20/04/2026
🤝 [L’amitié France-Écosse – à bas les armes !] 🤝
Quelques jours avant le début de la Première Guerre mondiale, la Société franco-écossaise, fondée en 1896, est de passage en Meurthe-et-Moselle du 1er au 3 juillet 1914, avec une excursion dans les Vosges. Le programme, titré « Meeting de Nancy », se pare des couleurs des armes pleines de la ville ducale :
D'argent au chardon de pourpre tigé, arraché et feuillé de deux pièces de sinople ; au chef aux armes de Lorraine pleines [coupé d'un, parti de trois : au I fascé d'argent et de gueules de huit pièces, au II d'azur semé de fleurs de lis d'or brisé en chef d'un lambel de gueules, au III d'argent à la croix potencée d'or et cantonnée de quatre croisettes du même, au IV d'or à quatre pals de gueules, au V d'azur semé de fleurs de lis d'or, à la bordure de gueules, au VI d'azur au lion contourné d'or à la queue fourchue, armé, lampassé et couronné de gueules, au VII d'or au lion de sable, armé et lampassé de gueules, au VIII d'azur semé de croisettes recroisetées au pied fiché d'or, à deux bars adossés du même brochants, sur le tout d'or à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent].
Le chef, c’est-à-dire la partie haute du blason, invite en effet au voyage. Il s’agit d’une véritable carte d’identité des ducs de Lorraine : au cœur, l’écu des armes historiques de la maison ducale, entouré de huit autres blasons figurant les alliances et prétentions des princes sur des territoires proches et lointains. Ils se considéraient ainsi comme héritiers des royaumes (de gauche à droite) de Hongrie, de Sicile, de Jérusalem et d’Aragon. Les quatre autres blasons, sur la ligne inférieure, représentent les duchés sur lesquels ils avaient des prétentions régaliennes : Anjou, Gueldre, Juliers et Bar.
Cette merveille d’héraldique invite donc à découvrir les richesses du territoire — et même au-delà — tout en mettant l’accent sur la capitale ducale. Le premier jour de visite conduit ainsi l’équipée franco-écossaise au cœur du fleuron nancéien, en se concentrant sur la Ville Vieille.
Mais cette richesse héraldique impressionne aussi. Le chardon, ici non accompagné de la devise « Non inultus premor » (« Qui s’y frotte, s’y pique ! »), rappelle qu’on ne se frotte pas impunément à Nancy et au duché de Lorraine. Charles le Téméraire en fit l’amère expérience face à René II le 5 janvier 1477…
Gageons toutefois que la Ville de Nancy accueillit la Société franco-écossaise avec bien moins de piquants : les déjeuners au restaurant Walter (place Stanislas) et à Nancy Thermal, ainsi que le thé offert par la municipalité à l’Hôtel de Ville, furent autant de douceurs venues accompagner la découverte des fleurons culturels et industriels du département.
Arch. dép. de Meurthe-et-Moselle, 1 J 1935.