11/09/2026
Connaissez-vous vraiment vos élus ?
Dimanche dernier, l'AfD a remporté les élections régionales en Saxe-Anhalt avec un score historique. Ce parti, que les services de renseignement allemands qualifient dans plusieurs de ses branches d'extrémiste de droite avéré, défend une conception ethnique de la citoyenneté, le concept de "remigration", le rejet de l'islam comme faisant partie de l'Allemagne, et un révisionnisme assumé sur la mémoire de la Seconde Guerre mondiale.
On pourrait se dire que ça n'arrive qu'ailleurs. Mais nous avons déjà, chez nous, un élu qui porte ce type de positions — pas dans un futur hypothétique, aujourd'hui, à l'Assemblée nationale.
Un inconnu parachuté en 2022
Notre député de la 7ᵉ circonscription de la Moselle n'était connu de personne ici avant son élection. Parachuté par le Rassemblement national, il doit son siège à une étiquette, pas à un ancrage local. Difficile même de parler d'un véritable parcours professionnel : Alexandre Loubet, diplômé de Sciences Po Paris, s'est engagé en politique en créant un syndicat étudiant souverainiste et anti-européen, avant de rejoindre Debout la France en 2015 comme président des jeunes du parti et directeur de communication de Nicolas Dupont-Aignan. Il devient ensuite collaborateur parlementaire d'un député RN du Gard, puis directeur de la communication du RN et de la campagne présidentielle de Marine Le Pen en 2022, avant de se faire parachuter en Moselle. Sa fiche officielle à l'Assemblée le désigne comme "cadre d'entreprise" avant son mandat — une mention aussi vague que révélatrice : aucune expérience en dehors des cercles partisans, aucun ancrage économique ou associatif local avant son élection.
Ce que révèle l'enquête du journal Les Jours
Le média Les Jours a mis au jour l'existence d'un groupe Facebook privé, fréquenté par une quinzaine de députés RN, où circulaient des messages ouvertement racistes, islamophobes et négrophobes, certains constituant de véritables appels à la violence. Notre député de Moselle y figurait parmi les profils les plus actifs, avec plus de 80 publications en un an — au point de recevoir un badge de "meilleur contributeur" décerné par le réseau social lui-même. Aucun de ces élus n'a signalé ces contenus, alors que la loi les y oblige.
"Souverainiste", un mot qui en cache un autre
Le RN affiche publiquement une rupture avec l'AfD. Mais dans les faits, au Parlement européen, leurs votes convergent bien plus souvent que leur communication ne le laisse penser. Et sur le fond, les positions défendues par Alexandre Loubet — un "souverainisme" qui, une fois qu'on regarde ce qu'il recouvre concrètement, ressemble surtout à du nationalisme identitaire — rejoignent largement celles de l'AfD : immigration restrictive, critique systématique de l'UE, priorité nationale, discours sécuritaire sur l'ordre…. Cette rhétorique n'est pas nouvelle. Elle rappelle les heures les plus sombres de notre histoire : une Europe qui se fracture, des nations qui se referment sur elles-mêmes
Localement, nous ne lâcherons rien
À Saint-Avold, nous avons demandé la démission de Madame Simon après sa participation à un chant pétainiste. Nous continuerons : nous ne laisserons pas l'extrême droite se banaliser ni s'implanter sur notre territoire, derrière des éléments de langage lissés qui masquent des positions bien plus radicales.
Ce qui vient de se passer en Allemagne n'est pas si loin de chez nous.
Restons vigilants, informés, et mobilisés localement.