23/05/2025
🌰 Dopée par le géant Ferrero, qui capte à lui seul près de 30 % de la demande de dans le monde, la production française de noisettes a doublé en 15 ans dans de vastes monocultures, alimentant des insectes ravageurs. Sans questionner ce modèle, la filière exige le retour d’un pesticide contesté : l’acétamipride, un interdit en France depuis 2020 mais autorisé en Europe jusqu’en 2033.
Le doublement de la surface des vergers de noisetiers en France depuis 2010 a favorisé la prolifération de ravageurs dans les cultures, comme la punaise diabolique et le balanin. « Si, dans un même espace géographique, on apporte énormément de nourriture à un insecte, c’est certain qu’il va se développer rapidement », insiste Philippe Grandcolas, entomologiste et directeur de recherche au Centre national de recherche scientifique.
⚡ La réintroduction de l’acétamipride dans l’Hexagone, notamment pour répondre aux exigences de la filière noisette, fait l’objet de la proposition de loi visant à « lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur ».
Parmi les arguments souvent cités par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, en soutien à cette loi, « la filière noisette ne dispose d’aucun moyen pour traiter sa production ».
⚠️ Et pourtant...
La Turquie, l’Italie ou l’Espagne autorisent encore l’acétamipride ; cependant, depuis son interdiction en 2020, le rendement par hectare des producteurs français n’a pas changé, restant bien au-dessus des producteurs de ces pays, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Une situation confirmée par un rapport du gouvernement sur la souveraineté alimentaire d’avril 2024.
🐝 L’acétamipride possède une toxicité chronique particulièrement inquiétante. « Il a une durée de vie dans les écosystèmes et a un effet néfaste à long terme sur les , les insectes et les humains », dénonce Philippe Grandcolas. « Effectivement, il est efficace, puisqu’il tue tous les insectes, mais pas seulement ceux ciblés, en l’occurrence la punaise diabolique. L’acétamipride est tellement toxique qu’il tue également des insectes très utiles à la . [...] Si on tue des pollinisateurs dans nos vergers de noisettes, les cultures de colza qui sont à proximité, par exemple, ne seront pas pollinisées et on sait que, dans le cas du colza, on aura 30 % de rendement en moins, ce qui va engendrer d’autres problèmes. Il faut avoir un regard global sur notre agriculture. »
🌿 Philippe Grandcolas insiste sur l’importance de la pour favoriser la présence d’autres insectes, notamment des parasitoïdes, afin de limiter la présence des ravageurs. D’autres solutions plus écologiques que l’acétamipride sont envisagées par les chambres d’agriculture, notamment des pièges à phéromones pour attirer et contenir les punaises hors des vergers.
Des solutions existent.
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