05/08/2020
[TRIBUNE LIBRE - lutte contre l’épidémie de la Covid-19]
"Les jeunes parlent aux jeunes : protégez-vous, protégez vos proches et vos amis, vos ainés, ceux qui vous entourent et développez votre citoyenneté."
L’épidémie de la Covid-19 toujours présente sur le sol français a tendance à un rebond inquiétant. La circulation virale est en nette augmentation en atteste le nombre de cas diagnostiqués, l’augmentation de la détection des cas groupés (les clusters), l’activité de SOS médecins, des actes médicaux, des passages aux urgences, des prises en charge hospitalière en forte hausse. Depuis début juillet on note un bond de contamination chez les 15-44 ans. Cette épidémie met en péril la santé, la vie de la population et fragilise fortement l’économie de notre pays. Nous venons de traverser un premier épisode qui a éprouvé la nation tant sur le plan humain, avec un bilan de 30.190 morts, qu’économique et nous savons que les dommages directs et indirects continueront dans le temps puisque les malades continuent à présenter des stigmates de l’infection qu’ils ont subies et que l’économie va continuer à être pénalisée durablement. Notre pays ne peut se permettre une reprise de l’épidémie ni un reconfinement. La lutte contre celle-ci est l’affaire de tous, et particulièrement des auditeurs de l’INHESJ, jeunes et moins jeunes.
Nous devons tous œuvrer à la défense et à la sécurité de notre pays. Ce moment particulier est propice à donner du sens à la démarche des auditeurs de l'ANA INHESJ, qui se sont engagés volontairement au sein de la défense nationale et ainsi par eux, sensibiliser aussi plus largement les jeunes de leur génération pour un engagement citoyen actif et intergénérationnel. Des actions sont facilement réalisables cet été du fait de la disponibilité de la communauté des jeunes de l’INHESJ qui, du fait de cette épidémie, sont majoritairement en vacances en France. Cette action pourra être bénéfique pour développer l’esprit de défense sur le territoire national et pourrait montrer la mobilisation active des auditeurs de l'ANA l’INHESJ, en particulier des jeunes, vis-à-vis de ce virus, leur participation à la citoyenneté par cet engagement dans le champ de la santé et de la solidarité.
Les faits
La circulation active du virus fait un bond chez les 15-44 ans.
Dans un communiqué l’ARS explique que le taux d’incidence est passé chez les jeunes de 15-44 ans de 1,1 cas pour 100 000 habitants début juin à 4,1 la semaine du 13-18 juillet. Alors qu’elle est de 2,6 chez les 75 ans et plus. Le taux d’incidence correspond au nombre de personnes infectées sur une population de 100 000 habitants. Le taux de reproduction du virus est actuellement significatif surtout en Auvergne-Rhône-Alpes, Finistère, Ile de France, Mayenne, Nouvelle -Aquitaine, Occitanie, Pays de la Loire et Vosges, en Guyane et à Mayotte. Mais l’augmentation des nouveaux cas se fait sur tout le pays.
« Lors des campagnes de dépistage massif » on « remarque que les patients sont jeunes, plus jeunes que lors de la précédente vague. Le taux d’asymtomatiques est lui extrêmement élevé » dit le ministre de la santé Olivier Véran. Soirées, évènements collectifs et festifs sont en cause. Les jeunes doivent se rendre compte que pour quelques instants de distraction, ils se mettent en danger ainsi que leur entourage sans en avoir conscience.
Les jeunes peuvent être gravement atteints. Peu le savent ; en France 10 % des cas de Covid confirmés admis en réanimation avaient le 15 juillet, entre 15 et 44 ans. Ne pas croire qu’être en bonne santé protège, 5 % des patients en réanimation n’ont pas de facteurs de risques. Les jeunes ne sont pas épargnés comme nous montre l’exemple de cette jeune basketteuse belge de 18 ans qui a survécu au coronavirus, est restée trois semaines dans le coma. Elle a dû se faire amputer d’un pied. Grande sportive, elle ne faisait pas partie des personnes à risque. Beaucoup de personnes infectées vont garder des séquelles pendant de longs mois, même s’il s’agit d’une forme bénigne. Perte de gout ou de l’odorat, fatigue, épuisement, ce sont souvent les jeunes qui sont affectés par des signes cliniques de longue durée. Au début de l’épidémie, il a été dit aussi que les enfants étaient épargnés mais il a fallu constater que les bébés, nourrissons, enfants pouvaient être infectés avec des formes plus ou moins graves comme la maladie de Kawasaki. Des décès peuvent survenir.
Les jeunes peuvent contaminer les proches sans le savoir. Ils présentent moins de signes cliniques que leurs ainés, ce sont souvent des porteurs sains, sans aucun symptôme, qui peuvent être à l’origine sans le savoir de contaminations vis-à-vis des populations fragiles qui les entourent ou qu’ils côtoient.
C’est pourquoi le directeur de l’Organisation mondiale de la santé (O.M.S). Tedros Adhanom Ghebreyesus a délivré ce message mi-mars « même si les personnes âgées sont les plus touchées, les jeunes gens ne sont pas épargnés. J’ai un message pour les jeunes : vous n’êtes pas invincibles, le virus pourrait vous envoyer à l’hôpital pour des semaines ou même vous tuer. Et même si vous ne tombez pas malades, les choix que vous faites peuvent faire la différence pour quelqu’un d’autre. »
Le 28 Juillet 2020
Docteur Paule Nathan, médecin
Endocrinologue, diabétologue,
Spécialiste des maladies du métabolisme
Médecin du sport
Membre de l'ANA INHESJ
27ème session Nationale INHESJ
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