12/06/2026
🎷 𝐃𝐚𝐧𝐢𝐞𝐥 𝐇𝐮𝐜𝐤, 𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐫𝐧𝐢𝐞𝐫 𝐬𝐚𝐥𝐮𝐭 𝐚̀ 𝐮𝐧 𝐠𝐫𝐚𝐧𝐝 𝐦𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐮 𝐣𝐚𝐳𝐳
𝑭𝒊𝒈𝒖𝒓𝒆 𝒎𝒂𝒋𝒆𝒖𝒓𝒆 𝒅𝒖 𝒋𝒂𝒛𝒛 𝒇𝒓𝒂𝒏𝒄̧𝒂𝒊𝒔, 𝒍𝒆 𝒔𝒂𝒙𝒐𝒑𝒉𝒐𝒏𝒊𝒔𝒕𝒆 𝒆𝒕 𝒄𝒉𝒂𝒏𝒕𝒆𝒖𝒓 𝑫𝒂𝒏𝒊𝒆𝒍 𝑯𝒖𝒄𝒌 𝒔’𝒆𝒔𝒕 𝒆́𝒕𝒆𝒊𝒏𝒕 𝒍𝒆 25 𝒂𝒗𝒓𝒊𝒍 2026. 𝑹𝒆𝒄𝒐𝒏𝒏𝒖 𝒑𝒐𝒖𝒓 𝒔𝒐𝒏 𝒕𝒂𝒍𝒆𝒏𝒕 𝒆𝒙𝒄𝒆𝒑𝒕𝒊𝒐𝒏𝒏𝒆𝒍 𝒅𝒆 « 𝒔𝒄𝒂𝒕 », 𝒔𝒐𝒏 𝒉𝒖𝒎𝒐𝒖𝒓 𝒄𝒐𝒎𝒎𝒖𝒏𝒊𝒄𝒂𝒕𝒊𝒇 𝒆𝒕 𝒔𝒂 𝒈𝒓𝒂𝒏𝒅𝒆 𝒈𝒆́𝒏𝒆́𝒓𝒐𝒔𝒊𝒕𝒆́, 𝒊𝒍 𝒂𝒗𝒂𝒊𝒕 𝒄𝒉𝒐𝒊𝒔𝒊 𝒅𝒆 𝒔’𝒊𝒏𝒔𝒕𝒂𝒍𝒍𝒆𝒓 𝒂̀ 𝑺𝒂𝒊𝒏𝒕-𝑺𝒆́𝒃𝒂𝒔𝒕𝒊𝒆𝒏-𝒅’𝑨𝒊𝒈𝒓𝒆𝒇𝒆𝒖𝒊𝒍𝒍𝒆 𝒆𝒏 1998. 𝑺𝒐𝒏 𝒆́𝒑𝒐𝒖𝒔𝒆, 𝑴𝒐𝒏𝒊𝒒𝒖𝒆, 𝒓𝒆𝒗𝒊𝒆𝒏𝒕 𝒔𝒖𝒓 𝒍𝒆 𝒑𝒂𝒓𝒄𝒐𝒖𝒓𝒔 𝒅𝒆 𝒄𝒆𝒕 𝒂𝒓𝒕𝒊𝒔𝒕𝒆 𝒉𝒐𝒓𝒔 𝒅𝒖 𝒄𝒐𝒎𝒎𝒖𝒏 𝒒𝒖𝒊 𝒂 𝒎𝒂𝒓𝒒𝒖𝒆́ 𝒑𝒍𝒖𝒔𝒊𝒆𝒖𝒓𝒔 𝒈𝒆́𝒏𝒆́𝒓𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏𝒔 𝒅𝒆 𝒎𝒖𝒔𝒊𝒄𝒊𝒆𝒏𝒔 𝒆𝒕 𝒅𝒆 𝒑𝒂𝒔𝒔𝒊𝒐𝒏𝒏𝒆́𝒔 𝒅𝒆 𝒋𝒂𝒛𝒛.
Né le 22 mars 1948 à Paris, Daniel Huck grandit dans une famille qui n’est pas particulièrement mélomane. À seulement deux ans, Daniel reçoit pourtant son premier 78 tours de Sidney Bechet. Autodidacte, il ne saura jamais lire une partition et revendiquera même cette singularité avec malice. « 𝐼𝑙 𝑒𝑛 𝑓𝑎𝑖𝑠𝑎𝑖𝑡 𝑢𝑛 𝑐ℎ𝑒𝑣𝑎𝑙 𝑑𝑒 𝑏𝑎𝑡𝑎𝑖𝑙𝑙𝑒 », sourit son épouse. Mais doté d’une oreille exceptionnelle et d’un sens inné de la musique, il développe très tôt un talent remarquable.
