Club G.R. Grand Romans

Club G.R. Grand Romans Club G.R. est un club de réflexion associatif ayant pour objectif de promouvoir la réflexion et la formation politique.

« Club Grand Romans » (Club G.R.), est un club de réflexion associatif ayant pour objectif de promouvoir la réflexion et la formation politique ainsi que la compréhension de l’Europe moderne. Débattre, Informer et Eduquer nos concitoyens aux questions sur les évolutions économiques, politiques, sociales et culturelles mais aussi d’œuvrer à des préconisations portées vers les milieux politiques pou

r le bien commun. Pour cela, l’association développe différentes actions pour :
- favoriser une meilleure connaissance, la valorisation et la divulgation de l’information par le biais de rencontres, de débats publics, d’échanges et de manifestations culturelles, de publications et de toutes initiatives pouvant aider à la réalisation des buts de l’association.

« Avance sur ta route car elle n’existe que par ta marche »

11/07/2016

Nous avons décidé de dissoudre l' Association. Cette page n' est plus alimentée... Merci à nos lecteurs.

Article paru dans L' Impartial du Jeudi 15 Octobre.Faisons le rêve d’une richesse partagée Les propos parlant de race so...
15/10/2015

Article paru dans L' Impartial du Jeudi 15 Octobre.

Faisons le rêve d’une richesse partagée

Les propos parlant de race sont toujours sujets à polémiques. Ils réveillent des souvenirs plus ou moins récents qu’on aimerait laisser là où ils sont.

Revenons à la notion de « race humaine ». Les anthropologues ont tenté de répartir la grande famille de l’humanité en trois groupes : le groupe leucoderme appelé parfois caucasoïde (ou blancs), le groupe mélanoderme (ou noir) et le groupe xanthoderme (ou jaune). A chacun de ces groupes, plusieurs sous-groupes avec des caractéristiques qui les singularisent. Ces notions de « races » au sein de l’espèce humaine, avec le même sens que les races animales classiques, ont fait leur apparition au XIXè siècle. Au fil des décennies, en découlera une tentative de hiérarchisation des races qui sera largement discrédité par sa conséquence logique découverte en 1945 : le génocide des Juifs européens par l'Allemagne nazie. Au regard de l’Histoire dramatique récente, l’UNESCO recommanda au milieu des années 1950 d'instaurer la notion d'ethnie, laquelle insiste fortement sur les dimensions culturelles au sein d'une population humaine (langue, religion, us et coutumes, etc.).
Bien que les humains possèdent de 99,5 à 99,9 % de gènes en commun, l'équipe de Luigi Luca Cavalli-Sforza suggère que les Homo sapiens se répartissent en neuf « populations » de base. Elle précise qu’« en réalité dans l'espèce humaine, l'idée de "race" ne sert à rien. La structure des populations humaines est extrêmement complexe ; elle varie d'une région du monde à une autre, d'un peuple à un autre ; on rencontre toujours une infinité de nuances dues à des migrations constantes à l'intérieur des frontières et au-delà des frontières qui rendent impossible des séparations tranchées ». Ainsi, si les scientifiques ont tenté au XIXè siècle de développer la notion de « races humaines », on se rend compte aujourd’hui, grâce aux avancés de la science, qu'il n'existe pas de « races humaines » mais bien plus une « pluralité humaine » sans hiérarchie liée.

