Notre France la Réunion

Notre France la Réunion Parti politique d’inspiration gaulliste. Predident d’honneur : Henri Guaino

11/01/2026

Henri Guaino est l’invité de BFM TV ce dimanche 11 janvier 2026 à 19h.

Il y a 55 ans, le 9 novembre 1970, le Général de Gaulle disparaissait.« Puisque tout recommence toujours, ce que j'ai fa...
09/11/2025

Il y a 55 ans, le 9 novembre 1970, le Général de Gaulle disparaissait.

« Puisque tout recommence toujours, ce que j'ai fait sera tôt ou t**d une source d'ardeurs nouvelles après que j'aurai disparu »
Charles de Gaulle, Mémoires de guerre.

17/10/2025

ENTRETIEN - Le spectacle de ces derniers jours, qui s’est traduit par la reconduction de Sébastien Lecornu à Matignon, risque d’avoir de lourdes conséquences, estime l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Élysée*. Selon lui, la démission du président pourrait devenir...

17/10/2025

« Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » : le constat implacable d’Henri Guaino sur la crise politique - Entretien paru dans Le Figaro du 13 octobre 2025

ENTRETIEN - Le spectacle de ces derniers jours, qui s’est traduit par la reconduction de Sébastien Lecornu à Matignon, risque d’avoir de lourdes conséquences, estime l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Élysée*. Selon lui, la démission du président pourrait devenir inéluctable, mais elle aggraverait encore les conséquences du désordre actuel.

*Dernier livre paru : « À la septième fois, les murailles tombèrent » (Éditions du Rocher, 2023).

LE FIGARO. - Comment jugez-vous la semaine politique qui a commencé avec la nomination du gouvernement de Sébastien Lecornu et qui s’achève avec la renomination de ce dernier à Matignon?

Henri GUAINO. - Je pense à la phrase de l’Évangile « Père pardonne-leur car ils ne savent ce qu’ils font ».

On pourrait rire de ce spectacle s’il n’était pas aussi délétère. Je désespère quand je vois tant de responsables politiques, à commencer par le chef de l’État, perdu dans des arrière-pensées et des petits calculs, et des commentateurs compter et recompter, avec des airs pénétrés, les sièges des partis à l’Assemblée nationale pour savoir si le nouveau gouvernement va être ou non censuré et si le président Macron a eu tort ou raison, du point de vue de son intérêt, de renommer Sébastien Lecornu qui a auto dissous son gouvernement tout juste après l’avoir formé. Je pense au mot de Napoléon dans le mémorial de Sainte-Hélène : « Je ne suis qu’un magistrat de la République qui n’agit que sur les imaginations de la nation; lorsque ce moyen me manquera, je ne serai plus rien ». Ce qui se passe depuis des mois, et ces derniers jours encore, détruit l’imaginaire de la politique. Quand la destruction sera achevée, que restera-t-il ? La force ? La violence ? Décidément, cette crise peut nous amener très loin, plus loin que ne le pensent les politiciens qui ne savent pas ce qu’ils font.

Jusqu’à la fin du régime fondé par Michel Debré et le général de Gaulle auquel vous êtes très attaché ?

C’est le risque. Mais à ceux qui seraient tentés de s’en réjouir, je voudrais rappeler que la Ve République a succédé à 167 ans d’instabilité institutionnelle depuis la première constitution française de 1791. Elle n’a pas été bâtie sur les intérêts des partis et les marchandages des politiciens dans une assemblée constituante, mais en essayant de tirer les leçons de onze crises de régimes qui ont fini par des coups d’État, des révolutions ou des débâcles militaires. Elle-même est née du coup de force du 13 mai 1958 qui a poussé les politiciens qui avaient peur d’être jetés dans la Seine par les parachutistes à rappeler de Gaulle et elle a trouvé sa forme définitive en 1962, après la tentative du putsch des généraux d’Alger et les attentats de l’OAS, avec l’instauration de l’élection du Président de la République au suffrage universel direct. De Gaulle savait que ses successeurs ne bénéficieraient pas comme lui de l’onction historique. Il leur a légué l’onction du suffrage universel. La Ve République est la tentative la plus accomplie sur deux siècles de faire la synthèse du surmoi monarchique des Français, de leur aspiration républicaine, de la démocratie parlementaire et de la démocratie directe.

