26/08/2026
Sécheresse et canicule : l’agriculture ne peut plus attendre
Nous avons participé au déplacement du Préfet à Taulé, en zone légumière, ainsi qu’au comité sécheresse organisé à Riec-sur-Bélon, afin d’aborder plusieurs sujets liés aux conséquences de la sécheresse et de la canicule sur nos exploitations. À cette occasion, nous avons fait remonter nos demandes pour que des mesures concrètes soient rapidement transmises au ministère de l’Agriculture.
Dans l’urgence, nous demandons :
➡️ Un abattement fiscal de 100 % pendant 5 ans pour les jeunes agriculteurs installés depuis moins de 5 ans, au lieu d’une seule année, afin de préserver leur trésorerie dans cette période exceptionnelle.
➡️ La réintégration des DEP (épargne de précaution) non fiscalisées, pour permettre aux exploitations de mobiliser pleinement leur épargne face aux pertes.
➡️ Une aide directe à la trésorerie pour l’achat de fourrage, alors que la sécheresse prive déjà de nombreuses exploitations de stocks suffisants.
➡️ Le financement du réensemencement des prairies, lourdement dégradées par la sécheresse et la chaleur.
Mais il faut également préparer l’avenir, car les épisodes de sécheresse et de canicule deviennent des enjeux structurels pour notre agriculture.
Nous demandons donc également :
🔹 L’accélération des procédures ICPE pour permettre l’adaptation de nos bâtiments d’élevage. La loi d’urgence doit rapidement être suivie du décret attendu sur le volet élevage des ICPE.
🔹 L’accélération des projets de retenues d’eau, d’étangs et de réserves de substitution, notamment en bordure des zones humides, afin de pouvoir stocker l’eau en hiver 2026/2027 et la mobiliser lorsque les cultures et les animaux en auront besoin.
🔹 Un véritable plan de récupération et de réutilisation des eaux de toiture sur les exploitations agricoles. Ces investissements doivent être accompagnés et rendus économiquement rentables pour les agriculteurs, afin de réduire la pression sur le réseau d’eau potable pendant l’été.
🔹 Une transparence totale sur l’origine des produits alimentaires. La baisse de la production française sera importante cette année. Il n’est pas question de voir apparaître davantage de produits importés dans les rayons ou dans nos assiettes sans que le consommateur en soit clairement informé. L’obligation d’origine doit être étendue aux produits transformés et à la restauration hors domicile.
🔹 Enfin, nous demandons au Conseil régional que les investissements liés à l’adaptation au changement climatique — isolation contre la chaleur, systèmes de refroidissement des bâtiments et amélioration du bien-être des animaux en élevage hors-sol — soient intégrés dans la CTAE, et non considérés comme de simples investissements productifs soumis au système de points.
L’agriculture ne demande pas des mesures pour subir la crise. Elle demande les moyens de continuer à produire demain. 🇫🇷🌾
La sécheresse de 2026 doit être un électrochoc. L’État et les collectivités doivent maintenant passer des constats aux décisions.