28/06/2025
Charleville sous Bois
Aux confins orientaux du pays messin et à quelques kilomètres au nord-ouest de la petite ville de Boulay, la commune de Charleville-sous-Bois abrite non pas un, mais deux châteaux. Le premier se situe au centre du village, au pied d’une colline que surmonte la silhouette de l’église et d’une autre maison cossue, qu’il ne faut pas confondre avec le château duquel nous parlons. Le second château se situe en forêt, en remontant vers la route qui va de Metz à Bouzonville.
La plus ancienne de ces deux bâtisses est celle qui se trouve au centre du village. C’est une construction datant de 1775, de plan en L et couverte d’un haut toit d’ardoise à croupes. Un escalier en U, orné d’une belle grille en fer forgé, anime la façade. On pense que le château a été reconstruit à l’emplacement d’une maison franche dépendant de l’abbaye de Villers-Bettnach. L’ouvrage de Jacques Choux mentionne, parmi les curiosités que renfermerait le château, une cuisine du XVIIe siècle ainsi que le cabinet privé dans lequel se trouverait un globe terrestre confectionné par Sébastien Chais, bénédictin de l’abbaye de Saint-Avold et curé de Charleville-sous-Bois qui donna les plans du château pour son beau-frère, Jean-Louis Caillou, seigneur de Valmont et lieutenant-colonel des armées du roi de France. Passé à la famille de Vaulx d’Achy puis à la famille de Vaugelet, il a été restauré au lendemain de la Première Guerre mondiale. Il est inscrit au titre des Monuments Historiques depuis 1993.
Le second château que compte la commune de Charleville-sous-Bois ne date que de 1912, époque à laquelle Fritz Rexroth, industriel originaire de Sarrebruck décide de faire ériger, au milieu d’un vaste domaine forestier qu’il avait racheté à l’écrivain François de Curel, un château de style résolument germanique. Construite à grands frais (on estime à deux millions de marks le coût des travaux) sur les plans de l’architecte Hænecke, la demeure se présente sous la forme d’un vaste rectangle à trois niveaux de fenêtres et couvert d’un toit à la Mansart. La façade principale est garnie d’un avant-corps en demi-cercle rythmé par de puissants pilastres. Des coursives mènent à deux pavillons, alignés sur le logis central. Les dépendances, de plan en L, encadrent la cour. Érigé à la veille de la Première Guerre mondiale, c’est-à-dire à une époque où Charleville-sous-Bois se situait en Allemagne, le château Rexroth a été placé sous séquestre dès 1918. En 1947, il abritait les bureaux de la Caisse autonome nationale de la sécurité sociale des mines. Il a été, depuis, réaménagé en clinique et centre de repos. Cette affectation a nécessité la construction de bâtiments nouveaux qui, hélas, ont en partie défiguré ce château qui comptait parmi les plus originaux du secteur.
Excellente journée à tous !