Hélas, si les bons gouvernants se gâchent dans les mauvaises institutions, les mauvais gâchent les bonnes institutions. La constitution voulue par de Gaulle avait survécu à bien des épreuves, elle avait même passé avec succès celles de la cohabitation. Mais des réformes inspirées par l’air du temps plus que par le souci de bien gouverner, l’impéritie des politiciens qui abîment tout ce qu’ils touchent et, une pratique qui trahit l’esprit des institutions ont déréglé et dénaturé ces dernières. De sorte que, quoi qu’il arrive, nos institutions ne pourront pas rester en l’état, soit en revenant à une version proche de celle de 1962, soit en passant à une VIe République. Mais, personne ne doit se faire d’illusion, la VIe République ressemblerait à la deuxième , à la quatrième, ou à la fin de la IIIe. Ce serait le régime d’Assemblée et le régime des partis, donc, encore plus qu’aujourd’hui, le règne sans limite des politiciens, jusqu’à la catastrophe finale, l’effondrement de la République et de la démocratie par incapacité de se gouverner.

Mais le régime des partis n’a-t-il pas déjà enfoncé toutes les digues que la constitution avait dressées pour empêcher son retour?

Certes, nous avons déjà le pire de la IVe avec les institutions de la Ve. Mais démonter toutes les dispositions du parlementarisme rationalisé, détruire la fonction présidentielle, instaurer la proportionnelle, pérenniser le non-cumul des mandats, ce serait institutionnaliser et pérenniser le chaos en le gravant dans le marbre des institutions.

Les causes de la crise sont-elles institutionnelles ou est-ce un problème d’incarnation ?

À force de tordre les institutions pour imposer des politiques dont la plupart des citoyens ne veulent pas, on finit par les faire détester par les citoyens qui les rendent responsables de tous les malheurs qui s’abattent sur la société. Mais la racine du mal n’est pas dans les institutions qui demeurent, au moins dans la version de 1962, les meilleures de toutes celles que nous avons connues dans le passé et les mieux adaptées à l’histoire et au caractère du peuple français. La racine du mal est dans la manière dont les politiciens les ont tordues et dénaturées et dans ce qu’ils ont fait subir à une société qui n’en peut plus du sort qu’on lui fait. Et, bien sûr le problème de l’incarnation, qu’il faut relier à celui de l’imaginaire, est central dans la crise actuelle. Quel que soit le régime, toute société a besoin d’une incarnation de sa souveraineté. Cette dernière ne peut demeurer une pure abstraction. Il en va de même de l’autorité, du pouvoir : il leur faut un visage. Et, depuis la mort de Louis XVI, la France ne parvient pas à instaurer la forme durable que pourrait prendre cette incarnation.

La Ve République semblait avoir réussi avec un président installé en clé de voûte des institutions, figure de la souveraineté, de l’autorité et du pouvoir. Mais, cette figure s’effrite à son tour après deux rendez-vous démocratiques manqués en 2017 et en 2022, une réforme des retraites passée en force en abusant de toutes les ressources de la constitution et qui ne passe toujours pas dans l’opinion, une dissolution incompréhensible, les tergiversations contraires à l’esprit des institutions pour la nomination du premier ministre à l’été 2024 et le pitoyable spectacle de la politique depuis la dissolution jusqu’au sommet de ridicule et d’amateurisme de ces jours derniers.

La désacralisation obstinée, irresponsable, de la fonction présidentielle creuse un vide dans lequel pourrait bien se réouvrir la quête de la figure du souverain, qui pourrait se muer, non sans risque, en quête de l’homme providentiel, du chef capable de remettre de l’ordre dans le désordre, d’unir ce qui est désuni. Pour le meilleur ou pour le pire, l’autorité ne restera pas sans visage.

C’est pourquoi vous êtes toujours aussi hostile à une démission du président de la République ?

Oui. Cette démission peut finir par devenir inéluctable si les choses empirent encore, mais elle ne ferait qu’aggraver les conséquences du désordre actuel en ajoutant un rendez-vous démocratique manqué aux précédents dont nous payons le prix fort aujourd’hui. Le débat serait expédié en quelques semaines. Le nouveau président n’aurait pas de vrai mandat pour relever les immenses défis du moment. Il hériterait d’une fonction déjà très affaiblie et qui le serait encore plus et sans doute de façon irrémédiable alors que nous avons besoin d’un pouvoir présidentiel fort pour espérer sortir le pays de l’ornière dans laquelle il s’enfonce. Facteur supplémentaire d’affaiblissement de la légitimité de l’élu : la principale candidate au pouvoir actuel, inéligible, ne pourrait pas se présenter.

Vous avez à plusieurs reprises évoqué le naufrage des politiciens. Quelle est la différence entre les hommes d’État et les politiciens ?

Disons qu’il y a trois catégories de personnages politiques : le politicien, l’homme politique, et l’homme d’État qui peut bien sûr être une femme.

