14/09/2026
9 septembre 2026. Ils ont été mobilisés sur tous les fronts cet été. Alors que la France a été confrontée à une nouvelle saison particulièrement éprouvante sur le front des incendies, avec près de 100 000 hectares brûlés, les sapeurs-pompiers veulent désormais se faire entendre. La Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF) annonce une grève du 8 septembre au 20 octobre. Une mobilisation avant tout symbolique : malgré le mouvement, les soldats du feu continueront d'assurer normalement leurs interventions et de porter secours à la population.
Mais derrière cette grève, la colère est bien réelle. Les pompiers dénoncent notamment des moyens qu'ils jugent insuffisants face à l'augmentation et à la multiplication des risques, notamment les incendies, mais aussi les conséquences du changement climatique et les situations d'urgence qui se multiplient.
Pour Éric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, il faut désormais revoir en profondeur l'organisation de la protection des populations. « Le seul sujet aujourd'hui, c'est d'organiser une manœuvre autour de la création d'un ministère de la Protection des populations et des situations d'urgence », estime-t-il.
Le porte-parole souligne notamment les liens étroits entre les questions de prévention des incendies, d'environnement et de sécurité civile. « Quand je travaille avec le ministère de l'Écologie, je suis en phase avec eux sur plein de domaines », explique-t-il, citant notamment l'obligation légale de débroussaillement et la prévention des risques.
Les mêmes enjeux concernent également le ministère de l'Intérieur, qui a aujourd'hui la responsabilité de la sécurité civile. Pour Éric Brocardi, cette organisation peut conduire à des doublons et à un manque de lisibilité : « Ça veut dire qu'on fait déjà deux fois la même chose ».
La Fédération estime donc nécessaire de repenser la manière dont les pouvoirs publics anticipent et gèrent les situations d'urgence. L'objectif n'est pas seulement de réclamer davantage de moyens pour les pompiers, mais aussi de mieux coordonner les politiques de prévention et les messages adressés à la population. « Il y a des économies effectivement à faire », reconnaît Eric Brocardi, mais elles doivent passer, selon lui, par une meilleure organisation et une optimisation des moyens plutôt que par une réduction des capacités opérationnelles.
Car pour les sapeurs-pompiers, le modèle consistant à compter sur leur capacité à intervenir malgré des moyens limités atteint ses limites. « Les sapeurs-pompiers ne sont pas le fusible en permanence de toutes les solutions », dénonce le porte-parole.
Source : Radiofrance
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