C’est sans doute pour cette raison, et pour éviter tout prise de parole publique fâcheuse, que le le 16 mai 2013, l'Assemblée Nationale a adopté une proposition de loi « visant à supprimer le terme de race de la législation française ».
Mais voilà, sous couvert de citation du Général de Gaulle, il arrive parfois que certaines personnalités publiques réamorcent ce vieux débat sur les races. L’absurdité récente est d’avoir voulu définir la France comme un pays de race blanche. Car comment définir la race d’un pays ? En son temps, dans un contexte historique particulier, le Général de Gaulle en 1959 pour justifier l'indépendance de l'Algérie a dit : « La France doit accueillir des gens de toutes couleurs, mais une minorité d'entre eux, parce que c'est un vieux peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. » Le propos du Général de Gaulle dans le contexte de l'époque, n'était ni raciste, ni identitaire, mais visait à moquer les partisans de l'Algérie française, qui pensaient que l'on pouvait franciser le peuple algérien contre sa volonté et en faire une sous-catégorie de la citoyenneté française dans la République
(Bruno-Roger Petit, 02 octobre 2015 Challenge.fr). Comme on l’aura remarqué, le Général n’a jamais parlé de pays de race blanche, mais de la France comme un vieux peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne.

Romans fait parti de ces villes du territoire français qui abrite des citoyens de nombreuses cultures diverses. C’est une très grande richesse pour notre cité. Que cette polémique récente absurde ne donne pas à nos concitoyens d’une autre culture, l’impression qu’ils sont différents voire « moins égaux que tous ». Mais bien au contraire, que nous avons tous une richesse à partager. La plus grande pauvreté est celle de croire que nous n’avons plus rien à donner.

Etienne Paul PETIT pour le Club Grand Romans

22/09/2015

Se tenait hier soir la rentrée du Club Grand Romans au café La Charrette, 1er café citoyen de la saison sur un thème d’actualité : l’accueil de réfugiés Syriens en France.
Après avoir rappelé les faits historiques qui nous lient à cette partie du monde et les responsabilités induites, chacun aura pu exprimer son avis, non sans avoir débattu sur les enjeux économiques qu’impliquent un tel accueil, tant en termes de coûts que de gains : impact positif sur le PIB du pays d’accueil et participation de tout migrant à la reconstruction de son pays d’origine.
La dimension culturelle n’aura pas était éludée ! Ce fût l’occasion de mettre en avant combien la période actuelle, brouillée par la monté des extrémismes, rend difficile le quotidien des personnes de confession musulmane résidant en France. Ce fait interroge les conditions d’accueil de réfugiés en provenance du Moyen-Orient. La peur de l’autre n’aberre-t-elle pas actuellement les jugements ?
En conclusion, aura était abordé les réticences que peut apporter l’accueil de réfugiés alors que chômage et mal logement nourrissent le quotidien de tant de Français. Peut-être est-ce le moment de se questionner sur la situation d’un pays tel la France, qui doute de sa capacité à accueillir 24 000 réfugiés (soit 0,004% de notre population) sur deux ans. Peut-être est-ce une opportunité pour remettre à plat certains sujets de fond.

Ce soir , Café citoyens au Club Grand Romans , merci la Charrette pour son accueil.Thème de la soirée : L' accueil des R...
21/09/2015

Ce soir , Café citoyens au Club Grand Romans , merci la Charrette pour son accueil.
Thème de la soirée : L' accueil des Réfugiés syriens.

Merci à Bruno d' avoir animer les débats...

avec Etienne Paul Petit , Bruno Champauzac Philippe Chanove Luc Trouiller Bénédicte Jourdan Jean Pierre Robin , Soumia Hamri , monique Lenat , Jean Jean-Christophe Rey-Robert Photographe et plus......

TRIBUNE parue dans L' Impartial du 10 Septembre 2015Bienheureuse hospitalitéLa rentrée est là, la reprise des activités ...
10/09/2015

TRIBUNE parue dans L' Impartial du 10 Septembre 2015

Bienheureuse hospitalité

La rentrée est là, la reprise des activités du club GR aussi. L’assemblée générale de juin dernier a reconduit le bureau tel qu’il était l’an passé. Elle a proposé de reprendre avec plus d’assiduité nos rencontres : des rencontres pour partager notre vision de l’actualité, échanger, comprendre et se comprendre : ce sera le café citoyen (désormais les 3è lundis du mois de 18h15 à 19h45) ; mais aussi des articles de presse commentant l’actualité, en tentant de garder un regard critique et singulier ; enfin, des soirées débat pour apprendre et ainsi mieux comprendre le monde qui nous entoure.

