12/05/2022
Un ancien habitant de la commune dont nous sommes fiers.
Pour lui rendre hommage, le maire Gérard BETTANT a attribué une rue de la commune à son nom au début du XXI siècle.
Roberto Galletti (1879-1932), pionnier de la TSF
29 décembre 1879, Torre San Patrizio, petite ville de la région des Marches, en Italie centrale, sur les bords de l’Adriatique. Un enfant naît, il se prénomme Roberto Clemens Galletti di Cadilhac. De par son identité, on devine une origine particulière et aisée.
Son père, Arturo Galletti di Cadilhac (1843-1912), est un parlementaire italo-français, maire de Torre San Patrizio et député de la région de Montegiorgio (1892-1909), ancien colonel de l’armée de Garibaldi lors de la Troisième Guerre d’indépendance italienne. Son grand-père, Bartolomeo Galletti (1812-1887) était lui-même général de cette armée.
Sa mère, Margaret Collier (1846-1929), est une aristocrate britannique, écrivaine, fille de Sir Robert Collier, premier Lord Monkswell (1817-1886), procureur général pour l’Angleterre et le Pays de Galles et membre du Parlement du Royaume-Uni, mais également peintre. Son oncle, Robert Collier, baron Monkswell (1845-1909), est un avocat et homme politique libéral, brièvement sous-secrétaire d’Etat à la Guerre. Son autre oncle, John Collier (1850-1934), est l’un des grands portraitistes de l’époque.
Roberto a un frère et une sœur :
o Arthur Galletti di Cadilhac (1877-1967), membre de l’Indian Civil Service, fonction publique la plus haute de l’Inde britannique, occupant des rôles de magistrat, sous-secrétaire aux impôts, traducteur francophone, etc.
o Giacinta Galletti di Cadilhac, épouse de Guglielmo Salvadori Paleotti. Elle est la mère de l’historien et politologue Massimo Salvadori (1908-1992).
Roberto étudie à Rome, à l’Ecole d’ingénierie. Il découvre alors la télégraphie sans fil (TSF) et s’en prend de passion. Faisant ses premières armes chez Marconi, Galletti invente de nouveaux procédés et améliorations, dont un brevet déposé en Angleterre, avant de créer son entreprise en 1907, à 28 ans. Face à l’omniprésence de Marconi à l’échelle européenne, Galletti décide de quitter l’Italie et s’installe en France, offrant ses services au Ministère des Postes et Télégraphes, développant alors la TSF notamment à Villeurbanne et déposant de nombreux brevets.
En 1912, il développe un projet colossal : installé sur la commune de Champagneux (Savoie), au hameau de Leschaux, sur les bords du Rhône, il fait construire une station radio dont les 10 câbles de cuivre de 950 mètres longent une falaise abrupte jusqu’à la commune de Saint-Maurice-de-Rotherens, dans le but d’émettre des émissions transatlantiques avec ce qui est alors appelé l’Antenne Harpe, alimentée par les usines électriques de Saint-Genix et de Moûtiers. Il atteint cet objectif lors de l’hiver 1913, la gigantesque antenne de 10 km entrant en communication avec la station de Tuckerton, dans le New Jersey, transmettant une note musicale et des signaux morse. La station de Galletti est alors réputée comme l’une des plus puissantes au monde. Le Ministère des Postes et Télégraphes envisageait une convention avec la Compagnie Galletti mais sans succès. Le déclenchement de la Première Guerre mondiale stoppe cette entreprise : malgré la proposition de Galletti d’utiliser l’antenne pour les transmissions des dépêches en Russie, la nationalité de l’ingénieur joue à son encontre, l’Italie ne se joignant à la Triple Entente qu’en 1915. Son matériel est démantelé sans aucune précaution dès septembre 1914 et réquisitionné par le Ministère de la Marine. L’antenne est restituée en 1920 mais est devenue inutilisable, comme l’a constaté le Tribunal de Chambéry en 1922. Le 10 novembre 1925, Galletti, ruiné et humilié par l’état de son antenne, dissout son entreprise et s’installe en Angleterre, à Manchester. Il y étudie, pour le compte de la Firme Ferranti un projet de radio transmetteur à faisceau pour le radioguidage des avions.
Le 18 août 1932, Roberto Galletti est terrassé par une crise cardiaque dans sa maison de Murs-et-Gélignieux, dans l’Ain, à 18 km de Belley et à la frontière du département de la Savoie, à l’âge de 52 ans. Il laisse une v***e, Anna de Messimy.
Après le don de ses archives à la commune de Saint-Maurice-de-Rotherens par sa nièce en 1973, la station radio de Galletti, en Savoie, est transformée en un musée en 1987, le Radio-Musée Galletti.
Photo : Radio-Musée Galletti
Sources : Wikipedia, Radio-Musée Galletti, SSHA.fr, DARJHIL.eu, Leradiofil.com