09/06/2026
⚠️ Apprentissage : l'État abandonne les territoires, la Région Centre-Val de Loire refuse de laisser tomber la jeunesse.
Les élu.es de la majorité de la Région Centre-Val de Loire condamnent avec la plus grande fermeté la décision du gouvernement de réduire drastiquement, brutalement et sans concertation les moyens consacrés à l’apprentissage. Avec cette décision, c’est toute une génération que l’État décide de sacrifier sur l’autel de l’austérité budgétaire.
Alors même que l'État, dans la dernière loi de finances, avait déjà divisé par deux les moyens destinés aux Régions pour soutenir les Centres de Formation d'Apprentis (CFA), il vient d'annoncer une nouvelle coupe budgétaire sans précédent, revenant ainsi sur son engagement. En Centre-Val de Loire, la dotation destinée à l'apprentissage passera ainsi de 16,4 millions d'euros en 2025 à seulement 2 millions d'euros en 2026, soit une baisse de 88%.
En quelques lignes et sans la moindre concertation, le Gouvernement balaie des années de travail menées avec les CFA, les entreprises, les chambres consulaires, les branches professionnelles et les collectivités locales.
Un choix politique qui consiste à faire payer aux territoires et à l’apprentissage les conséquences budgétaires d’une libéralisation totale dans le domaine de l’apprentissage et des CFA en 2018.
Cette décision est à la fois incompréhensible, injuste et dangereuse, avec des conséquences terribles qui remettent en cause l’existence de CFA et de formations pourtant indispensables.
Incompréhensible, car elle intervient après plusieurs années durant lesquelles l’apprentissage a été présenté, lors du transfert de cette compétence, comme une priorité nationale. L'incohérence du Gouvernement est totale.
Injuste, car elle fait peser sur les territoires les conséquences d’arbitrages pris à Paris, sans aucune concertation avec les Régions, les CFA, les entreprises ou encore les acteurs de la formation.
Dangereuse, car elle vient menacer immédiatement l’avenir de plusieurs dizaines de milliers de jeunes et fragilise encore un peu plus les filières économiques dont, nous le savons, peinent déjà à recruter.
Malgré la diminution des ressources, depuis 2018, la Région a fait le choix de poursuivre son engagement en accompagnant les CFA, en investissant dans les équipements, dans la rénovations des bâtiments et des plateaux techniques, toujours dans un souci d’équité territoriale et de qualité d’une offre de formation essentielle.
Désormais, en Centre-Val de Loire, ce sont plusieurs dizaines de CFA qui se retrouvent fragilisés. Derrière ces chiffres, ce sont des formations qui risquent de disparaître, des investissements qui vont être abandonnés, des territoires qui vont voir leur offre de formation se réduire, des entreprises qui ne trouveront plus de compétences. Et, pour finir, des jeunes qui vont voir leur projet de vie subir un coup d’arrêt.
Par ailleurs, nous le savons, ce seront les territoires ruraux, les métiers de l'artisanat, du bâtiment, de l'industrie ou encore les formations répondant aux besoins locaux qui seront les premiers touchés.
Face à cet abandon brutal de l’État, nous refusons de subir les conséquences. Notre majorité travaillera à préserver le mieux possible les capacités de formation sur notre territoire, par la création d’un fonds de soutien, l’accompagnement des mutualisations entre établissements, le soutien aux CFA dans leurs démarches … Cependant, la Région ne pourra pas durablement compenser à elle seule ce retrait massif des financements nationaux.
Nous demandons au Gouvernement de revenir immédiatement sur cette décision et d’ouvrir sans délai une concertation avec les Régions et les représentants des CFA. Parce que l’apprentissage constitue l’une des voies solides vers l’emploi.
La jeunesse mérite mieux qu'une politique du rabot. Les entreprises méritent mieux que l'improvisation permanente. Les territoires méritent mieux que le mépris. Quand l'État abandonne l'apprentissage, il abandonne une partie de l'avenir du pays.
Nous continuerons toujours à défendre nos convictions : investir dans la formation, ce n’est jamais une dépense. Investir dans la formation, c’est préparer l’avenir.