Et le monde est complexe. Il n’y a qu’à reprendre l’actualité de ses mois d’été et par exemple tout récemment celle des flux migratoires. Quelle réponse notre pays peut apporter à cette problématique qui nous dépasse, mais nous rejoint ? Certains diront peut-être que la France se doit de jouer un rôle central dans la résolution de cette situation de crise ; après tout, ne sommes-nous pas les pays des droits de l’homme ? A ceux-ci, je serais tenté de faire mienne la réponse de Monsieur Robert BADINTER : la France n’est pas le pays des droits de l’homme mais celui où a été rédigé la déclaration des droits de l’homme. Tout est dit, ou presque.

Et pourtant, si les politiques sont parfois lents à proposer des réponses, les citoyens sont beaucoup plus rapides à s’émouvoir de situations intolérables concernant nos frères dans l’humanité, fuyant la guerre et une mort certaine. Comme le rappelle Eric Emmanuel SCHMITT, ces hommes, ces femmes et ces enfants qui fuient leur pays d’origine qui a sombré dans le chaos, « interrogent notre identité et nous disent : ce pourrait être toi à ma place ». Malgré eux, ils nous invitent à réfléchir sur « la notion d’hospitalité et ce que nous en avons fait. Les siècles passés auraient sans doute beaucoup à nous apprendre de cette vertu.
Comme le souligne encore Eric Emmanuel SCHMITT, cet évènement nous interroge aussi sur un mot : migrants. Sorte de néologisme grâce à la seule amputation d’un préfixe. Un émigré est caractérisé par le lieu d’où il vient ; un immigré qu’il est d’ici, même s’il vit le jour ailleurs. En revanche, par son nom, le migrant vient de nulle part et ne va nulle part, sorte de condamnation à demeurer nomade forcé et éternel. L’écrivain fait la proposition de donner un autre sens à ce « néologisme » : « nous sommes tous des migrants, fils et filles de migrants, voyageurs provisoires sur cette terre qui nous a précédé et qui nous survivra ». Tentons de faire nôtre cette définition en espérant qu’elle nous redonne goût à cette bienheureuse vertu qu’est l’hospitalité.

ETienne-Paul PETIT, Club de réflexion politique du Grand Romans (GR)
[email protected] www.facebook.com/clubgrandromans
Agenda : café citoyen le 21 septembre 2015 de 18h15 à 19h45, à la charette

A   ce Dimanche pour la dernière soirée du 38 ème festival de Folklore International .Encore une fois une réussite pour ...
14/07/2015

A ce Dimanche pour la dernière soirée du 38 ème festival de Folklore International .
Encore une fois une réussite pour le groupe Empi Riaume

Rencontre, Fête, Partage, Ouverture vers le monde et les autres, Joie , Humanisme, solidarité, Diversité.

CULTIVONS NOS DIFFERENCES...

Article du DL du 12/07 - Réunion PubliqueJean Lassalle a ROMANS - 16/07 a la BODEGA à 19H45
13/07/2015

Article du DL du 12/07 - Réunion Publique

Jean Lassalle a ROMANS - 16/07 a la BODEGA à 19H45

Assemblée Générale du Club Grand RomansCompte rendu et perspectives d' avenir après notre 1ère Année d' existence.  Avec...
02/06/2015

Assemblée Générale du Club Grand Romans

Compte rendu et perspectives d' avenir après notre 1ère Année d' existence.
Avec Alain Fournier Jean Christophe Rey Robert, Jean Paul Marechal, Luc Trouiller, Etienne Paul Petit, Philippe Chanove, Magda Colloredo Bertrand et Raphael Bertrand et Bruno Champauzac

07/05/2015

Au 70émé anniversaire de l'armistice, la Grande Bretagne s'appète à vivre un 8 mai tout aussi crucial pour l'Europe.

