20/04/2017
Coup de cœur
Confession émouvante d’un homme, ouvrier au chômage meurtrier d’un escroc, qui l'a spolié de sa prime de licenciement en l’entraînant dans un investissement frauduleux.
Au juge silencieux, il livre une réflexion profonde sur sa vie et ses infortunes.
Roman porté par une écriture magnifique, sobre et poignante
A emprunter à la médiathèque de Moulle
Extrait page 92
« Maintenant je demande : est-ce que le silence, c’est comme l’obscurité ? Un trop bon climat pour les champignons et les mauvaises pensées ? Maintenant c’est sûr que je dirais volontiers ça, que les vraies plantes et les fleurs, elle s’épanouissent en plein jour, et qu’il faut parler, oui, il faut parler et faire des lumières partout, oui, dans toutes les enfances, l ne faut pas laisser la nuit ni l’inquiétude gagner. Maintenant je sais, monsieur le juge, je sais comment on transmet tant de mauvaises choses à un fils, si sous l’absence de phrases il y a toujours tant d’air chargés qui va de l’un vers l’autre, selon cette porosité des choses qui circulent dans une cuisine le soir quand on dîne l’un en face de l’autre et que peut- être, dans la trame des jours qui s’enchaînent, tous ces repas où il m’a raconté sa journée de collège et le métier qu’il voudrait faire plus t**d, tous ces soirs où je ne l’écoutais pas vraiment, cela, croyez-moi, ça travaille comme une nappe phréatique qui hésiterait à trouver sa résurgence. »