Adolescent, il joue avec des camarades de lycée dans un premier orchestre. Après une tentative peu concluante au trombone, il découvre le s**t, puis loue son premier saxophone alto. Sans jamais prendre un seul cours, il apprend seul, en écoutant inlassablement les grands maîtres du jazz. Son instinct, son sens du rythme et son phrasé unique lui ouvrent rapidement les portes du milieu professionnel. Au fil des années, Daniel Huck s’impose comme l’une des références du jazz français. Récompensé par le Prix Sidney Bechet en 1982 puis par le prestigieux Prix Django Reinhardt en 1997, il séduit autant par sa virtuosité que par son énergie communicative. « 𝐶’𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡 𝑢𝑛 𝑣𝑒́𝑟𝑖𝑡𝑎𝑏𝑙𝑒 𝑚𝑢𝑠𝑖𝑐𝑖𝑒𝑛 𝑑𝑒 𝑗𝑎𝑧𝑧, 𝑎𝑢𝑠𝑠𝑖 𝑎̀ 𝑙’𝑎𝑖𝑠𝑒 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑒 𝑟𝑒́𝑝𝑒𝑟𝑡𝑜𝑖𝑟𝑒 𝑐𝑙𝑎𝑠𝑠𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑞𝑢𝑒 𝑚𝑜𝑑𝑒𝑟𝑛𝑒. 𝑃𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑢𝑖, 𝑙𝑒 𝑗𝑎𝑧𝑧 𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡 𝑎𝑣𝑎𝑛𝑡 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑢𝑛 𝑒́𝑡𝑎𝑡 𝑑’𝑒𝑠𝑝𝑟𝑖𝑡 », souligne Monique.
C’est au début des années 1990 que leurs chemins se croisent à Paris. Institutrice, Monique fréquente régulièrement les clubs de jazz de la capitale. De leur rencontre naît une belle histoire d’amour, puis deux fils, Charles et Louis. Souhaitant offrir à leur famille un cadre de vie plus proche de la nature, le couple choisit de s’installer dans le Gard. Monique connaît déjà bien les Cévennes, où elle passait ses vacances d’enfance auprès de sa grand-mère, dans la vallée de la Vis. L’année 1998 marque ainsi leur arrivée à Saint-Sébastien-d’Aigrefeuille, mais aussi leur mariage dans la commune. Très investie dans la vie locale, Monique Huck sera plus t**d conseillère municipale.
« 𝐷𝑎𝑛𝑖𝑒𝑙 𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡 ℎ𝑒𝑢𝑟𝑒𝑢𝑥 𝑖𝑐𝑖. 𝐼𝑙 𝑎 𝑡𝑟𝑒̀𝑠 𝑣𝑖𝑡𝑒 𝑡𝑟𝑜𝑢𝑣𝑒́ 𝑠𝑎 𝑝𝑙𝑎𝑐𝑒, 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑒𝑛 𝑝𝑜𝑢𝑟𝑠𝑢𝑖𝑣𝑎𝑛𝑡 𝑠𝑎 𝑐𝑎𝑟𝑟𝑖𝑒̀𝑟𝑒 𝑒𝑛 𝐹𝑟𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑒𝑡 𝑎̀ 𝑙’𝑖𝑛𝑡𝑒𝑟𝑛𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑎𝑙 », se souvient-elle. Sur scène, ce qu’il aimait avant tout, c’était le partage avec le public. « 𝑄𝑢’𝑖𝑙 𝑦 𝑎𝑖𝑡 𝑑𝑖𝑥 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑜𝑢 𝑑𝑒𝑢𝑥 𝑚𝑖𝑙𝑙𝑒, 𝑐𝑒𝑙𝑎 𝑛𝑒 𝑐ℎ𝑎𝑛𝑔𝑒𝑎𝑖𝑡 𝑟𝑖𝑒𝑛 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑢𝑖. 𝐶𝑒 𝑞𝑢𝑖 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑡𝑎𝑖𝑡, 𝑐’𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡 𝑙𝑒 𝑠𝑤𝑖𝑛𝑔, 𝑙’𝑒́𝑛𝑒𝑟𝑔𝑖𝑒 𝑒𝑡 𝑙’𝑒́𝑚𝑜𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑢 𝑚𝑜𝑚𝑒𝑛𝑡. » Loin des projecteurs, Daniel Huck se révélait plus discret. Grand lecteur, passionné d’histoire, de géographie et de géopolitique, il avait d’autres centres d’intérêts. Chez lui, il ne répétait pas du tout : sa musique venait avant tout de l’instinct.
La passion musicale s’est naturellement transmise à ses deux fils, aujourd’hui musiciens professionnels. « 𝐼𝑙 𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡 𝑒𝑥𝑖𝑔𝑒𝑎𝑛𝑡 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑒𝑢𝑥, 𝑚𝑎𝑖𝑠 𝑡𝑜𝑢𝑗𝑜𝑢𝑟𝑠 𝑏𝑖𝑒𝑛𝑣𝑒𝑖𝑙𝑙𝑎𝑛𝑡, 𝑎𝑠𝑠𝑢𝑟𝑒 𝑀𝑜𝑛𝑖𝑞𝑢𝑒. 𝐼𝑙 𝑙𝑒𝑠 𝑎 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑚𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑒𝑛𝑐𝑜𝑢𝑟𝑎𝑔𝑒́𝑠 𝑒𝑡 𝑎𝑐𝑐𝑜𝑚𝑝𝑎𝑔𝑛𝑒́𝑠 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑝𝑎𝑟𝑐𝑜𝑢𝑟𝑠. » La famille a même partagé la scène au sein d’un orchestre familial qui a donné une quinzaine de concerts.
À Saint-Sébastien-d’Aigrefeuille, Daniel Huck était une personnalité appréciée et familière. Beaucoup l’ont croisé lors des manifestations communales où il avait plaisir à se produire. Jusqu’à ses derniers jours, la musique est restée le fil conducteur de son existence.