Se propose aujourd'hui pour nous Européens, le choix entre 2 conceptions économiques dessinant notre avenir : Une première capitulant devant une financiarisation de notre croissance, une autre centralisant l'innovation,le long terme et l'humain comme vecteur d'avenir.

La Grande Bretagne est le laboratoire de ce que réserve la financiarisation de l'économie : Elle est en croissance ? Oui mais le pourvoir d'achat recule en signe d'installation d'inégalités. Le chômage recule ? Mais c'est par l’accroissement des emplois très précaires (1h travaillée par jour sort l'individu statistiques du chômage). 66 banques alimentaires à la prise de fonction de d cameron... plus de 460 aujourd'hui. A continuer comme cela Jeremy Rifkin aura été le prédicateur visionnaire de la fin du travail dans nos sociétés occidentales !

Rien n'est fatalité, mais il est temps pour tous de voir combien les enjeux des 5 prochaines années sont cruciaux et qu'à défaut de porter l’innovation "économico-sociétale" comme substance de leur programme, les leaders Européens enverront dans les instances de décisions, des partis convaincus que le repli sur soi peut-être la seule forme de salut.

A bon entendeur...

Bruno Champauzac. Club Grand Romans

La presse en parle : L' Impartial du 26 MarsTribune libre du Club Grand Romans au sujet des Départementales.
26/03/2015

La presse en parle : L' Impartial du 26 Mars

Tribune libre du Club Grand Romans au sujet des Départementales.

La presse en parle : L' Impartial du 19 MarsTribune libre du Club Grand Romans.DIS PAPA, C’EST QUOI UN HÔPITAL ?Dis papa...
21/03/2015

La presse en parle : L' Impartial du 19 Mars

Tribune libre du Club Grand Romans.

DIS PAPA, C’EST QUOI UN HÔPITAL ?

Dis papa, c’est quoi un hôpital ?
C’est une longue histoire. Mais c’est déjà un mot ancien du XII è siècle, Ospital ou Hospital. Le mot hôpital vient du latin hospitalis « d’hôte, hospitalier ». Et dans le vieux dictionnaire Littré, il est dit qu’ « il s’agit d’un établissement où l’on reçoit gratuitement des pauvres, des infirmes, des enfants, des malades… On y est reçu à toute heure, sans acception d’âge, de sexe, de pays, de religion ».

Et ça fait combien de temps que les hôpitaux existent ?
C’est au début du VI è siècle que furent construits dans certaines villes, les tout premiers hôpitaux pour héberger les sans-abri et les malades. L’un des plus anciens et des plus célèbres hôpitaux du monde, l’Hôtel-Dieu de Paris, fut créé en l’an 830 au cœur de la cité. Mais on a une première description d’un hôpital chrétien, due à Grégoire de Naziance. Il décrit en effet une toute nouvelle citadelle de la charité quand il parle de Césarée en Cappadoce, fondée en 370 par Basile, l’évêque du lieu. Cette citadelle avait pour but de secourir les pauvres et les vieux, d’accueillir les lépreux et de soigner les infirmes. L’hôpital existe donc depuis bientôt 17 siècles !

Mais aujourd’hui les hôpitaux ne sont plus les mêmes qu’autrefois ?
Non, évidemment, l’hôpital a évolué avec le temps. Au Moyen Âge, il était avant tout le lieu où l’on avait obligation de charité, gratuitement et publiquement. Il était d’ailleurs assez souvent religieux. Idéalement il était destiné à accueillir tout homme malade ou infirme, et en fait souvent réservé aux personnes se trouvant dans des situations précaires. À la fin du Moyen Âge, l’hôpital a changé et est devenu un lieu où on ne se limitait plus à consoler et à préparer pour une bonne mort. L’hôpital devenait un lieu où, à défaut de guérir, on soignait. C’est aussi le moment où la religion s’est éloignée de plus en plus de l’hôpital pour laisser la place aux finalités laïques de la médecine. Le renouveau urbain de la fin du Moyen Âge et la peste sont en parti responsables de cette évolution ; l’épidémie de la peste accéléra la laïcisation de l’hôpital en général.

