, et Jean-Noël Luigi, l'actuel exploitant du domaine, cherche à étendre la production en bord de mer. Il y ferait aussi un vin rouge, couleur que l'on trouve actuellement au domaine de Gioielli, dont la bâtisse fut celle, en son temps, de Mgr Doria, évêque d'Ajaccio. Au XVIIIe siècle, il fit aménager une chapelle aveugle qui s'ouvrait par une porte déguisée en battants d'armoire à linge, pour officier en toute tranquillité. Les édifices religieux sont légion à Rogliano. On en dénombre 17 dans ce village qui, à son apogée, comptait 4 000 habitants. Aujourd'hui, les Roglianais ne sont plus que 600, rassemblés autour du port de plaisance. Car, là-haut, l'église est à ciel ouvert, et, si le couvent n'a pas subi le même sort, c'est grâce à Philippe Luchetten, venu de Bastia, distant d'une quarantaine de kilomètres, pour le restaurer. Autre choix de la mairie pour combattre la sécheresse du cap: la construction d'un réservoir d'eau potable de 45 000 mètres cubes, unique en Europe et importé des Etats-Unis, fonctionnant comme une outre qui se gonfle et se dégonfle au gré des pluies. Même aux heures chaudes de la journée, le vent adoucit la brûlure du soleil. C'est que la capitale de la Haute-Corse du XIIe au XVIIIe siècle se situe au milieu de la rose des vents. Ils ont tous un nom: le gregale, vent d'est glacial, la tramontane qui vient de Livourne, le mistral marseillais, le sirocco sicilien, le ponant attaquant de l'ouest et, le pire de tous, le farouche, le violent, le terrible libeccio. Il s'engouffre entre deux crêtes et tournoie jusqu'aux flots. Le cap Corse, au pied duquel se déploie Rogliano, endure de célèbres tempêtes et les livres de marine recommandent de se méfier du libeccio, de mouiller à l'abri en attendant qu'il se calme. Macinaggio est connue pour être le refuge des bateaux brinquebalés par les flots. En 1869, l'impératrice Eugénie, de retour de l'inauguration du canal de Suez, y fit une escale obligée. Sur son bateau, l' «Aigle», travaille un timonier nommé Domingo Damiani. Il est natif de Rogliano. Profitant de ce contretemps, il sollicite une permission pour monter voir sa vieille mère. Le vent tarde à tomber et il vient à l'esprit de l'impératrice de visiter le village. Eugénie, parcourant avec sa suite les sentiers d'âne qui séparent Macinaggio de Rogliano, ne laisse pas indifférente la population, qui l'acclame. De retour à Paris, elle prélève sur sa cassette personnelle la somme nécessaire à la construction d'une route. Deux bornes en marquent aujourd'hui le début et le terme: c'est le «chemin de l'Impératrice». Voilà pour la version officielle. Or il se trouve que le timonier Damiani, qui, par parenthèse, est un aïeul de José Giovanni, lui-même originaire du village, était plutôt joli garçon. On soupçonna l'origine des bienfaits de l'impératrice. Lorsqu'il revint au pays, on le titilla beaucoup sur l'affection présumée d'Eugénie. Il démentit. A la fin de sa vie, il fit appeler le curé pour une confession qui confirma la rumeur: «J'ai, avoua-t-il, pris parfois le petit déjeuner avec elle.» Quant à la famille de José Giovanni, elle occupait à Rogliano une des six «maisons des Américains». Il s'agit de belles bâtisses carrées édifiées par les Corses revenus d'Amérique, où ils étaient allés faire fortune. Rentrés les poches pleines de dollars, il firent bâtir ces habitations de trois niveaux par des architectes toscans. Les Capcorsains partirent nombreux, plus de 3000 au XIXe siècle, et, si certains s'en retournèrent, on compte par centaines les familles corses qui ont fait souche dans la Caraïbe ou à Porto Rico, cultivant le café. D'autres sont ramenés dans leur village pour goûter au repos éternel, car, comme le dit un proverbe corse, «Fais ta tombe dans ta terre et tu iras au paradis». Il n'est donc pas rare de découvrir de superbes mausolées entourés de ciste baveux et de myrte, taches blanches dans la verdure luxuriante. Pour ceux qui les voient, Rogliano a des allures de paradis sur terre.”

Sources : Wikipédia, Véronique JACOB (L’EXPRESS)