05/07/2025
⬛️🚩 LA RAISON DE LA MONTÉE DE L'EXTRÊME DROITE ET LA LUTTE CONTRE CELLE CI
🏚️ 1. Sentiment d’abandon
Beaucoup de villages se sentent délaissés par les pouvoirs publics : fermeture des gares, des postes, des écoles, des maternités, raréfaction des services de santé, manque d’emplois, déserts numériques...
Ce vide est souvent interprété comme une trahison de l’État central, ce qui alimente le ressentiment envers les élites traditionnelles et favorise les partis "anti-système".
🧓 2. Vieillissement de la population
Dans les zones rurales, la population est souvent plus âgée, et l’électorat senior vote davantage que les jeunes. Or, statistiquement, les personnes plus âgées votent plus fréquemment pour la droite ou l'extrême droite, par réflexe conservateur ou sécuritaire.
🌍 3. Crainte de l'altérité, malgré une faible immigration
Dans beaucoup de villages, la diversité est faible, voire absente. Pourtant, cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de peur de l'immigration.
Les récits médiatiques anxiogènes ou les discours politiques sur "l’invasion", la perte d’identité ou l’insécurité peuvent créer une peur de l’autre purement fantasmée, car non confrontée au réel.
Le grand remplacement en fait partie.
🗳️ 4. Protestation politique
Le vote pour l’extrême droite est souvent un vote de colère ou de rupture. Beaucoup de gens dans les villages ont l’impression que la gauche les a oubliés, que la droite traditionnelle les méprise, et que les élites ne comprennent plus rien à leur quotidien.
Ils votent alors pour "le seul parti qui les écoute", même si ce discours est parfois contradictoire et mensonger.
🚜 5. Transformation du monde agricole et ouvrier
L’extrême droite séduit aussi les agriculteurs fragilisés, les anciens ouvriers ou les petits commerçants, pour qui les mutations économiques ont été brutales (délocalisations, PAC, fermeture d’usines, concurrence étrangère, ubérisation…).
Elle leur propose un discours de protection identitaire et économique, mêlant souveraineté nationale et nostalgie.
🏘️ 6. Isolement informationnel et algorithmique
Dans certains villages, l’accès à la presse indépendante est limité, les réseaux sociaux et les chaînes d’info en continu deviennent les principales sources d’information.
Or, les algorithmes renforcent les biais émotionnels et les croyances existantes, favorisant les discours de peur, de haine ou de complot.
🛠️ 7. Effondrement des structures militantes locales
Autrefois, les syndicats, les partis de gauche ou les associations tenaient le terrain, organisaient la solidarité, les fêtes, les kermesses, les activités sportives et ludiques, les discussions politiques.
Aujourd’hui, dans beaucoup de villages, ces forces ont disparu ou se sont affaiblies. L’extrême droite occupe alors un espace laissé vacant, souvent avec un maillage militant.
📉 8. Déclassement symbolique et territorial
Beaucoup de ruraux ont le sentiment que leur mode de vie est dévalorisé, que leur voix ne compte plus dans les décisions nationales.
Ce ressentiment culturel, ce sentiment d’être "les oubliés de la mondialisation", se transforme en colère politique.
⚖️ En résumé :
> L’extrême droite prospère dans les villages non pas parce qu’ils sont intrinsèquement "racistes" ou "réactionnaires", mais parce qu’ils subissent et ont subi une série d’abandons cumulés, nourris de ressentiment, de peurs, de ruptures symboliques et d’un vide politique que d’autres n’occupent plus.
Le sentiment de peur est également un facteur que les médias détenu par l'extrême droite martelent sans cesse.
Beaucoup de ruraux sont des travailleurs pauvres. Plutôt qu'être en bas de l'échelle sociale, ils vont trouver un bouc émissaire pour se sentir supérieur à une autre classe sociale.
🏴🚩 LES MOYENS DE LUTTE
Excellente question, et elle est cruciale : comment lutter contre l’extrême droite là où la gauche n’a plus de forces collectives, où les militant·es sont isolé·es, parfois découragé·es, et où le terrain semble verrouillé ? Il n’y a pas de solution miracle, mais voici des pistes concrètes et stratégiques, basées sur l’expérience de terrain, l’histoire des luttes et la sociologie politique :
1. Recréer du lien humain avant de faire de la politique
> Avant de parler d’antifascisme, il faut recréer de la confiance.
Créer des espaces de convivialité entre voisins ou au sein des associations sportives et culturelles : ce sont les lieux où la gauche peut redevenir audible. Les gens votent rarement avec leur tête, mais avec leur cœur et leurs tripes.
L’extrême droite crée une fausse chaleur communautaire : il faut reconstruire une chaleur authentique, humaine et inclusive.
2. Reconstruire une présence locale, régulière et incarnée
> On ne gagne pas un village avec des tracts citadines et des hashtags.
