15/01/2025
Manger bio et local qu’ils disaient !
Les années passent et ne se ressemblent pas. 2025 donc…
Cela fait maintenant 6 années (nous entamons la septième) que nous fournissions petites écoles, collèges et collectivités en plus de notre modeste activité artisanale de fabriquants de yaourts à l’ancienne.
Nous sommes éleveurs de bactéries, nous transformons du bon lait (oui, du vrai lait animal) provenant de fermes locales en agriculture biologique. Nous valorisons cet or blanc avec lequel l’humanité a co-évolué durant environ 10 000 ans. Cette magnifique matière première a nourri l’humanité, a forgé des civilisations même !
Notre travail de transformateur est de tout faire pour donner à nos yaourts la plus grande « digestibilité » possible avec le minimum d’intrants, tout en fabriquant quelque chose de gourmand et souvent surprenant.
Tout cela prend du temps…
Contrairement aux injonctions de notre monde actuel où tout doit aller vite, le temps est un ingrédient à part entière dans la fermentation. Alors faisons l’éloge de la lenteur !
Le plaisir de faire est indispensable et votre plaisir est notre plus grande satisfaction.
Nous valorisons le travail exténuant d’agriculteurs passionnés qui sont malheureusement voués a disparaitre dans les limbes d’une économie de marché mondialisée.
Nous voyons les éleveurs baisser les bras, ils sont fatigués de travailler sans cesse pour un salaire de misère.
Nous subissons également le désengagement des mairies pour des raisons budgétaires, notamment la commune de Sonnac où nous fournissions le regroupement d’écoles local. 1092,30 € annuel d’achat de yaourts à Ana & Robie, une paille pour eux, une poutre pour nous…
Les premières victimes ? Les enfants !
Car j’imagine qu’ils n’ont pas du arrêter leur collaboration avec Transgourmet et leur camion rempli de nourriture industrielle a bas prix…
Le pays Mellois se désengage également (nos plus grosses commandes) sans la moindre nouvelle car de nouveaux intermédiaires apparaissent : des plateformes de distributions d’abord locales et ensuite nationales qui doivent faire des marges pour vivre et payer leurs salariés. Rajouter des intermédiaires à des intermédiaires, c’est tuer la vente directe, c’est tuer le circuit court et c’est surtout tuer la petite production locale au profit de grosses structures qui produisent en quantité et peuvent faire baisser leurs coûts de production en passant (entre autre) aux pots plastique au détriment du verre, lui, vraiment réutilisable.
Bref, nous ne sommes pas de taille, c’est David contre Goliath. On ne se bat pas contre des moulins, contrairement à Don Quichotte qui refusait le réel, nous, nous le prenons en plein visage, et le réel est bien là !
Nous allons devoir opérer quelques changements, nous adapter encore et encore et encore…
Mais comme disait Héraclite : « Rien n’est permanent, sauf le changement » alors…
On vous embrasse et bonne année 2025, courage… ❤️❤️