28/11/2025
👇Séance plénière du 28 nov 25 avec le vote du ROB 2026.
Intervention de Christian Bastid
"Madame la Présidente,
Chers collègues,
Nous examinons aujourd’hui le Rapport d’Orientations Budgétaires 2026 dans un contexte national et local particulièrement exigeant pour les Départements.
Baisse des recettes, hausse des besoins sociaux, inflation durable : notre collectivité, comme tant d’autres, avance sur une ligne de crête.
Mais ce qui distingue notre majorité, c’est le cap que nous avons choisi de maintenir : celui de la solidarité, des services publics et de l’égalité entre les territoires.
Les récentes Assises des Départements de France, qui se sont tenues à Albi, ont confirmé l’ampleur de la crise. Aujourd’hui, 60 % des Départements sont dans le rouge, confrontés à une situation financière critique, parfois même à la limite de l’asphyxie.
En deux ans et demi, l’État a imposé aux Départements plus de 6 milliards d’euros de dépenses nouvelles, tout en leur retirant près de 8,5 milliards d’euros de recettes. Cette équation impossible conduit certains territoires au bord de la faillite.
Le Gard, lui, n’en fait pas partie. Et ce n’est pas un hasard : c’est le résultat d’une gestion rigoureuse et cohérente de notre majorité. Nous pouvons le dire avec modestie mais fermeté : nous avons tenu alors que beaucoup décrochent.
Lors de ces Assises, le Premier ministre a également annoncé qu’un projet de loi serait déposé en décembre pour créer une allocation sociale unique, regroupant le RSA, la prime d’activité et plusieurs aides au logement. C’est une annonce qui était déjà dans les tiroirs.
Notre groupe sera extrêmement vigilant. Nous veillerons à ce que personne ne soit mis à l’écart, ni invisibilisé, ni pénalisé dans ses droits. Nous ne vous cachons pas que nous avons des inquiétudes : une telle réforme peut simplifier, certes, mais elle peut aussi fragiliser les plus précaires si elle est mal pensée.
Les chiffres sont clairs. En deux ans, les Droits de Mutation à Titre Onéreux sont passés de 187 millions d’euros en 2022 à 122 millions d’euros en 2024. Cela représente 65 millions d’euros en moins pour financer nos politiques publiques, nos actions sociales et nos investissements. Peu de Départements pourraient absorber un tel choc sans réduire leurs interventions. Ce n’est pas le choix que nous faisons dans le Gard.
Nous faisons au contraire le choix de continuer à protéger, à accompagner, à investir.
Et c’est un choix profondément politique.
Et au-delà des chiffres, ce sont des actions concrètes, visibles et utiles, qui illustrent nos choix politiques.
Permettez-moi d’en citer quelques-unes :
- Dans nos collèges, nous poursuivons un programme d’investissements massif : rénovation énergétique, modernisation des bâtiments, amélioration des internats, sécurisation des sites, nouveaux équipements pédagogiques. Nous investissons pour la réussite et le confort de nos jeunes.
- Dans nos cantines, le repas est maintenu à 3,50 € pour les familles, alors que le coût réel pour le Département approche 12 €. Un choix clair de justice sociale et de soutien au pouvoir d’achat.
- Pour l’accès aux droits, les Maisons du Conseil Départemental mobiles continuent de se déployer dans les zones rurales, afin que chacun, où qu’il vive, puisse rencontrer un agent, être accompagné, être conseillé. C’est ça le Service public, rester plus près de nos habitantes et habitants.
- Pour les personnes en difficulté, nous soutenons l’action essentielle de l’ADHL, qui accompagne au quotidien des personnes vers un hébergement ou un logement digne et durable.
- Pour les personnes en situation de handicap, nous restons vigilants et présents aux côtés des bénéficiaires de l’AAH, dans un contexte national incertain. Nous garantissons un accompagnement humain, personnalisé, et des droits respectés.
- Pour la culture, nous continuons de soutenir les structures, les festivals, les médiathèques et les initiatives artistiques locales, car la culture est un service public qui crée du lien, de l’émancipation et de la fierté territoriale.
- Pour le sport, nous accompagnons les associations, les clubs, les événements et les équipements. Parce que le sport, dans toutes les communes du Gard, c’est du vivre-ensemble, de la santé, de la jeunesse, et de la citoyenneté.
Ces décisions ne sont pas des annonces : ce sont des actions réelles, concrètes, utiles, qui améliorent chaque jour la vie des Gardoises et des Gardois.
Elles incarnent notre vision du service public : un service public présent, accessible, égalitaire, ancré dans tous les territoires.
Ces décisions ne relèvent ni du hasard ni de la communication : elles incarnent ce que nous voulons faire pour le Gard.
Notre responsabilité, c’est de garantir que chaque habitant du département ait accès aux mêmes droits, quels que soient son lieu de vie, son parcours ou sa situation sociale.
Je veux le dire avec conviction : le service public n’est pas un coût, c’est un investissement humain, social et républicain.
Le Gard est un territoire riche de sa diversité mais aussi marqué par des fragilités. Les défis d’un village cévenol ne sont pas ceux d’une commune littorale, d’un bourg de l’Uzège ou d’un quartier populaire de Nîmes. Et pourtant, la promesse républicaine doit être la même pour tous.
L’accès aux services publics, à l’éducation, à la santé, aux transports ou à la culture ne doit pas dépendre du code postal.
C’est cela, notre boussole : la justice sociale et l’égalité territoriale.
Bien sûr, nous devons rester vigilants.
La remontée de l’épargne brute – de 34 millions d’euros à plus de 55 millions d’euros d’ici 2026 – est encourageante. Elle montre que nous redressons progressivement nos marges de manœuvre. Mais cette amélioration reste fragile, car elle dépend d’un contexte économique instable et de recettes qui peuvent, à nouveau, être sous pression.
Face à cela, nous devons tenir une ligne claire : rigueur, oui ; recul social, non.
Je veux être très explicite sur ce point : contrairement à ceux qui opposent rigueur budgétaire et solidarité, notre majorité démontre qu’il est possible de concilier les deux.
La preuve : depuis 2021, le Département a réduit sa dette, tout en renforçant ses politiques sociales et en maintenant l’investissement.
C’est un choix politique, et cela doit rester notre marque.
Ce vote nous engage. Il engage notre majorité tout entière.
Nous le voterons parce qu’il porte un cap clair, fidèle à nos valeurs, fidèle au sens de notre mandat : protéger, émanciper et servir l’intérêt général.
Chers collègues,
Non, la peur ne va pas changer de camp pour l’avenir.
Nous approuvons donc ce ROB, mais avec une ambition : que 2026 soit une année de consolidation sociale, d’accès renforcé aux services publics et de soutien accru aux territoires qui en ont le plus besoin.
L’objectif n’est pas seulement de tenir l’équilibre budgétaire. L’objectif, c’est de garantir la dignité, la solidarité, l’égalité et l’espoir pour chacune et chacun dans ce département.
Dans un contexte où certains voudraient installer le fatalisme, où l’on entend parfois que “le social coûte trop cher”, où l’on voudrait remettre en question la place du service public, notre réponse doit rester ferme : la solidarité n’est pas une charge, c’est notre fierté et notre responsabilité.
Je vous remercie."