Même isolé, un militant présent chaque semaine dans une lutte locale, un marché peut incarner une autre vision du monde.
Il faut sortir du repli militant et aller à la rencontre des gens dans leurs lieux de vie réels.
Être connu comme « celui ou celle qui aide », qui écoute, qui agit concrètement, donne plus de légitimité qu’un discours idéologique.
Tu n'es pas seul, autour de toi d'autres personnes sont également exaspérées de voir la montée de l'extrême droite. Il est temps de les rencontrer et de sympathisé. Il n'y a plus de bistrots et bah offre un café et ouvre toi a cette personne. Peut qu'il ou qu'elle en connaît d'autre et vous voilà dans une situation de non isolement.
3. Mener des luttes locales concrètes
> Lutter contre une fermeture de classe, une usine, un projet écocide… ça parle plus que dénoncer "le fascisme" direct et sans explication profondes.
L’ancrage local commence souvent par une lutte qui dépasse les étiquettes politiques.
Dans ces luttes, on rencontre des gens qui votent RN, mais qui agissent avec solidarité. Cela ouvre des brèches. Les arguments de l'extrême droite sont très vite démontable avec ses personnes. Même si cela peut être long car il ne faut jamais rentrer en confrontation directe.
Ces luttes locales permettent de dépolitiser au départ pour repolitiser par l’expérience.
4. Casser les fantasmes avec des récits incarnés
> On ne convainc pas les gens en leur hurlant qu’ils ont tort, mais en racontant ce qu’ils ne savent pas.
Les gens votent souvent RN sur des peurs fabriquées. Apporter des récits, des témoignages, des exemples réels, c’est une arme douce mais puissante.
Par exemple : « Moi aussi j’avais peur des migrants, et puis j’en ai rencontré un, et voilà ce qu’il m’a appris… Ils ne sont pas tous pareil et c'est devenu un ami proche »
L’expérience vécue est plus forte que le contre-argument.
5. Constituer des petits noyaux, même très faibles
> Deux militants isolés, c’est déjà un binôme. Trois, c’est un début de collectif.
Il faut accepter de commencer petit, de se retrouver à trois autour d’un apéro et de planifier un plan d'action.
Puis élargir avec des alliés non encartés : syndicalistes, profs, aides-soignants, retraités, jeunes…
Se coordonner avec des collectifs régionaux pour mutualiser les forces et ne plus être seuls.
C'est là que l'on rentre en scène 😉
6. Créer du récit et des symboles positifs
> La gauche perd souvent car elle critique ce qui est, sans proposer ce qui pourrait être.
Il faut redonner du sens, du désir, de l’imaginaire populaire.
Parler d’autonomie alimentaire, de souveraineté locale, de fierté d’habiter ici, mais avec des valeurs d’égalité et de solidarité.
Ne pas abandonner les symboles populaires à l’extrême droite. Par exemple, reprendre la figure du "paysan" à la FNSEA. Ou celle du "patriote" à Bardella. Et si ça te dérange, utilise l'identité régionale ou local.
7. Pratiquer un antifascisme enraciné, pas hors-sol
> Il ne suffit pas de dénoncer l’extrême droite : il faut la combattre là où elle se nourrit.
Cela veut dire dénoncer ses trahisons locales : "Regardez ce qu’ils font quand ils sont au pouvoir dans la région : coupes sociales, magouilles, clientélisme…"
Confronter les élus RN à leurs incohérences concrètes, pas juste leurs grandes phrases.
Si tu le sents avec ton petit collectif, va aux réunions des élus d'extrême droite. Et pose les questions pièges pour qu'ils soient en difficulté.
Montre que l'extrême droite est incompétente en public et surtout ne soit pas agressif ni suffisant. Excuse toi même après l'avoir humilié.
Il faut travailler sur les réseaux de sociabilité, pas juste sur les urnes.
8. Garder le moral et la mémoire des luttes
> Être minoritaire aujourd’hui ne veut pas dire être vaincu.
Beaucoup de résistances ont commencé dans la clandestinité ou l’isolement.
Il faut documenter ce qu’on fait, garder trace, raconter, transmettre.
Savoir qu’un seul village peut rallumer une flamme, comme Sainte-Soline ou Bure ont montré que des campagnes peuvent devenir centrales.
En résumé :
Lutter contre l’extrême droite dans les villages, c’est repolitiser la vie quotidienne, recréer du commun, redonner envie, et sortir des bulles militantes. Ce n’est pas immédiat, c’est lent, humain, mais c’est la seule manière de reprendre pied là où la colère a été captée par les ennemis du peuple. C'est long mais ça sera payant avec le temps. On doit devenir ces acteurs de lutte.
Et n'oublie pas, il suffit d'être 4 ou 5 dans un village de monde deux milles habitants pour devenir un réel poid dans la vie du village et vous deviendrai incontournables.
Si tu as un doute ou si tu es vraiment isolé·e envoie nous un message, on trouvera une solution ensemble 😉