19/10/2022
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La barbarie a franchi un cap avec le meurtre de Lola, 12 ans, en plein Paris. L'essayiste Céline Pina y voit le signe d'une tribalisation de la société où l'autre est déshumanisé. Loin d'être un «fait divers», cet assassinat est un «fait de société» qui s'ajoute à une longue liste de drames, affirme-t-elle.
«L'horreur du calvaire qu'a dû vivre cet enfant, le fait que les atrocités se soient déroulées en journée, à Paris, le fait que l'auteur de l'acte soit une nouvelle fois une personne issue de l'immigration, en situation irrégulière et sous le coup d'un OQTF, tous ces éléments font que derrière le caractère particulier de ce meurtre, on retrouve des éléments récurrents qui renvoient à d'autres affaires: le meurtre en 2017 de deux jeunes filles dans la gare de Marseille, celui du père Olivier Maire en Vendée. On se souvient plus récemment de cas du refus d'obtempérer à Grenoble, qui a abouti à la mort de la passagère, jeune fille de 18 ans, le conducteur était également sous le coup d'une OQTF, comme celui qui a poignardé deux femmes à Bayonne… Ce n'est pas l'ampleur des atrocités commises qui fait qu'un fait divers devient un fait de société, c'est qu'il réveille en nous le souvenir d'autres affaires et nous fait rentrer dans la représentation d'un continuum de violence qui nous montre une société en train de se défaire. C'est l'accumulation de faits divers, la récurrence des violences et l'identité de certains éléments qui font passer ce type de crime de la rubrique fait divers à celui des faits de société. Un fait divers est exceptionnel, un fait de société est révélateur, il est particulier mais renvoie à un phénomène plus général, il appelle également une réaction politique.»