17/11/2025
Anti-mafia, pro-intimidation ? 🤔
Hier, lors de la manifestation « anti-mafia » à Bastia, j’ai été prise à partie par plusieurs personnes en tête de cortège.
Je veux rappeler que j’étais sur place pour une seule raison : faire mon travail de journaliste. Informer, couvrir la mobilisation, relayer les revendications, donner la parole à celles et ceux qui souhaitaient s’exprimer. Rien d’autre...
Pourtant, en raison de la couleur de la bonnette de mon micro et de mon appartenance à la rédaction de , certains manifestants m’ont prise à partie de manière ouverte et agressive : insultes, intimidations, refus de me laisser travailler, appels lancés aux autres pour qu’ils ne répondent surtout pas à mes questions, et plusieurs injonctions à « dégager » parce que je « n’étais pas la bienvenue ». Leur objectif était clair : me faire taire et m’écarter du cortège.
C’est la première fois, sur mon île, que je vis une telle situation dans le cadre d’une manifestation — j’en ai pourtant couvert des centaines, sur tous les sujets et dans tous les contextes…
Il y a un paradoxe douloureux à voir défiler des personnes derrière des slogans comme « La mafia dehors », « Le silence tue », ou « La mafia tue », tout en adoptant des comportements visant précisément à faire taire une journaliste!
On ne peut pas dénoncer l’omertà en tentant d’imposer la sienne…
La liberté de la presse et le pluralisme ne sont pas des options. Ils sont au cœur de la démocratie. Ils ne varient pas selon la couleur d’un micro ou le nom d’une rédaction.
Ce que je retiens, malheureusement, c’est que certains, tout en prétendant combattre les méthodes mafieuses, se permettent d’en reproduire les mécanismes : intimidation, exclusion, pression collective.
Je continuerai malgré tout à faire mon métier : avec rigueur, honnêteté, sans jamais céder à la peur ni à la partialité — et en portant fièrement les couleurs de la chaîne que je représente.
KL