16/05/2023
Du 19 au 24 mai 2023, vous pouvez retrouver l’exposition "Cité Champagne 1990" à la galerie Le 115 Galerie D'art, rue d’Isle à Saint Quentin. Vous pourrez découvrir les photos de Moïse De Faria, un ancien habitant du Quartier Champagne. Il nous offre 80 portraits de jeunes habitants de son quartier dans les années 1990.
Communiqué de presse :
Ils s'appellent Gérard, Medhy, Azize, Toco, Christelle, Béna, Louisa, Touti, Balil, Simone, johnny... ça pourrait être les jeunes de n'importe quelle cité HLM de France mais tous ont vécu ou côtoyé un même quartier de Picardie en 1990 : la cité Champagne. Construite en 1970, c'est un quartier enclavé à 2 pas de l'hôpital de Saint-Quentin.
Né en 1971, j'ai vécu vingt ans à «Champagne». J'y ai vécu mon enfance, mon adolescence et le début de ma jeunesse. J'y ai appris à faire du roller avec Gérard, j'ai découvert «Prince» grâce à René, le ski avec Claudette Lemire, le Sénégal avec Maurice, les premiers baisers avec Fatima... Vingt années d'insouciance et de petits bonheurs, vingt années de joie et d'apprentissages.
J'avais 19 ans et j'étudiais aux beaux-arts lorsque j'ai réalisé ces photographies. Avec mon appareil je saisissais notre quotidien. Je photographiais les enfants, les ados et les jeunes adultes que nous étions alors, je gardais une trace de nos jeux, nos soirées et nos fous-rires. à la fois spectateur et acteur, j'étais le témoin de nos instants heureux, capturant ces souvenirs sur mes pellicules noir et blanc.
En 1990, je n'avais pas conscience que ce projet, que je ne nommais pas encore comme tel, serais le point de départ, l'acte fondateur de ma démarche d'auteur. Depuis, mes préoccupations sociales ont guidées mes engagements professionnels et éthiques.
Mon quartier a été détruit et réhabilite comme tant d'autres cités en France. De ces années il ne reste que les souvenirs. Il est aujourd'hui pour moi indispensable de garder en mémoire ces moments, de rendre hommage aux populations qui habitaient ces quartiers. Cette exposition et ce livre participent à ce travail de mémoire. Une fois les bâtiments détruits, ce sont les traces tangibles qui prouvent que ces moments ont existé.