Pour aller à l’essentiel, le politicien n’est mû que par son ambition personnelle. Il cherche à la satisfaire par ce qu’il sait le mieux faire: l’intrigue, le clientélisme, le marchandage. C’est un bonimenteur, un manipulateur. Il ne croit pas un mot de ce qu’il raconte et ses promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent. Il peut être habile mais c’est toujours pour lui-même, jamais pour une cause plus grande que lui. Il a le sens de ses intérêts mais pas le sens du devoir, mot dont il ignore la signification. Le politicien est inévitable mais confiez-lui tout le pouvoir et la catastrophe est certaine. L’homme politique, lui, la plupart du temps, est ce que l’on appelait jadis un honnête homme. C’est l’honnête homme de la politique. Il la prend au sérieux. Il sait qu’il n’a pas les moyens de changer le monde mais il fait de son mieux ce qu’il a à faire pour l’améliorer. L’homme d’État, c’est le contraire du politicien, c’est celui qui ne se sent que des devoirs vis-à-vis de son pays et de l’État, dont l’ego se dissout dans sa fonction. Il peut se tromper, mais jamais il ne fait prévaloir son intérêt personnel sur l’intérêt de tous. Il prend ses responsabilités et il les assume, parce qu’il veut réellement, comme le dit Régis Debray, les conséquences de ce qu’il veut. Il fait la politique de l’histoire, celle qui a à voir avec le destin des peuples. La différence avec le politicien, c’est que tous les mots qui définissent l’homme d’État n’ont aucun sens pour le politicien, il ne les comprend pas. C’est d’abord à cela qu’on le reconnaît.

Le macronisme a-t-il marqué l’apogée du règne des politiciens ?

Si ce n’était que la faute du macronisme… Il en est peut-être le couronnement mais ce qui nous arrive, politiquement, socialement, culturellement, cette crise intellectuelle et morale, cette crise de civilisation que nous vivons et qui nous préparent de grands malheurs si nous n’arrivons pas à infléchir le cours actuel de l’histoire, est en grande partie imputable au fait que les politiciens occupent désormais presque tous les postes de responsabilité sur tout l’échiquier politique et que, comme toujours au bord des grandes catastrophes de notre histoire, ils s’accrochent désespérément à leurs places jusqu’à ce que tout s’écroule. Il reste à espérer que certains de ceux qui, jusqu’à présent, se sont comportés comme des politiciens sauront s’élever au-dessus de leur condition.

Diriez-vous que nous manquons non seulement d’hommes d’État, mais aussi tout simplement d’hommes politiques ?

Oui. Quelques hommes d’État ne peuvent pas tout seuls sauver un pays, renverser un système ou juguler une grande crise. Il faut qu’ils soient secondés, relayés. Nous payons le prix du sort qui est fait à la politique par l’idéologie de la dépolitisation, celle de l’Europe technocratique, celle de ceux qui veulent la démocratie par le droit au lieu du droit par la démocratie, celle d’un libéralisme dévoyé qui fait de l’État et de la politique son principal ennemi. C’est un cercle vicieux: plus les politiciens prennent le pouvoir, plus les renoncements et les défaillances de la politique font souffrir les peuples et plus la colère populaire se tourne contre la classe politique qui se vide alors des talents, des caractères et des intelligences qui auraient pu rendre de grands services. Faute d’enrayer ce cercle vicieux, nous aurons un pouvoir autoritaire dont l’attente grandit au fur et à mesure que le désordre s’installe.

La crise de régime actuelle est souvent comparée à celle de 1958, mais aussi aux années 30 … Qu’en pensez-vous ? Sommes-nous face à une nouvelle « étrange défaite » ou le sursaut est-il encore possible ?

Même au bord du précipice, le sursaut est toujours possible. Mais la situation devient très dangereuse compte tenu de l’état de notre société et de l’état du monde. Notre pays, comme la plupart des pays occidentaux est au bord d’un abîme de violence. Il n’y a rien de plus dangereux aujourd’hui que de continuer à sous estimer ce risque. « Ne pas être lucide, c’est contribuer au pire »

La figure du sauveur, comme celle de Bonaparte ou du Général de Gaulle, peut-elle surgir ?

Oui, bien sûr! Mais celle du monstre aussi! La France a eu de la chance avec ses sauveurs, à l’exception de Pétain en 1940. L’Allemagne ou la Russie en ont eu moins. Qui sait sur qui nous tomberons si nous en arrivons là.

Vous rappelez sans cesse qu’en France, les changements de régime ne se font jamais par les urnes. Le retour au peuple n’est-il pas, malgré tout, la moins mauvais des solutions ?

On me disait la même chose après la dissolution de l’été 2024. La meilleure solution, c’est le retour au peuple à la date prévue par la constitution, celle de la présidentielle de 2027, en espérant que ce rendez-vous ne sera pas à nouveau manqué.

Faut-il craindre des violences si aucune solution politique ne se dessine ?

C’est le message que j’essaye de faire passer. Hélas, si les Français commencent à percevoir ce risque, les politiciens, eux, sont incapables de voir aussi loin.

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