27/07/2022
27 juillet 1830, la révolution (re)commence !
« Le régime légal est donc interrompu ; celui de la force est commencé. Dans la situation où nous sommes placés, l'obéissance cesse d'être un devoir. Les citoyens appelés les premiers à obéir sont les écrivains des journaux ; ils doivent donner les premiers l'exemple de la résistance à l'autorité, qui s'est dépouillée du caractère de la loi. »
Ces lignes sont tirées du journal « le National » du 27 juillet 1830. Ce texte participe au déclenchement de la révolution des « Trois Glorieuses ». Il souligne également le rôle prépondérant des journalistes dans l’opposition politique.
Depuis le début de son règne en 1824, Charles X multiplie erreurs et provocations. A titre d'exemple, en 1825 il fait voter la loi sur le « milliard des émigrés » qui indemnise les aristocrates ayant fui la Révolution et dont les propriétés avaient été vendues comme biens nationaux. La mesure est impopulaire et provoque la colère.
Sans pour autant vouloir revenir à une monarchie absolue, le Roi ne cesse de rogner les droits politiques. Il s'oppose à la Chambre des députés et aux libéraux, sans tenir compte des résultats électoraux. Charles X méconnaît l'évolution de la société issue de la Révolution. Le 18 mars 1830, les députés votent « l'Adresse des 221 », un texte de défiance vis à vis du Roi. En représailles, la Chambre est dissoute. Mais en juillet 1830, les libéraux remportent les élections. Le président du Conseil des ministres est alors Jules de Polignac, fils de l'ancienne favorite de Marie-Antoinette. C'est un ultra-royaliste convaincu et il est haï de l'opinion publique. Le 25 juillet, Charles X se rend à Rambouillet où il fait rédiger quatre ordonnances : suspension de la liberté de la presse, nouvelle dissolution de la Chambre des députés, reforme électorale restrictive et convocation de nouvelles élections. Les ordonnances sont publiées le lendemain. A Paris, en dépit de l'interdiction, 44 journalistes rédigent et publient une protestation dénonçant les ordonnances comme illégales. Le 27 juillet, la troupe est envoyée dans les imprimeries saisir les presses, mettant ainsi au chômage des milliers d'ouvriers, qui se joignent au mouvement. Dans la soirée, les arsenaux et les armureries sont dévalisés. Paris se couvre de barricades, la révolution éclate.
Image :
Les 3 grandes journées de Paris, 27, 28 et 29 Juillet 1830.
Georgin, François , Graveur
Pellerin, Jean-Charles , Imprimeur
XIXe siècle
Musée Carnavalet, Histoire de Paris