Et après ?
Après ? Après il y a eu beaucoup de changements dans le monde, notamment en Europe. La naissance des États forts, la peste toujours présente jusqu’au XVIII è siècle, le développement du commerce et d’une bourgeoisie marchande. Et même du point de vue religieux, la Réforme a réévalué la place du corps et le souci de la santé avec le succès de la vulgarisation médicale. La maladie et la santé sont devenues progressivement des centres majeurs de préoccupation des élites. La charité demeure ; mais le soin en vue d’une éventuelle guérison accède aux préoccupations des acteurs du soin ; et tout ceci se double d’une approche plus globale orientée vers la prévention. Dans le même temps, s’est mis en place une petite révolution : celle du contrôle de la formation et de la pratique médicale. Cela a commencé en Sicile à la fin du XIII è siècle. À la Renaissance, la médecine devient aussi plus scientifique : à l’observation des malades, s’ajoute désormais celle de l’environnement physique, social et humain des personnes, ainsi que la mise au point de nouveaux instruments de mesure comme le thermomètre et le baromètre au XVII è siècle. Les Écoles de médecine se renforcent, et les références à Hippocrate, médecin grec du V è siècle avant Jésus-Christ, se renouvellent avec la prestation du Serment d’Hippocrate au XIX è siècle.

Et c’est quoi le serment d’Hippocrate ? C’est ancien comme texte non ?
C’est un très beau texte d’un médecin grec, Hippocrate, père de la médecine. Ce texte est composé de 9 articles dont l’article central dit précisément ceci : « Pur (hagnos) et saint (hosios), je conserverai (diatèsèro) ma vie (bios) et mon Art (techné) ». Il est encore aujourd’hui prêté par la plupart des médecins français à la fin de leurs études, et cela depuis le XIX è siècle. Il montre dans quel état d’esprit, aujourd’hui comme hier, le médecin souhaite soigner son semblable. C’est un texte très ancien mais d’une étonnante modernité.
Parallèlement à cette nouvelle organisation des études de médecine, le nombre des hôpitaux n’ont cessé de croître au XIX è siècle. Et de nouveau deux petites révolutions ont surgi : celle de la conception nouvelle du traitement des maladies mentales avec la création des asiles psychiatriques soumettant les patients à un régime plus humain ; mais aussi la découverte des antiseptiques qui donnait à tous les malades la possibilité d’entrer à l’hôpital pour se faire soigner sans y risquer sa vie.

