L'église Saint-Félix de Sigean, est dédiée au saint patron Félix de Gérone (San Feliu en catalan), mort en martyr en 304 dans cette même ville de Gérone est l'un des joyaux de l'art de l'histoire et de l'architecture de Sigean tant par son caractère unique que par les diverses œuvres et reliques qu'elle contient. Elle s'inscrit dans le cadre catholique français et est rattachée à la paroisse S
aint-Pierre et Saint-Paul des Étangs, elle-même rattachée au diocèse de Carcassonne et Narbonne. Le saint patron de l'église est célébré chaque 1er août par une procession dans la ville, assurée par les membres de l'Association des Amis de Saint Félix de Sigean, suivie d'une célébration dans l'église présidée par le curé de paroisse.Même si le chantier eu différents re**rds liés à la guerre franco-espagnole qui ne pris fin qu'en 1659, à un manque d'argent ou encore à des malfaçons structurelles, le chantier pris fin en 1670. En 1658, la voûte du chœur et le mur donnant sur l’esplanadenote 2 se sont écroulés. Repris en 1665, ils ont été continués par Pascal, de Marseille.La consécration de l'église Saint-Félix de Sigean fut faite par Monsieur Dagen, grand vicaire général de Narbonne, Monseigneur François Fouquet, l'archevêque de Narbonne étant absent, assisté de Monsieur Candelou, procureur fiscal, Monsieur Pierre Alaric étant recteur. Sigean disposait déjà depuis le Moyen Âge d’une église hors les murs, dédiée à Saint Félix de Gérone. Selon les spécialistes sa construction remonterait au XIIIe siècle. Elle est nommée sous le vocable de Saint-Félix au XIVe siècle1. Sigean aurait vainement réclamé à plusieurs reprises d’être pourvu d’un sanctuaire moins éloigné du centre du bourg. Le 27 novembre 1644, lors d’un conseil général, la Communauté prétextant d’un vol sacrilège commis contre leur sanctuaire extra-muros, obtint gain de cause de la part de leur Seigneur, Claude De Rebé, archevêque de Narbonne. Le prélat ayant choisi l’emplacement de la nouvelle église, en partie sur le rempart Ouest, et sur sept maisonnettes de la vieille ville, promit à la communauté de participer aux frais de façon substantielle. Le recteur en titre. Amaury, fit de même mais en se gardant bien d’avancer une somme précise. Première période 1647 – 1659
Ce fut sous l’œil de Jean Blanc, vicaire desservant de Sigean, qu’eut lieu la pose de la première pierre le 16 octobre 1647. En grande majorité, les pierres furent tirées des carrières de Portel, moyennant un droit acquitté au Seigneur du lieu. Lors des travaux de finition, en particulier pour les escaliers du parvis, une autre variété de pierre plus dure fut extraite à Sigean même : «montée de guerre», lieu-dit des «trois moulins», etc. Les moellons récupérés de la partie démolie du rempart durent être employées pour les fondations de la nouvelle église. Les pierres ont été extraites des carrières de la « montée de guerre », du lieu-dit des « trois moulins », du rempart pré-existant hérité du XIIIe siècle et de la Croisade des Albigeois mais également, pour le marbre, des carrières de marbre rouge de Caunes-Minervois. Le chantier connut différents re**rds imputables à plusieurs causes. D’abord un épisode de la guerre franco-espagnole qui ne prit fin qu'en 1659. En vain les sigeanais avaient prié leur Seigneur d’attendre la fin d’une guerre, qui les appauvrissait à plusieurs titres, pour poursuivre cette construction. Par ailleurs le prélat avait imposé à la Communauté des maîtres d’œuvres montpelliérains de son choix ; l’un d’eux au moins était un escroc. Plus les imprévus ralentirent l’avancée des travaux et plus Claude De Rebé se montrait impatient de consacrer «sa» nouvelle église de Sigean. Les entrepreneurs indélicats surent exploiter l’état d’esprit du prélat ; il leur suffisait de prétendre que tel re**rd était dû à la lenteur avec laquelle Sigean leur versait les avances exigées pour obtenir le résultat escompté. L’archevêque ordonnait alors aux autorités sigeanaises de contracter de