21/04/2026
Lettre ouverte au maire de Neuilly-sur-Seine
Sur la pauvreté de l’offre linguistique proposée aux élèves de l’école Madeleine Michelis
Monsieur le Maire,
Un courrier adressé aux familles par le directeur de l’école Madeleine Michelis a récemment attiré notre attention. Il y est proposé aux élèves un choix limité entre la langue arabe et la langue portugaise.
Au-delà du contenu même de cette proposition, c’est d’abord l’extrême faiblesse de l’offre qui interroge. Dans une ville comme Neuilly-sur-Seine, les parents d’élèves sont en droit d’attendre une politique éducative ambitieuse, cohérente et à la hauteur des enjeux de formation et d’ouverture culturelle auxquels leurs enfants doivent être préparés.
Pourquoi un choix aussi restreint ?
S’agit-il d’une véritable orientation pédagogique, mûrement réfléchie, assumée et défendue par la municipalité et l’Éducation nationale ?
Ou bien cette situation est-elle le simple résultat d’un manque de moyens, d’un manque d’anticipation, ou encore d’une pénurie d’enseignants disponibles ?
Dans les deux cas, cette situation appelle des explications claires.
Si ce choix procède d’une démarche pédagogique, alors il doit être justifié publiquement. Les parents doivent savoir sur quels critères cette orientation a été retenue, pourquoi d’autres langues n’ont pas été proposées, et en quoi cette offre restreinte répondrait à l’intérêt des élèves.
Si, au contraire, cette pauvreté de choix résulte d’un manque de moyens ou de ressources humaines, alors la question est tout aussi grave. Cela signifierait que la collectivité n’a pas été en mesure de garantir aux familles une offre éducative suffisamment diversifiée, et que les enfants subissent aujourd’hui les conséquences d’un défaut d’organisation ou d’investissement.
Dans un cas comme dans l’autre, nous demandons donc à M. le Maire de préciser quelles démarches ont été entreprises face à cette situation.
Quels moyens concrets la municipalité a-t-elle mis en œuvre pour éviter d’en arriver à une offre aussi limitée ? Quelles discussions ont été engagées avec les services compétents, avec l’Éducation nationale, et avec les établissements concernés pour élargir les possibilités offertes aux élèves ?
Cette question n’est pas secondaire. Elle touche à l’égalité des chances, à l’ambition éducative que nous portons pour notre ville, et au respect dû aux familles. À travers leurs enfants, ce sont les parents de Neuilly qui constatent aujourd’hui une offre appauvrie, là où ils devraient trouver une école exigeante, ouverte et tournée vers l’avenir.
Nous demandons également quelle offre compensatoire serait proposée aux parents afin de permettre aux enfants concernés de rattraper le temps perdu. Lorsqu’une génération d’élèves ne bénéficie pas des mêmes possibilités que les précédentes ou que celles auxquelles elle pourrait légitimement prétendre, il appartient à la puissance publique de corriger cette carence.
Les familles ont droit à la transparence.
Elles ont droit à des explications.
Elles ont droit, surtout, à une réponse à la hauteur des attentes qu’elles placent dans l’école publique.
Nous espérons donc que la municipalité apportera rapidement des réponses précises, publiques et circonstanciées à ces interrogations légitimes.
Veuillez croire, Monsieur le Maire, à l’expression de notre vigilance républicaine.
Benoit Aguelon, Générations Neuilly