Et aujourd’hui, c’est quoi un hôpital ?
Aujourd’hui, un hôpital c’est compliqué… Tu vois mon enfant, un hôpital, comme tu l’as compris, est un lieu où l’on accueille toute personne et en premier lieu les plus pauvres et les plus nécessiteux ; un endroit aussi où l’on tente en plus de soigner chacun au mieux ; un endroit enfin où l’on a décidé d’apprendre à soigner, lieu d’enseignement par excellence. Ces trois missions ne sont qu’une en réalité.
Mais aujourd’hui, on y a ajouté une notion d’économie de la santé avec le souci, chaque jour plus fort, de dépenser moins d’argent, là où seule la charité avait participer à l’édification de l’hospital. Le souci d’économie a fait naître par exemple en 2003 la tarification à l’activité ou T2A. Les hôpitaux n’ont plus droit à un budget global car il ne permettait pas d’avoir une bonne visibilité de leurs besoins. Ils perçoivent désormais un financement par pathologie prise en charge, financement dont le mode de calcul est très discutable, discuté, et régulièrement réévalué. Ainsi, si un hôpital doit percevoir une certaine indemnité pour la prise en charge d’une pneumonie chez une personne âgée, cette dernière sera identique que le patient demeure 8 jours ou 3 semaines à l’hôpital, qu’elle(s) qu’en soi(en)t la(es) raison(s). Un des grands leitmotiv des directeurs d’hôpitaux aujourd’hui, secondés souvent par les élu(e)s et notamment les maires qui président au conseil d’Administration d’un hôpital, est le respect des règles imposées par les Agences Régionales de Santé au détriment de la prise en charge des malades. Et tu vois mon enfant, chez ces gens là - directeurs, élu(e)s – on ne soigne pas ; non, on ne soigne pas,… on compte ! Les directeurs d’hôpitaux ne parlent plus de malades ou de patients mais évoquent des clients. Ils invitent parfois à refuser de prendre en charge certaines personnes dont on sait qu’ils coûteront plus cher à l’hôpital qu’ils ne rapporteront d’argent. Les élu(e)s invectivent les soignants et notamment les médecins en leur demandant de se « retrousser les manches ». Je te le répète mon enfant, chez ces gens là - directeurs, élu(e)s – on ne soigne pas ; non, on ne soigne pas,… on compte !
Pour l’hôpital aujourd’hui, le coût du soin à apporter est devenu plus important que le soin. L’hôpital perd peu à peu son âme et semble devenir une entreprise. Et le plus triste mon enfant est que ceux qui décident de cette mutation, et les marionnettes qui tentent de la mettre en place, ne seront plus là pour voir, simplement voir, la portée du désastre de leur grand projet. Ils seront en d’autres lieux, sur d’autres « grands » projets. Car encore une fois mon enfant, chez ces gens là, on ne soigne pas, non on ne soigne pas,… on compte !
Et pourtant il convient effectivement de ne pas jeter l’argent par les fenêtres. Comme le disait le Professeur GRIMALDI en 2010 (Alternatives économiques n°296) : « La T2A pourrait parfaitement s'appliquer pour des actes standardisés, comme la pose de pacemakers, tandis qu'on pourrait imaginer un financement au prix de journée pour la psychiatrie et un système calé sur le budget global pour la prise en charge des diabétiques, par exemple". Ce système aurait pour intérêt de cumuler les avantages de chaque mode de financement et de valoriser des pratiques, comme l'éducation thérapeutique des patients diabétiques, par exemple, qui, du fait de leur faible niveau de technicité, sont insuffisamment prises en compte avec la seule tarification à l'activité ». Les médecins et les acteurs du soin sont prêts à modifier leurs pratiques, à donner des idées pour faire évoluer l’hôpital. Mais ils ne sont ni entendus, ni écoutés. L’administration est, on le sait par expérience, longue à changer comme un paquebot à changer de cap. Et aujourd’hui, la stupidité des réformes entreprises n’a d’égale que le mépris avec lequel certains s’emploient à les mettre en œuvre.

Mais alors, tu es triste ?
Triste oui, mais pas sans espoir. Tu l’auras compris mon enfant, si les responsables – ARS, directeurs, élu(e)s – n’ont pas toujours existé, l’hôpital n’a jamais pu se passer des soignants et des médecins. A défaut d’être écouté, il nous reste aujourd’hui l’essentiel : la noblesse de la pratique de notre Art comme l’appelait Hippocrate. Et je crois qu’aujourd’hui il convient avant tout à l’hôpital de ne plus rien faire sauf soigner. Pour bien montrer que sans ou contre les soignants et les médecins, les responsables ne feront de l’hôpital qu’une coquille vide de sens.
Je fais le rêve, mon enfant, que les moments tourmentés que traversent l’hôpital en général et celui de Romans - Saint Vallier en particulier, ne soient que passagers. Je fais le rêve que la gestion purement économique de la santé et de l’hôpital fasse de nouveau place à une prise en compte de toute l’humanité qui le caractérise. Je fais le rêve que la raison l’emporte, tout simplement, que l’hôpital redevienne lieu de charité, de soins, d’enseignement et de découverte. Car tu vois mon enfant, c’est ça l’hôpital. Depuis bientôt 17 siècles !

Docteur PETIT ETienne-Paul, Praticien Hospitalier
Club de Réflexion politique du Grand Romans (club GR)
[email protected] www.facebook.com/clubgrandromans

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