nouveaux emprunts ; quand aucun prêteur honnête ne voulut faire d’avance à Sigean, il fallut recourir aux usuriers. Une malfaçon notoire concernant le chœur fut dénoncée fin 1655 ; cependant le prélat soutint continuellement contre Sigean, le parti de ses maîtres d’œuvres, qui lui faisaient miroiter l’achèvement prochain des travaux. En novembre1658, alors que l’un des entrepreneurs était poursuivi pour ses escroqueries, l’une des deux voûtes du chœur de l’église s’écroula avec le «coing des murailles maîtresses». Les travaux furent arrêtés de 1659 à septembre 1664. Achèvement 1664 – 1671
Après quelques années de stagnation certains membres éminents de la Communauté sigeanaise parvinrent à persuader les autres membres du Conseil qu’on ne pouvait laisser à l’abandon le chantier de la nouvelle église qui avait tant coûté à leurs pères. Il se peut que le fait qu’eux-mêmes soient astreints à payer les intérêts exorbitants que les multiples emprunts avaient généré, ait amené les sigeanais à faire achever l’église intra-muros. Cette fois le chantier fut confié à un ingénieur honnête et compétent, M. PASCAL. Ce marseillais était en train d’assécher l’étang qui deviendra le domaine de Sainte Croix. Non seulement il lui incomba de corriger certaines malfaçons de ses prédécesseurs, mais il le fit malgré le peu de moyens de la Communauté. Les procès que Sigean intenta aux héritiers de Claude De Rebé et au «théologat» M. Amaury, qui leur avait jadis promis des subsides, ne leur procura aucune compensation. Quant au nouvel archevêque, François de Fouquet, s’il avait émis le vœu que la nouvelle église soit terminée, il délégua à son Vicaire Général et à des laïcs de haut rang la supervision de l’avancement des travaux. Pour sa part il apparaît qu’il joua de son statut de Président des Etats du Languedoc pour faire obtenir à Sigean quelque fonds ; il s’agissait essentiellement des sommes compensatoires dues aux paroisses ayant servi d’étapes à des gens de guerre. A plusieurs reprises, les Etats du Languedoc, bien que Sigean ait fourni les justificatifs adéquats, s’étaient dispensé de régler ce défraiement ou l’avait fortement minoré. « Sigean, le 8 juin 1670, Dimanche de l’Octave du St Sacrement de l’Autel ; en l’absence de Monseigneur l’Archevêque de Narbonne, François De FOUQUET, M. D’AGEN son Grand Vicaire, a procédé à la bénédiction de la nouvelle église construite sur la place & dédiée à St Félix martyr, et il l’a érigée en paroisse ; il fut assisté de M. CANDELOU, procureur fiscal, de M. François AUGUSTIN archiprêtre de Roquefort, de M. Pierre JACQUES recteur de La Palme et de moi (Pierre ALALARIC/GOUGES) Recteur de Sigean soussigné et de mes prêtres (2 vicaires « étrangers » et le purgatorier). Le Très Saint Sacrement, les reliques et autres choses précieuses, y ont été transportées en procession, de la vieille église (St Félix extra-muros) ; M. D’AGEN nous a offert en outre une côte de st Prosper, martyr, qui sera mise dans un reliquaire et exposée à la dévotion du public. Dorénavant il faudra considérer que l’église paroissiale de Sigean est celle-ci et non plus l’église champêtre. « En memoire de quoy » signé ALARIC Recteur. [extrait des délibérations du Conseil de Sigean]. Monsieur Pierre Alaric, d’une très ancienne famille sigeanaise, recteur de la paroisse depuis 1661 fut donc le premier à exercer son ministère dans la nouvelle église, avant son achèvement en 1671. Peut-être du fait que plusieurs prêtres et des membres des familles de notables avaient été ensevelis dans Saint Félix du Calvaire, l’ancienne église ne fut livré à la démolition qu’en 1740 ; le chantier devait probablement inclure le clocher attenant, comme l’église, au mur du cimetière et situé à l’Est et un ancien petit sanctuaire dédié à Saint Martin, contiguë au porche de St Félix, côté rue St Martin. Ce ne fut qu’en 1874 que fut édifié sur cet emplacement un Chemin de Croix, situé dans l'actuel Calvaire (direction Portel-des-Corbières).