06/01/2024
A la CAPSO et la CCPL, les idées du passé prennent l'eau
A la CAPSO et la CCPL, depuis plusieurs années, les élus ne pensent qu'en terme de zones d'activité. Il faut bétonner. Le logiciel du passé tourne à plein régime. Joël Duquesnoy rêvait encore, il y a quelques semaines, de la construction d'une 2x2 voies entre Saint-Omer et Dunkerque tandis qu'un boulevard urbain entre Longuenesse et Saint-Omer, sur le marais, serait d'une utilité "indiscutable". Artificialiser des terres, artificialiser le marais, permettre des terrains constructibles en zone inondable. Ici, pas de courage politique, juste du clientélisme.
L'exemple de la commune d'Arques est particulièrement parlant. La basse Meldyck et la haute Meldyck sont des cours d'eau très susceptibles de déborder, le plan de prévention des risques naturels le rappelle. Et pourtant, 1 419 131 m² ont été artificialisés sur la commune entre 2009 et 2021, soit 6,3% de la surface communale (et seulement 15% pour de l'habitat). Personne ne fait pire à l'échelle de la CAPSO... et Arques peut se prévaloir d'être la vice-championne de l'artificialisation sur l'ensemble des Hauts de France ! Cette commune particulièrement à risque au niveau inondation décide ainsi de bétonner à tout va depuis 15 ans. Quant à Lumbres, elle a décidé de construire, en 2018, un terrain synthétique (à 900 000€) dans "la zone du marais", une appellation susceptible de donner un indice sur le risque de crue. Il est aujourd'hui encore inondé.
Visionnaires, les maires de ces deux communes sont président et vice-présidente de leur EPCI. Ils développent depuis, à coups de centaines de milliers d'euros, les zones d'activités de Leulinghem, Saint-Augustin ou Fonds Squin, là où les entrepôts (si peu pourvoyeurs d'emplois car automatisés) poussent comme des champignons, et de où l'eau ruisselle... Une faible impact économique pour une hérésie écologique. Et, aujourd'hui, ces élus réclament l'aide de l'Etat, et de l'argent !
Certes, les inondations ont toujours existé sur notre territoire, mais ces décisions politiques les aggravent. Il en va de même de la politique nationale agricole qui a encouragé, pendant plusieurs décennies, à la destruction des haies et des arbres qui séparaient jadis les parcelles (et retenaient une partie de l'eau) sur un territoire fragile et si particulier (des coteaux de l'Aa au marais).
Des solutions existent, il est grand temps de les mettre en oeuvre : stoppons l'artificialisation express de nos terres, replantons des haies, augmentons la capacité de retenue d'eau en amont, prévoyons davantage de zones pouvant être inondées en aval, même s'il faut pour cela déplacer des zones agricoles ou détruire des habitations. Cela coûtera de l'argent, cela prendra du temps, et cela nécessitera du courage politique. Mais c'est indispensable, car il n'y a pas d'autre solution durable.