06/05/2026
COUP DE GU**LE : TF1 ou l’art de salir ceux qui soignent
J’ai visionné l’enquête de TF1 sur les sociétés de transports sanitaires. Résultat ? Une déconnexion totale, un mépris des réalités de terrain et un amalgame proprement immonde. En tant que dirigeant, je refuse de laisser cette désinformation passer.
Vous voulez du "clivant" ? En voici.
🛑 Le fantasme de la fraude vs La réalité certifiée
On nous parle de fraude aux kilomètres ? C’est techniquement impossible pour 90% des sociétés qui ont certifiés leurs flux. Tout est automatisé entre le départ et l'arrivée. Le reportage va chercher des brebis galeuses dans notre capitale pour salir les entreprises vertueuses de nos campagnes. C'est de la paresse journalistique, du lobbying ou de la malveillance ?
🛑 L’hypocrisie du "transport partagé"
TF1 s'insurge de voir deux patients dans une ambulance ? C'est interdit, aujourd'hui. Mais savez-vous que l'État vient de voter un décret pour l'autoriser demain ? Demain, les "fraudeurs" d'aujourd'hui seront les modèles de l'Assurance Maladie.
De notre côté, on nous harcèle pour faire du transport assis partagé (VSL). Nous le faisons (35% de nos trajets), non par plaisir de tasser les gens, mais parce que c'est la seule survie économique qu'on nous laisse. On ne peut pas nous demander d'être rentables, écolos, et nous reprocher ensuite de mutualiser les trajets !
🛑 La chasse aux "Bons de transport" : On fait le boulot des autres !
On nous reproche d'effectuer les transports sans prescription médicale au préalable ? Redescendez sur terre, descendez de vos tours d'ivoires ! Les médecins sont sous l'eau quand ils existent encore, la paperasse explose. Dans 90% des cas, nous partons sans la prescription pour permettre l'accès aux soins à nos patients. Nous passons nos journées / soirées à courir les cabinets médicaux pour récupérer ces documents. C’est le rôle du patient, nous le faisons gracieusement. Sans nous, le système de soin s'effondre, mais c'est nous qui sommes traités de voleurs. Imagine-t-on un seul instant obliger les pharmaciens à courir après chaque ordonnance une fois les médicaments déjà fournis ? C'est pourtant le mépris administratif que nous subissons au quotidien.
🛑 "Chiffre, chiffre, chiffre" : Le mépris des salariés
Le reportage nous fait passer pour des négriers. C’est insupportable. Dans nos entreprises, pour garder nos salariés, on se bat : semaine de 4 jours, moins de gardes, vie de famille protégée. La qualité de vie au travail est au cœur de nos journées. On sous-traite des trajets à des VTC ? Avez-vous déjà vu un Uber à Plounevez-Lochrist ou à Carhaix ? Votre reportage est un miroir déformant qui ne voit pas plus loin que le périphérique parisien. Il existe bien quelques VTC dans les villes moyennes, mais jamais ils ne feront notre travail, car il n'est pas assez rémunérateur.
🛑 L’État nous saigne, les médias nous achèvent
Nos entreprises sont au bord du gouffre : inflation, carburant, normes absurdes. Et pendant que nous luttons pour survivre, les grands groupes de presse tirent sur notre activité pour faire de l'audience, pointant du doigt les 6 milliards d'euros du transport sanitaire comme s'il s'agissait d'un luxe, alors que c'est le dernier lien vital pour nos patients et nos déserts médicaux. Ce n'est pas le chauffeur qui transporte un dialysé à 5h du matin qui coûte "trop cher" à la France.
Il est déplorable de voir que ce système préfère désigner les soignants et les transporteurs sanitaires comme les boucs émissaires de la dette publique.
Avez-vous seulement pris la peine de rappeler que la France a fait le choix du virage ambulatoire et de l’hospitalisation à domicile ? Ces dispositifs sont d’immenses sources d’économies sur les frais d’hébergement hospitalier. Mais votre analyse superficielle semble ignorer une évidence mathématique : moins de nuits à l’hôpital, c’est mécaniquement plus de transports. Ces trajets coûtent infiniment moins cher qu’un lit d'hôpital.
Le 8 avril dernier, nous avons manifesté. Le 27 avril, on nous a "claqué la porte au nez". Ce reportage est l'étincelle de trop. Vous êtes en train de pousser une profession entière à bout. Si demain nous décidons d'arrêter de rouler pour montrer ce qu'est une France sans ambulances, ce sont les patients que vous prenez en otage par votre démagogie.
C’est un constat qui revient souvent : l’impression que la discussion calme est devenue un luxe inaudible et que seul le rapport de force fait bouger les lignes.
La réalité, loin des plateaux TV, c'est celle d'entreprise à bout de souffle. Nous recevons quotidiennement les appels de confrères qui ne peuvent plus faire face : salaires, entretien du matériel, renouvellement d'une flotte de véhicules toujours plus coûteuse... le point de rupture est atteint. Ces entreprises de transport sanitaire sont les veines de notre système de santé ; si elles s'arrêtent, c'est tout l'accès aux soins qui fait un arrêt cardiaque.
Il est facile de faire de l'audience sur des préjugés, il est plus noble de faire du journalisme de terrain. J'invite officiellement les rédactions qui nous pointent du doigt à envoyer une équipe en immersion totale au sein de nos entreprises. Venez constater par vous-mêmes l'écart entre vos chiffres désincarnés et le quotidien de nos confrères qui luttent pour maintenir l'accès aux soins. La porte est ouverte, la vérité se trouve sur l'asphalte, pas dans vos prompteurs.